De Fleury, op. cit. y ao
LES STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES
/ Sentiment de difficulté,
— d'insuffisance,
— d'instabilité,
— de perception incomplète, de nuage,
— d'étrange, de jamais ^'u,
— de dédoublement,
,,. 1,. 1 I 1 — de desorientation,
s d incompletude dans IcsJ .,. ,
.,,,,„ ( — d isolement,
>ns mt^Uectuelles. . . .^ . . . . ,,,.
— de faussa reconnaissance, de déjà vu,
— de pressentiment,
— de l'irréel, de l'imaginaire,
— du rêve,
— de disparition du temps,
— d'inintelligence, d'obscurité,
— de doute.
Sentiment d'indifférence,
s d'incomplétude dans les^ ennui,
l — d'inquiétude,
— du besoin d'excitation,
— de l'ambition.
i Sentiment d'étrangeté du moi,
— de dédoublement,
— de dépersonnalisation,
\^ — de mort.
essaye de retrouver et .d'exprimer ce qu'il y a de commun is les sentiments on arrive d'abord à cette notion deTina- 3nt, de l'incomplet que les malades expriment de mille L propos de tous ces sentiments divers « le pire de tout, dit stque je n'arrive au bout, au fond de rien, c'est une sorte ge dès que je dois arriver au bout de quelque chose ». ésigné ce fait remarquable par le mot, sentiment d'incom- Les psychasthéniques sont caractérisés par un sentiment moins général, plus ou moins profond, plus ou moins ent d'incomplétude psychologique.
t dès lors très important de se rendre compte de la valeur, ortance de ce sentiment. Une première question se posait: ment d'incomplétude est-il faux ou est-il juste ? Est-ce une sse, une obsession, une manie mentale, ou correspond-il à ictères réels des opérations psychologiques elles-mêmes? lème parait très simple, il est en réalité extrêmement diffis malades intelligents, comme Lise, se le sont posé à euxet ne sont pas parvenus à répondre d'une manière nette.
L'INCOMPLÈTUDE MORALE 429
Évidemment il y a de nombreux cas où ce sentiment est devenu exagéré et ridicule. Quand Vor... retourne cinquante fois de suite aux cabinets parce qu'elle a le sentiment d'avoir uriné insuffisamment, il est clair que c'est absurde. Un acte comme celui-là nous semble consister simplement à vider la vessie et ne demande rien de plus, or elle l'a vidée suffisamment puisque la première fois elle a uriné un demi-litre, par conséquent nous pensons qu'elle délire en sentant que l'acte d'uriner est incomplet.
Dans d^autres cas, il est clair aussi que si l'acte est imparfait, c'est le malade qui l'a rendu tel, précisément en le perfectionnant. Certainement Rai... respire d'une manière mauvaise, en crachant et en rotant de tous les côtés ; une pareille respiration est très défectueuse. Mais elle est devenue irrégulière à cause des procédés employés par le malade et ces procédés ne sont survenus que parce que le malade la jugeait déjà imparfaite. Il est donc probable que cette respiration n'était pas mauvaise au début, en tous cas elle l'était beaucoup moins qu'aujourd'hui.
Mais ces cas exagérés ne résolvent pas le problème. De ce que le malade se trompe évidemment maintenant, il ne s'ensuit pas qu'il ait toujours eu tort. Ne se pourrait-il pas qu'il ait généralisé à tort et à travers, qu'il ait appliqué à un acte insignifiant un sentiment déterminé par une imperfection psychologique réelle ? J'avoue que, malgré la difficulté, c'est vers cette opinion que je tendrais et pour moi le problème des scrupuleux consiste à trouver quelle est cette imperfection psychologique qui, comme une épine, les tourmente perpétuellement, qui détermine leurs exagérations et leurs divagations. Ce qui m'incline vers cette opinion, c'est que j'ai retrouvé des sentiments d'incomplétude chez beaucoup de sujets qui n'avaient pas d'obsessions d humilité ou d'auto-accusation, qui constataient ces sentiments d'une façon très modérée sans y attacher d'importance, sans les transformer en manies ou eu obsessions.
La seconde raison de cette opinion, c'est que l'on peut observer chez ces malades un certain nombre de troubles psychologiques réels et indépendants de leur propre appréciation. Tous les auteurs ont constaté chez les obsédés et les phobiques des arrêts ou des retards dans le développement des diverses facultés et surtout un développement inégal, un manque d'harmonie et d'équilibre entre ces facultés. « Ces individus, disait M. Séglas, sont moralement des êtres partiels, incomplets, déséquilibrés, ils