Séglas» op. cil. p
LES PÉRIODES PSYCHASTIÎÉNIQUES 441
règles, il a été préparé par diverses émotions dont nous étudierons rimportance, il s'annonce presque toujours par une modification du sommeil, la malade dort moins bien et d'une manière bizarre. Il lui semble qu'elle dort trop profondément et en même temps qu'elle ne se repose pas. Ceux qui ont étudié le sommeil des épileptiques sont habitués à cette description. En même temps Kl... sent que son sommeil est douloureux, qu'elle a tout en dormant une douleur qui se forme au-dessus de la tète ; c'est ce qu'elle appelle « avoir la fièvre dans la tète ». Quand elle se réveille le matin en se souvenant qu'elle a eu pendant le sommeil la fièvre dans la tète elle est certaine qu'elle va encore être malade. En effet, elle se sent dans cette première journée mal à son aise, elle est fatiguée, elle souffre de la tète, elle n'a aucun appétit ; les digestions sont longues, pénibles, accompagnées de pesanteur et de gonflement de la région épigastriquc, la langue est devenue immédiatement tout à fait saburrale, et la constipation est opiniâtre. On voit que du moins chez cette malade ce sont les symptômes physiques qui semblent apparaître les premiers.
La nuit suivante est encore plus mauvaise et la « fièvre de tète » plus forte. Quand la malade se réveille elle est moralement troublée : (( Je sens que je n'y suis plus, j^ai tout a fait perdu ma volonté, on peut faire de moi ce que l'on veut, puisque je suis devenue une machine... je ne peux plus lire ni comprendre... les gens me paraissent drôles et j'ai envie de me fâcher contre eux parce qu'ils ont de drôles de tètes... je deviens étrange, incompréhensible a moi-même et je m'interroge sur une foule de choses. » Voici donc que surviennent nos symptômes psychasthéniques qui forment très nettement chez cette personne une période maladive. Quand ces symptômes ont duré en s'aggravant, la moindre occasion, un effort pour retrouver la volonté absente, un effort d'attention, ou une petite émotion va déterminer le début d'autres phénomènes que nous connaissons bien ; la malade va avoir une crise de rumination mentale et s'interroger indéfiniment sur la naissance de son enfant, n La petite tache qu'il porte au derrière est-elle la preuve qu'il soit de son mari, peut-on concevoir des enfants sans avoir eu d'amants, etc. » Ou bien si la malade veut se débarrasser de ces questions obsédantes, elle va avoir Jde l'agitation motrice et entrer dans de véritables crises d'excitation. Si la période se prolonge les idées obsédantes