LES OBSESSIONS HYPOCONDRIAQUES
cédentes et semblent former un groupe à part, celui des obsessions hypocondriaques. Je crois cependant que cette hypocondrie n'est pas banale et qu'elle revêt chez les scrupuleux des caractères intéressants qui rapprochent ces idées nouvelles des précédentes. Ces malades ne redoutent pas tous les accidents possibles, mais seulement certains accidents déterminés. Ils ne redoutent pas les accidents qui peuvent arriver subitement, qui dépendent du monde extérieur et qui ne dépendent pas d'euxmêmes. Jean qui parle sans cesse de mort subite, ne redoute pas la mort causée par un accident impossible h prévoir ou à éviter : il n'a pas peur d'un déraillement de chemin de fer ou de la chute d'une maison sur sa tète. Quand je lui parle de ces dangers possibles, il dit qu'il faut se résigner à ce qui est inévitable, qu'il ne peut rien faire pour se garantir contre la chute d'une cheminée et que par conséquent il ne s'en préoccupe pas. Que redoute-t-il donc ? Uniquement les accidents qui seraient causés par sa propre imprudence ou par sa propre faute. Ces congestions cérébrales, ces faux pas du cœur, ces douleurs du gland sont toujours causés dans son imagination par les excitations génitales auxquelles il s'est abandonné. Ce qui se dissimule au-dessous de ces idée hypocondriaques, c'est une sorte de crainte du suicide.
Il en est de même chez Qei... dont la première idée a été la crainte de jeter elle-même des aiguilles cassées dans les aliments pour tuer ses parents et qui a maintenant la crainte de manger des aliments où elle aurait mis des aiguilles cassées. Si elle craint de s'infecter, c'est qu'elle a peur de ne pas avoir surveillé ses mains qui auraient touché des objets sales. En un mot, dans quelques-uns de ces cas, je n'ose dire dans tous, l'hypocondrie n'est pas purement la crainte de la maladie en elle-même, c'est la crainte de causer la maladie par une faute ou une imprudence.
Nous pouvons résumer les diverses obsessions qui viennent d'être énumérées et dont nous avons analysé le contenu par le tableau suivant.
LES IDÉES OBSÉDANTES