‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 196 sur 288 · DISCUSSION DES THÉOBIES ÉMOTIONNELLES · texte numérisé non relu

DISCUSSION DES THÉOBIES ÉMOTIONNELLES

son domaine et ne plus pouvoir trouver les phénomènes proprement cérébraux qui caractérisent et distinguent les maladies les unes des autres.

Si cette théorie émotionnelle se montre ainsi trop gênéraie et trop vague, par un autre côté elle me parait beaucoup trop restreinte et je crois qu'elle laisse de côté bien des phénomènes essentiels de la maladie. Pour que cette théorie soit admissible, il faudrait pouvoir démontrer que les réactions viscérales exagérées, considérées comme essentielles, se retrouvent comme point de départ dans tous les symptômes caractérisques de Tétat psychasthénique et les accompagnent tous. En est-il réellement ainsi ? Pour répondre à cette question il suffît de passer en revue les symptômes énumérés dans les trois chapitres précédents.

Si Ton considère les obsessions proprement dites, il est certain que quelques-unes se sont développées à la suite de ces agitations viscérales sous forme systématique ou diffuse. Les idées obsédantes de Jean sur les crimes génitaux ont été précédées d'algies du gland qui étaient des phénomènes d'angoisse systématique. On pourrait citer bien des exemples de ce genre, cela est incontestable. Mais en est-il ainsi dans tous les cas ? C'est ce qui me paraît insoutenable. Beaucoup d'obsessions non seulement sont actuellement des phénomènes intellectuels, mais se sont développés à la suite de troubles intellectuels et non à la suite de troubles émotionnels. Les obsessions métaphysiques de Lise sur le dualisme, sur la puissance du diable opposée k celle de Dieu, sont la conséquence, le développement d'agitations mentales antérieures et non d'agitations viscérales. Ce sont les manies de la recherche, de l'expiation, du pacte, d'interminables ruminations mentales qui ont précédé pendant des années les obsessions actuelles ; jamais cette malade n'a été une phobique ou une angoissée, mais elle a toujours été une rêveuse. On pourrait citer bien des exemples de ce genre : des obsessions de folie ont pris naissance à la suite de manies mentales ou des sentiments d'insuffisance intellectuelle ; des obsessions amoureuses se sont développées à la suite des perturbations des sentiments, du besoin de direction, du besoin d'être aimé et du sentiment de l'aboulie, des obsessions d'indignité et de honte de soi ont été le développement naturel des sentiments d'incomplétude intellectuelle,

LES OBSESSIONS. 1. — 3o

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l'angoisse quelle ne connaissait pi pour arrêter sa rêverie perpétuell en disant que a cela lui fait mal rêter. » II. y a ainsi toute une catég curieuse^ MM. Pitres et Régis ser sont les ruminations mentales. Di de répétition, de retour en arriè etc., il n^y a pas une idée propren conçue comme explication il n'y systématique ou diffuse, il y a avec des caractères particuliers qi malade.

Observons Lise, quand elle n enfants voués au diable, sur le ci lument immobile, elle ne pense par une immobilité de plus en p s'incline de plus en plus jusqu'à 1 la trouble pas elle va rester de à ce moment elle respire avec le pi tout à fait régulièrement, son visa maie et les troubles vaso-moteurs r Cependant pendant cette période le sentiment de perdre la tête, d( me semble que je dégringole dans je perds quelque chose de mon «xi angoisse morale qui n'est pas d déterminée par le sentiment en i Ce même phénomène peut s'obsc de rumination : quand Ger... est c demandant si elle scandalisera 1 tranquille physiquement et physi que moralement. Il suffit de parc que j'ai données de toutes les ( pour voir que presque toujours C( pendante de l'angoisse physique antagonisme avec elle.

En dehors de ces phénomènes < toute une grande catégorie de faits me semble pas tenir assez compte

THÉORIES PATHOGÉNIQUES

les, les troubles de perception, les troubles de la vo- Libles de Tattention. Je sais bien que Ton pourra essayer ces troubles à Témotion en disant que celle-ci a une in- •itrice. Mais c'est déjà compliquer la théorie de Témo- 'on Tavait présentée, la théorie de Témotion simple es réactions viscérales, c'est déjà introduire dans Té- Qodifications cérébrales d'une tout autre nature. Mais it-il bien suffisant ? Comment se fait-il que l'émotion années ne trouble aucunement l'action ou l'attention

et qu'à partir d'un certain moment elle les rende 'effectuer ces mêmes opérations. Il faudrait au moins

quoi consiste l'augmentation d'émotivilé et de quoi

on sera donc forcé de remonter au delà de l'émo-

des cas où cette action inhibitrice de l'émotion à fait incompréhensible. Nous avons cité des jeunes

suite d'une petite émotion se sentent étonnés d'eux- 3e reconnaissent plus, disent qu'ils sont changés, rdu leur personne ou bien que le monde est tout u'il n'a plus de réalité. Est-ce là un effet ordinaire

simple conscience en retour des réactions viscérales, de la respiration et de la circulation ? En outre les nguliers de ces sujets se prolongent et durent des mt lesquelles ils vont répéter qu'ils n'ont plus de moi ide est un rêve ? Cela est-il d'accord avec la conception qui est par essence une modification brusque de

t, est-il bien certain qu'il y ait réellement un trouble réactions viscérales violentes au point de départ de ïuflîsances ? Je crains qu'il n'y ait ici une erreur de leureusement bien commune en psychiatrie. On croit e exige la présence d'un certain phénomène et on phénomène existe sans chercher autrement à vérifier . Si la théorie exige qu'une hystérique ait une anesile, on affirme qu'elle l'a : « car, sans cela, dit-on, on rait pas les altérations de sa cœnesthésie ». En réalité sie viscérale est très dillicile à vérifier et si quelne la peine de faire le travail, il verra souvent qu'elle Je suis étonné de voir que dans certains travaux )n on parle sans cesse d'énormes réactions viscébles cardiaques, respiratoires, intestinaux. J'ai déjà

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