‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 195 sur 288 · DISCUSSION DES THÉORIES ÉMOTIONNELLES · texte numérisé non relu

DISCUSSION DES THÉORIES ÉMOTIONNELLES

lypnée, un homme qui a peur a également des palpitations, de Tirrégularité respiratoire, des troubles vaso-moteurs; faut-il conclure que la colère normale, la peur normale sont identiques à Tangoissc d'une crise d'obsession ? Cette assimilation me parait absolument fausse, Tangoisse du psychasthénique, j'ai essayé de le montrer, est un état pathologique tout spécial, ce serait une grosse erreur que de la confondre avec une émotion normale. Les malades sont les premiers à nous avertir « qu'ils n'éprouvent pas une peur naturelle, que leur angoisse, toujours la même, supprime et remplace la peur naturelle ». Comment pourra-t-on dans cette interprétation rendre compte de cette différence psychologique considérable entre l'émotion normale et l'obsession ?

On ne peut répondre qu'en alléguant une différence de quantité dans ces phénomènes viscéraux dont le contre-coup détermine dans la conscience les émotions et les angoisses. C'est leur exagération qui leur donne leur caractère pathologique et qui distingue l'obsession de la colère ou de la peur. Est-ce là une distinction suffisante ? N'y a-t-il pas des grandes colères, des élans d'enthousiasme, des grandes terreurs qui s'accompagnent de grandes raodiBcations viscérales et qui cependant restent des colères, des enthousiasmes, des peurs, sans se transformer en phobies et en obsessions ?

Mais admettons cependant que cela soit vrai et que l'on puisse distinguer l'angoisse psychasthénique de l'émotion normale uniquement par la différence dans le degré d'intensité des réactions viscérales. N'y at-il pas infiniment d'autres états pathologiques qui s'accompagnent de grandes modifications viscérales du même genre sans être identiques îi des crises d'obsession ? Des phtisiques, des cardiaques présentent des modifications respiratoires et circulatoires du même genre et bien plus graves sans avoir aucunement le même désespoir, les mêmes obsessions : ils suffoquent, ils asphyxient réellement et ils continuent à s'intéresser à ce qu'on leur dit, à suivre même une conversation, ils disent bien qu'ils souffrent, mais ils ne se lamentent pas ainsi, ils sont loin d'avoir le même trouble mental. Dans d'autres maladies nerveuses on constate souvent des palpitations, des polypnées, des troubles vaso-moteurs et les malades restent calmes: Ar..., par exemple, un homme hystérique, a une polypnée de 88 respirations par minute et il attend tranquillement sur sa chaise qu'on l'examine, il dit en souriant qu'il est gêné ponr respirer, mais il ne sent pas

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