Arnaud, Archives de neurologie, 190a, I, p. a
6. Edw. B. Angell, Imporalive ideas in the sane. Journal of nervous and mental disease, août 1900.
chais ni aux théories intellectualistes, ni aux théori mais je cherchais à décrire un phénomène plu ridée ou le sentiment tels qu'on les observe d'une ficielle.
Je voudrais faire un travail du même genre à pr dés et chercher si les stigmates psychasthéniques en évidence un phénomène psychologique simp jouer un rôle important et d'expliquer par ses troubles de la volonté et de l'émotion.
Cette section sera consacrée a la description de fondamental que l'on peut considérer comme le réî stigmates psychasthéniques ; la section suivante ment en prenant pour point de départ ce phé modifications, on peut se représenter la format troubles des obsédés.
Dans un chapitre précédent nous avons consta ment et la disparition de certaines opérations chez les obsédés ; d'autre part nous avions vu qu rations étaient bien conservées et présentaient p loppement exagéré ; en étudiant cette différence lement conduit à supposer que toutes les opérât ne présentent pas les mêmes degrés de facilité d*un affaiblissement des fonctions cérébrales elle sent pas simultanément mais successivement et p en raison de ces degrés inégaux de facilité. En un tions mentales semblent se disposer en une h laquelle les degrés supérieurs sont compliqués, di dre et inaccessibles pour nos malades, tandis que 1 rieurs sont aisés et sont restés a leur disposition,
Sans doute nous avons toujours eu vaguement de ce genre à propos des travaux de l'esprit : nou recherche scientifique, l'exécution ou l'appréciât d'art, l'effort p'our atteindre la perfection morale i tions supérieures ; nous savions que pour un enfa faire une division est plus difficile que d'appren que pour un idiot il est plus difficile de parler q Mais cette recherche des degrés de difficulté n'éi point de vue de l'art ou de l'instruction et pour u d'opérations seulement, elle n'était pas faite d'une
chasthéniques, va nous permettre de compléter ces recherc sur la hiérarchie des phénomènes psychologiques.
Si nous faisons cet examen d*après les longues observati précédentes, il nous faudra placer au premier degré con l'opération mentale la plus difficile, puisque c'est elle qui dis raît le plus vite et le plus souvent, la fonction du réel, d fonction qu'on a peu Thabilude de distinguer des autres et i nous avons fait connaître en résumant les insufiisances p chologiques consiste dans l'appréhension de la réalité s toutes ses formes. Elle constitue « celte attention à la vie f sente » doqt parle M. Bergson dans un livre de métaphysi( qui semble souvent prévoir ces observations psychologique Voilà ce qui semble Topération mentale la plus parfaite et ci que tous les obsédés perdent dès le début de leur maladie.
La première forme de cette fonction du réel, c'est Faction nous permet d'agir sur les objets extérieurs et de métan phoscr la réalité. Cette action volontaire présente clle-mc différents degrés de difliculté. Au point de vue de son jet, il semble qu'elle devient plus difTicile quand elle est sociî quand elle doit s'exercer non seulement sur le milieu physiq mais encore sur le milieu social dans lequel nous sommes pi
Elle est aussi difficile quand elle est professionnelle, c'esl dire quand il s'agit des actes d'un métier pratique, qui doit rc lenient aboutir à construire des choses précises, qui doit sa faire une clientèle exigeante, qui doit réellement nous fa gagner notre vie. L'action intéressée, c'est-a-dire l'action la p réelle pour nous et pour les autres, semble celle qui exige le p d'efforts et celle qui disparait la première.
Au point de vue de sa forme, l'action est d'autant plus difhc comme je l'ai montré autrefois, qu'elle est plus nouvelle et qu'c demande davantage une nouvelle adaptation à des circonstances i ont changée « Rien ne me rend malheureuse et malade, dit Voz comme la nécessité d'avoir a prendre une décision nouvelle L'action est aussi difficile quand elle doit avoir à nos yeux le ractère de liberté et de personnalité, c'est-à-dire quand la s
I. Bergson, Miiticre et mémoire, 1896, (Paris, F. Alcan) p. 190. 3. Névroses et idées fixes, I. p. la.
THÉORIES PATHOGÉNIQUES
lentale qui la détermine doit se trouver en accord avec la de nos tendances principales nettement coordonnées, en quand Faction doit être coordonnée non seulement avec nées du monde extérieur mais encore avec Tensemble de ersonnalité. A un degré un peu inférieur nous trouvons de culte dans Tachèvement, la terminaison complète d'une commencée, dans la rapidité, la précision, Ténergie, la réî aux influences étrangères, qui doivent se trouver dans es actions volontaires.
I, nous avons vu que bien souvent le fait de s^endormir irement était un acte et un acte difficile. Nous sommes s à placer cet acte du sommeil et celui du réveil à une e hauteur dans cette hiérarchie immédiatement après les olontaires accompagnés du sentiment de personnalité et de
ui nous détermine à placer au premier rang dans cette hie l'action volontaire qui modifie réellement le monde c*est que nous avons vu cette action constamment trouez bien des malades et des le début. L^indolence, la pa- *irrésolution, la lenteur des actes, les retards, la faiblesse )rts, le désordre, lu maladresse, Tinachèvemcnt, Tabsence stance, le misonéisme, la continuation indéfinie caractélien les psychasthéniques. La timidité excessive, Taboulie ionnelle, les inhibitions, les arrêts, les fatigues insurmon-
les inerties complètes surviennent à un bien plus grand ;hez ceux qui ont des obsessions ou qui vont en avoir et itent surtout dans la période qui précède les crises d'agiorcée et que nous avons comparée à une aura. \ la même fonction du réel mais peut-être à un degré ud érieur à celui de l'action volontaire nous trouvons Tattenli nous permet de percevoir les choses réelles. Son degré
élevé toujours au point de vue de nos malades et par uent le plus fragile, c'est l'opération qui nous donne la
du réel, c'est-à-dire qui détermine la certitude et la :;e. Saisir une perception ou une idée avec le sentiment îst bien le réel, c'est-à-dire coordonner autour de cette tion toutes nos tendances, toutes nos activités, c'est I parfaite de l'attention, ancienne conception philosophique, qui remonte à Spi-
à Hume, qui a été admise par Spencer et par Taine, c'est
que la croyance accompagne toujours Tidée, que le doute résulte uniquement de la lutte entre plusieurs représentations également claires. Cette conception a été combattue par bien des philosophes qui lui opposaient la pensée de Descartes sur le rôle de la volonté dans Fadirmation et dans Terreur. M. Brochard, dans sa thèse sur l'erreur, dans ses articles sur la croyance et la volonté, estTun de ceux qui ont le mieux montré cette distinction nécessaire entre la croyance et la pensée proprement dite, « autre chose est, dit-il très bien, la nécessité de penser ou de lier des idées, autre chose la nécessité de croire, c'est-à-dire de poser comme vraies absolument les synthèses que Tesprit ne peut pas rompre ; à la rigueur on peut comprendre une vérité géométrique et ne pas y croire *. » M. Gayte dans son livre sur la croyance décrit ainsi le sceptique : « C'est une intelligence toujours en mouvement qui demande a la pensée elle-même une décision qu'elle ne saurait lui donner. Il ne s'attache à aucune théorie parce qu'il ne sait pas vouloir, il délibère toujours parce qu'il est incapable d'arrêter sa pensée par un acte, il ne la domine pas, il se laisse dominer par elle''. » Parmi les travaux plus récents dans le même sens, je signale ceux de M. W. Jérusalem', ceux de M. A. -J. Balfour^ qui insistent « sur les causes non rationnelles de la croyance » et le livre de M. W. James '^.
Ces théories philosophiques semblent être le résumé de l'observation de nos malades. Certainement, dirons-nous avec M. Brochard, on peut penser et ne pas croire, puisque nous voyons tant de sujets qui perçoivent très bien, qui raisonnent admirablement et qui ne peuvent pas arriver à croire. Il faut se rendre bien compte de ce fait que la croyance est un degré d'activité cérébrale au dessus de la simple intelligence. Dans la hiérarchie que nous établissons, la croyance fait partie des fonctions du réel et occupe un rang élevé a côté des opérations volontaires.
En dessous de cette opération de croyance à l'existence réelle des objets, l'attention trouve encore des difficultés moins graves peut-être dans la perception d'objets nouveaux, dans la complexité du spectacle offert à nos sens, dans la clarté qu'il faut
I. Brochard, Croyance et volonté. Revue philosophique, i884, II. p. i5. ^ a. Gajle, La croyance, i884. p- io4. i 3. W. Jérusalem, Psychological Review, 1895, p. ao5. J Ix. A.-J. Balfour, The foundation of belief. New-York, iSgS, p. 2i4. i 5. W. James, The will to believe, 1897.
10 THEORIES' PATHOGÉNIQUES
li donner, dans la perception Intelligente de la lecture, de Taudion, simplement dans la perception intelligente d'une situation onnée. L'orientation, c'est-à-dire la disposition des perceptions ar rapport à notre corps et à nos mouvements possibles, est [icore une opération proche de la croyance et de l'action qui i rapproche des fonctions du réel.
La mémoire ne présente réellement des difficultés et ne se ratiche aux fonctions du réel que dans une partie de ses opérations, a fixation du souvenir des événements présents de manière u'il puisse être utilisé plus tard, l'évocation des souvenirs ré- ?nts encore intimement liés à la réalité présente, enfin l'évocation récise des souvenirs passés dans la mesure exacte où ils doivent mer un rôle dans la perception actuelle, telles sont les opéraons supérieures de la mémoire. « Fonder des souvenirs, disait éjà très bien Debs, créer par un seul effort d'attention une préisposition, ou ce qui est synonyme, une habitude nouvelle est
coup sûr une des plus utiles prérogatives de la volonté' ».
Ce qui caractérise l'homme d'action, disait M. Bergson, est la promptitude avec laquelle il appelle au secours d'une tuation donnée tous les souvenirs qui s'y rapportent, mais c'est issi la barrière infranchissable que rencontrent chez lui en se résentant au seuil de la conscience les souvenirs inutiles ou inifférents*. »
La fonction du réel se retrouve aussi dans la conscience de dos ats intérieurs et dans la perception de notre propre personne.
faut savoir nous percevoir nous-mêmes comme nous sommes 1 réalité ; nous retrouvons ici la difficulté principale qui est la îrception avec certitude, avec le sentiment de la réalité. Nous eu ouvons aussi une autre qui prend ici plus d'importance, c'est la ^rception de notre unité, le sentiment que l'esprit est réelleent parvenu a une synthèse mentale unique.
Il est presque inutile de rappeler les troubles si fréquents de ittention et de la perception chez les psychasthéniques qui nous >ligent à mettre ainsi ces opérations dans le premier groupe, le )ute des perceptions, l'inintelligence de la lecture, de Taudi- [)n, rinstabilité de l'attention, les éclipses mentales, la mémoire
I. Debs, Tableau de Vaclwité volontaire pour servir à la science de l'éducation,
j. Bergson, Matière et mémoire^ 1896, p. 166.
retardante, l'amnésie continue, les troubles de la perception personnelle, etc.
A ces opérations de la volonté et de l'attention il faut rattacher certains phénomènes qui tiennent à Témotion. Celle-ci est en général, comme nous le verrons, une opération mentale très facile et très différente par conséquent des opérations de ce premier groupe, mais elle prend de la difficulté quand il s'agit d'une émotion précise, bien adaptée à la réalité donnée, surtout quand il s'agit d'émotions heureuses. Savoir jouir complètement du présent, de ce qu'il y a de beau et de bon dans le présent, c'est une opération mentale qui semble très difficile et digne d'être rapprochée sur ce point de l'action et de l'attention au réel, on la voit disparaître bien souvent dans l'indifférence et dans l'ennui que présentent presque toujours ces malades.
Le dernier terme de cette fonction du réel, celui qui résume probablement tous les précédents serait une opération mentale malheureusement très peu connue : la constitution du temps, la formation dans l'esprit du moment présent. Le temps n'est pas donné à l'esprit toutfait;il sufliraitpour le démontrer d'étudier les illusionsdes enfants et des malades sur le temps. Lemomentprésent des mathématiciens, ce point inaccessible n'a rien à voir avec Ie« notions dont nous parlons ici. Le présent même qu'étudie la psychométrie, cette pulsation de un dixième de seconde, n'est pas non plus ce que nous apprécions comme présent. Le présent réel pour nous, c'est un acte ou un état d'une certaine complexité que nous embrassons dans un seul état de conscience, malgré cette complexité et malgré sa durée réelle qui peut être plus ou moins longue. Pour les gens distraits, indifférents à la réalité, ce présent s'allonge et reste vague, pour des esprits actifs qui sont toujours à la minute, ce présent se resserre et devient précis. Il y a une faculté mentale que l'on pourrait, en forgeant le mot, appeler la présentification et qui consiste à rendre présent un état d'esprit et un groupe de phénomène^. 11 ne serait pas difficile de montrer que cette opération se confond en réalité avec les précédentes, c'est l'action, c'est l'attention, c'est la perception exacte de la situation donnée avec le sentiment de sa réalité qui produit la présentification ; il n'est pas non plus difficile de comprendre que cette opération n'est qu'un aspect de la fonction du réel et qu'elle présente par conséquent les mêmes difficultés et les mêmes troubles.
LES OBSESSIONS. I. — 3l
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Au-dessous de ce premier degré, le plus parfait et le plus difficile se place le groupe des opérations que j'appellerai désintéressées: ce sont les mêmes opérations psychologiques simplement dépouillées de ce qui faisait leur perfection, c'est-à-dire de Faculté du sentiment réel. Ce sont des actions sans adaptation exacte aux faits nouveaux, sans coordination de toutes les tendances de Tindividu, des perceptions vagues sans certitude, et sans jouissance du présent. C'est ce que Ton désigne souvent comme des actions et des perceptions avec distraction, c'est une vie en apparence identique à la vie complète mais avec indifférence à la réalité.
Nous avons déjà noté bien des fois que la distraction rendait faciles à nos malades des opérations qu'ils ne pouvaient plus accomplir avec pleine conscience. Voici des exemples nouveaux de cette remarque importante.
J'ai eu l'occasion de remarquer bien des fois un trait de caractère assez étrange chez beaucoup de scrupuleuses. Ces malades qui sont tout à fait incapables de se conduire elles-mêmes, qui hésitent indéfiniment à propos de la moindre action quand il s'agit de leur intérêt où de leur devoir personnel, deviennent sensées, perspicaces et décidées, quand il s'agit de donner des conseils à quelque autre personne. Je ne puis m'expliquer cette différence qu'en remarquant combien la conduite d'autrui est à nos yeux plus indifférente, plus simple, moins réelle que notre propre conduite. On a vu que Wo... fait indéfiniment et fort bien des aditions sur des chiffres imaginaires, elle m'offre même d'additionner mes propres comptes, mais elle ne peut plus fixer son attention dès qu'il s'agit des comptes de son propre , manège.
Quand les malades seront fortement distraits de l'action quils accomplissent, ils arrivent de même à cette indifférence qui rend l'action plus facile. Bei..., quia perdu son moi quand elle cherche à agir ou à sentir avec conscience, avec attention, a n'a plus aucun trouble pendant l'état de distraction. Quand la malade est entraînée par une préoccupation, ne pense pas à elle-même, tout va parfaitement bien et elle est parfaitement normale. Le trouble revient quand elle essaye de faire attention, de penser à elle-même, de se rendre compte de ce qu'elle éprouve * ».
Lod..., Claire agissent normalement quand elles sont distraites