‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 219 sur 288 · I. Névroses et Idées fixes , 1898, II, p · texte numérisé non relu

I. Névroses et Idées fixes , 1898, II, p

s'exercer tout d'un coup sur un groupe de souvenirs déjà constitué, déjà rattaché à la personnalité. Le plus souvent ces souvenirs dissociés par l'émotion seront simplement les plus récents et Tamnésie déterminée par l'émotion prendra la forme bien connue de l'amnésie rétrograde*. » « On constate des faits semblables à propos des traitements par suggestion et par direction morale, une éftiotion supprime tout le travail de restauration qui a été accompli pendant la séance, fait réapparaître les anesthésies, les paralysies, les idées fixes. Le travail du directeur pendant les séances précédentes a été un travail de synthèse : il a organisé des résolutions, des croyances, des émotions, il a aidé le sujet à rattacher à sa personnalité des sensations et des images. Bien plus, il a échafaudé tout ce système de pensées autour d'un centre spécial qui est le plus souvent son nom et l'image de sa personne. Le sujet a emporté dans son esprit et dans son cerveau une synthèse nouvelle, passablement artificielle et très fragile, sur laquelle l'émotion a facilement exercé sa puissance désorganisatrice^. »

Cette description convenait surtout aux hystériques, elle doit être élargie pour pouvoir s'appliquer à nos malades pyschasthéniques. Un des phénomènes de l'émotion, dirons-nous maintenant, c'est de s'accompagner d'un abaissement marqué du niveau mental, en entendant le niveau et la hiérarchie mentale dans le sens oii nous l'avons précédemment défini. Elle ne produit pas seulement la perte de la synthèse et la réduction à l'automatisme qui est si visible chez l'hystérique, elle supprime graduellement suivant sa force les phénomènes supérieurs et abaisse la tension au seul niveau des phénomènes dits inférieurs.

C'est pourquoi dans cette hypothèse tous les faits précédents me paraissent s'expliquer facilement. Dans l'émotion nous voyons disparaître la synthèse mentale, l'attention, la volonté, l'acquisition des souvenirs nouveaux ; en même temps nous voyons diminuer ou disparaître toutes les fonctions du réel, le sentiment et le plaisir du réel, la confiance, la certitude. A la place nous voyons subsister les mouvements automatiques, les ruminations et surtout les manifestations viscérales élémentaires que l'on considère beaucoup trop comme la cause de Témotion et qui n'en sont qu'une conséquence.

I. Névroses et Idées fixes, 1898, I, p. i/i4a. /<f., 1, p. 475.

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