‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 22 sur 288 · LA FORME DBS OBSESSIONS · texte numérisé non relu

LA FORME DBS OBSESSIONS

Pour établir le diagnostic d'une affection mentale il ne suffit pas de savoir le sujet ordinaire des préoccupations des malades, c'est-à-dire le contenu des obsessions, il faut encore étudier de quelle manière se présentent ces préoccupations, à quelles lois elles obéissent dans leur apparition et leur évolution, en un mot il faut examiner la forme psychologique que revêtent ces pensées obsédantes. Pour bien comprendre ce problème, considérons certaines idées fixes des hystériques qui déterminent de grandes fugues de plusieurs mois complètement oubliées par les malades après leur exécution. Ces idées ne se manifestent que pendant des somnambulismes ou dans des écritures subconscientes, elles semblent tout à fait absentes de la conscience normale du sujet qui les ignore. Ces idées fixes ne sont-elles pas totalement différentes dans leur forme psychologique de celles du persécuté qui connaît parfaitement son délire, qui est convaincu de sa réalité et qui a systématisé toutes ses pensées et toutes ses actions autour de la croyance à telle ou telle persécution. Cette opposition entre des idées dissociées qui se développent isolément en dehors de la vie consciente du sujet et ces idées complètement systématisées qui sont au contraire devenues le centre de toutes les pensées est d'une importance capitale pour interpréter toute la maladie. Aussi doit-on appliquer cette recherche aux obsessions des scrupuleux et voir quelle place elles occupent dans la pensée, le degré et la forme de leur développement.

Pour étudier les caractères psychologiques que revêtent ces obsessions, les lois de leur apparition et de Içur développement, il est nécessaire de faire quelques distinctions. Les malades ne . restent pas toujours a la même période de leur maladie; ils peuvent traverser des états de trouble très grand ou se rapprocher de Tétat normal. Dans ces diverses périodes leurs obsessions ne conservent pas toujours les mêmes caractères et une description

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LES IDÉES OBSÉDANTES

e pourrait pas impunément être appliquée h tous les accidents des Tupuleux. Je mettrai donc de côté, pour les examiner plus comlètement quand j'étudierai l'évolution et les complications de la aladie, des états aigus, des périodes de délire grave qui peuvent alheureusement survenir au cours de la maladie. Le grand caracre de tels états, c'est que le malade a perdu à peu près complément le pouvoir de critiquer ses obsessions, de leur résister, l'il s'abandonne à son délire. Ces états se rapprochent de la élancolie anxieuse ou des diverses formes de la confusion meule : ils nous font entrer dans le domaine d'autres maladies meules. Je crois qu'il faut les considérer comme des accidents surnant au cours d'un délire du scrupule, accidents dont il faut scuter la possibilité et la fréquence, mais qu'ils ne constituent is l'état normal de ces malades.

D'autre part, tantôt par l'évolution naturelle de la maladie, ntôt sous l'influence de certains traitements, ces idées fixes peunt se réduire, diminuer d'importance ou perdent leur précision. ; malade sent encore qu'il est tourmenté par quelque chose, l'il est obsédé. Il pourrait par un léger efl'ort retrouver l'idée li le tourmente, mais il sait qu'il faut éviter cette recherche et n'a qu'une notion vague de cette idée qui l'obsède, c'est Vétat gue de Lise, c'est Y état implicite de Jean. Cet état fait encore irtie de la maladie, mais c'est un degré eflacé, estompé que l'on ; peut prendre comme objet principal de l'étude. Dans cette description des caractères psychologiques de l'obssion du scrupuleux, je considérai donc en premier lieu le degré oyén du développement de ces idées qui est d'ailleurs de beauup le plus fréquent et le plus important. On le reconnaîtra [X caractères suivants. L'idée est assez nette et assez précise >ur que le sujet sache très bien ce qui l'obsède, et cependant ntelligence du malade reste assez entière pour que celui-ci lisse critiquer l'obsession et en reconnaître au moins en partie ibsurdité.

En effet, le caractère essentiel de ces idées maladives est si ippant qu'il a presque toujours été bien mis en évidence dans 5 termes mêmes qui servent a les désigner. On se sert souvent ►ur décrire cette maladie de deux termes associés, c'est, diti, une folie lucide^ un délire açec consciencey une obsession nsciente.

Celte association des termes « folie et lucidité » provoquait

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