‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 231 sur 288 · TiBsié, Revue scientifique, 1896, II, p · texte numérisé non relu

TiBsié, Revue scientifique, 1896, II, p

tension, des images automatiquement associées, des idées abstraites, des raisonnements, etc.

Ce qu'il est le plus important de bien comprendre, c'est Forigine de la dérivation. Je ne puis admettre que Torigine de la force qui va dériver provienne uniquement de l'excitation génitale inassouvie. Cela arrive sans doute dans certains cas et j'ai montré des malades qui ont des crises de rumination parce qu'elles sont incapables de parvenir à l'émotion génitale complète. Mais nous avons observé le même fait après des émotions artistiques, des émotions de chagrin, de peur, etc., qui ne parvenaient pas non plus à leur terme, nous l'avons vu également après des efforts d'attention ou de croyance, après des tentatives d'actes, surtout quand ces efforts et ces tentatives n'aboutissaient pas. En un mot, la dérivation peut se produire toutes les fois qu'un phénomène supérieur de haute tension a commencé à se produire, et qu'il est arrêté dans son développement par cet abaissement du niveau mental qui rend impossibles les phénomènes de haute tension.

Cette conception permet de résoudre la difficulté qui nous avait arrêtés dans l'interprétation des crises d'agitation forcée. Comment se fait-il, demandions-nous, qu'au phénomène initial supprimé, qui semblait un phénomène unique et assez petit, se substitue une quantité énorme d'autres phénomènes secondaires qui se prolongent pendant longtemps ?

Je crois que l'on pourrait répondre par un développement de notre hypothèse relative à la hiérarchie psychologique et aux degrés de tension des phénomènes. Quand un phénomène psychologique est très supérieur à un autre, la tension qu'il exige pour se produire pourrait être suffisante, si on l'employait autrement, pour produire cent fois le phénomène inférieur. Un courant électrique de iio Volts est nécessaire pour allumer une lampe électrique et il produit ainsi une lumière qui ne nous paraît avoir rien d'excessif. Mais si on appliquait le même courant k des sonnettes, il en ferait marcher des quantités et produirait un vacarme. Si on lui faisait traverser des fils métalliques résistants, il les ferait rougir et pourrait déterminer un incendie. Une quantité donnée d'énergie calorique doit être portée à 1800^, c'est-à-dire à un degré élevé de tension pour fondre une quantité minime de platine, si cette même quantité d'énergie n'arrive qu'à la tension de 4oo^, elle ne pourra plus fondre un milligramme de platine, mais elle pourra

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facilement fondre des kilogramn

nés à admettre de même que lu tension psychologique inemployée pour les phénomènes supérieurs qu'elle ne peut plus produire se •dépense en phénomènes inférieurs, et qu'elle donne alors naissance à une véritable explosion de phénomènes infiniment oomi)reux et puissants, mais toujours inférieurs dans la hiérarchie. Eh bien, c'est cette conception de la dérivation ainsi entendue <[ue nous devons appliquer à l'interprétation des crises d'agitation motrice, d'angoisse ou de rumination mentale. L'examen de •<[uelques faits nouveaux nous montrera que cette interprétation résume d'une manière commode un certain nombre de caractères •de ces crises.

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