‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 240 sur 288 · La systématisation de la déris^ation · texte numérisé non relu

La systématisation de la déris^ation

Le principe de la dérivation nous a expliqué d'une manière générale comment les diverses agitations de l'esprit et du corps, les excitations viscérales qui forment les angoisses n'étaient que des dépenses, des dérivations d'une force inemployée à cause de

la suppression des phénomènes supérieurs. Cela ne suffit pas pour rendre compte des formes toutes particulières que prennent dans chaque cas déterminé ces dérivations.

Quelquefois ces dérivations restent vagues et diffuses, on a vu la fuite des pensées, le mentisme qui correspond à l'excitation diffuse de la pensée, l'agitation motrice indéterminée et Tan* goisse diffuse, mais le plus souvent des manies mentales, des tics, des phobies spéciales remplacent ces agitations diffuses. L'opération qui joue le rôle de dérivation reste inférieure, mais elle prend une apparence systématique toujours la même, c'est ce que j'appellerai la systématisation de la dérivation.

Cette systématisation me paraît se former assez facilement par la simple évolution de la maladie, elle résulte de trois principes généraux qui déterminent la nature des phénomènes du psychasthénique.

La première raison de cette systématisation me paraît être simplement la prédisposition individuelle : chacun de ces sujets réagit à la maladie d'une manière particulière suivant sa nature et son éducation. Ainsi il m'a semblé que l'on rencontrait plus d'angoisses et de phobies chez les malades de Thôpital ayant peu d'éducation intellectuelle et que l'on rencontrait plus de manies mentales chez les malades de la ville habitués aux exercices de l'esprit. De même on rencontre plus de tics chez les sujets jeunes que chez les sujets âgés.

Le second principe est le principe de l'habitude. Bail disait autrefois*: « La folie du doute est essentiellement caractérisée par une sorte de prurit cérébral, que rien ne peut satisfaire, la répétition des mêmes actes, des mêmes questions et des mêmes pensées tient h un phénomène organique qui ramène sans cesse les mêmes impressions. » Cette réflexion est très juste et nous aurons à l'utiliser encore en parlant des obsessions. L'état pénible déterminé par l'insufHsance psychologique est toujours le même, et chaque fois qu'il se représente il dispose le sujet à recommencer exactement les mêmes pensées. Cela est d'autant plus vrai que. le psychasthénique, dans cet état, est plus que jamais un individu sans volonté, incapable de modifier son état mental et d'échapper à la tyrannie des impressions qui ramènent les mêmes idées. Précisément parce qu'il est toujours très disposé à

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