I. Bail, Revue seienlifique, 1883, II, p
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céder à Thabitude ; il y obéit plus que jamais dans les dérivations et quand il a commencé une fois une crise d'une manière il y a bien des chances pour qu'il fasse toutes les autres sur le même modèle.
Le troisième principe sera celui de la meilleure adaptation possible : il est nécessaire de l'expliquer davantage. Le point de départ de la crise est une action insuffisante et cette adaptation incomplète s'accompagne de sentiments d'incomplétude extrêmement pénibles. Il y a là un état d'inquiétude très douloureux, qui pousse le sujet à chercher par tous les moyens possibles à en sortir. Cette douleur ne nous a pas paru être suffisante pour déterminer à elle toute seule toute la dérivation ; mais TagitatioD mentale et physique existant réellement, cette douleur que ressent le sujet doit jouer un rôle pour la diriger en tel ou tel sens. Le sujet est mal à son aise et en même temps son esprit est agité, se remplit de pensées de toutes espèces. Dans quel sens vont se diriger ses pensées ? Les pensées vont être orientées vers la considération de ce malaise et vers la recherche des moyens pour en sortir ; les agitations vont être dans la mesure du possible, un effort pour parvenir à l'adaptation complète. Elles n'arrivent pas au résultat à cause de l'insuffisance mais elles vont être aussi près que possible de cette adaptation.
Il en résulte que sauf dans les cas de grande confusion, les dérivations vont toujours avoir un certain rapport avec le phénomène primaire qui n'a pas pu être achevé. Si le point de départ est un acte insuffisant, il y aura dans la dérivation des efforts intellectuels et physiques en rapport avec l'acte. S'il s'agit d'une idée sur laquelle la certitude a été impossible il y aura un travail en rapport avec la recherche de la certitude, c'est là ce qui donne naissance à des tics et à des manies particulières.
Le premier de ces principes semble déterminer d'une manière générale la disposition aux grandes catégories de réaction. Il est bien difficile d'expliquer autrement que par des dispositions individuelles la manière dont un homme réagit à l'inquiétude, soit par des agitations physiques, soit par des angoisses viscérales, soit par des ruminations mentales. Nous retrouverons davantage l'application des deux autres principes dans les formes particulières que prennent chacune des réactions.
Les angoisses présentent peu de systématisation, les différences
qu'elles présentent tiennent plutôt à la différence des objets qui servent de point de départ à la crise, différence que nous avons étudiée sous le nom de spécialisation de l'insuffisance. Ainsi, les algies forment un groupe de phénomènes assez distinct, leur caractère distinctifn^est pas dû hune modification deTangoisse fondamentale, mais à l'association de cette angoisse avec les sensations provenant d'une partie déterminée du corps. Il en résulte que les algies sont ou peuvent être plus continues que les autres phobies puisque leur cause est toujours présente. On peut dire aussi que cette intervention d'une partie du corps détermine quelque modi6cation du phénomène : les angoisses liées avec des sensations cutanées comme dans les diverses dermatophobies contiennent plutôt du prurit, celles qui sont liées avec les sensations fournies par la poitrine ou par le cœur donnent une place plus importante aux étouffements, celles qui sont en rapport avec les organes sexuels renferment souvent des sensations spéciales d'excitation, comme on l'a vu, dans la maladie de Jean. La systématisation ici se rapproche beaucoup de la spécialisation.
Dans les diverses phobies intervient aussi beaucoup la pensée de l'acte qui sert de point de départ. Quelquefois il y a au début un sentiment particulier d'incomplétude qui donne à l'angoisse une nuance spéciale, les agoraphobes ont souvent avec leurs angoisses le sentiment d'être isolés, d*être absolument seuls au monde, d'être en dehors de l'univers (Cas...). D'autres sentiments d'humiliation (Vof...), de crainte, de colère, peuvent modifier l'angoisse fondamentale. Je remarque en effet que chez quelques personnes comme Cos. .. (177), femme de txk ans et Vod..., probablement à cause d'un caractère irritable antérieur, l'angoisse donne au sujet l'impression qu'il est en colère. Ce fait est loin d'être insignifiant à cause des obsessions que le sujet ne va pas tarder à en tirer.
Enfin dans certains cas, le malade prétend éprouver une émotion tout à fait spéciale. Nous avons vu la description singulière de ce que Lae... appelle a l'émotion du chien enragé », émotion qui vient remplacer tous les sentiments en rapport avec la réalité. L'analyse de cette émotion du chien enragé nous montre cependant les mêmes troubles de la respiration et du cœur a une crispation des nerfs, un petit tournoiement du ventre et le sentiment qu'un chien lèche le bout des doigts». Il n'y a guère en réalité que cette dernière sensation qui soit bien spéciale. C'est une
il arrive très souvent que les premières crises établissent d'une manière à peu près définitive la forme des manies et que plus tard les crises nouvelles, même déterminées dans d'autres conditions, conservent sous Tinfluence de Thabitude la forme des premières.
Les tics sont des dérivations motrices systématisées, ce sont de petits mouvements qui reproduisent en les réduisant certains actes. La raison principale de cette systématisation me parait être dans les manies mentales précédentes qui accompagnent toujours au moins en germe le développement des tics. Le premier groupe, le plus simple, est celui des efforts, ce sont des crises de grande agitation qui ne sont que légèrement systématisées par une idée directrice, celle de faire un effort. On voit là ce travail pour parvenir à l'adaptation sur lequel j'ai insisté. Nous trouvons ensuite les tics de perfectionnement qui sont tous inspirés par les manies de précision, comme on le voit dans les tics de setâter, de se toucher le corps, de remuer les yeux pour savoir s'ils sont égarés (Ul...), de secouer la tête pour savoir si on y a du mal.
D'autres sont en rapport avec la manie du Symbole « fermer le poing c'est comme si je disais : je ne crois pas en Dieu » (Lod...), « se gratter le nez, c'est comme si on se laissait aller au plaisir génital » (Jean). Un très grand nombre de tics sont en rapport avec la manie des procédés comme les éructations de Rai., qui veut ainsi mieux respirer.
Nous avons vu ensuite les tics de défense, les mouvements pour repousser, le petit « hem, hem », pour cracher une épingle de la gorge, l'écartement des jambes de Jean pour lutter contre la masturbation, les manies de compensation et de réparation y jouent un grand rôle.
On pourra facilement appliquer ces quelques principes à la description des nombreuses manies et des tics que nous avons cités. On verra toujours comment l'effort du sujet, pour échapper aux sentiments d'incomplétude, se combine avec la situation donnée pour former cette systématisation.
4. — L'interprétation de Vidée obsédante. Pour terminer l'étude de ces théories pathogéniques, il ne
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nous reste plus qu'un dernier problème, c'est celui de l'idée même qui est obsédante, du contenu de l'obsession proprement dite. Ce n'est plus une opération mentale qui se répète, une agitation motrice ou viscérale, c'est une idée bien déterminée, représentant dans Tesprit du sujet un objet ou un fait déterminé. Comment les malades en arrivent-ils a concevoir cette idée déterminée et comment prend-elle dans leur esprit les caractères qui en font une obsession psychasthénique.