Les problèmes de la i>ie
Je signalerai d'abord les problèmes posés par la vie. Quelles que soient les précautions des parents pour épargner à leurs enfants toute difficulté à résoudre, quelle que soit la prudence du sujet pour n'engager de lutte avec personne et pour ne se mêler de rien, il est impossible d'éviter qu'il ne se présente jamais une décision à prendre, un problème h résoudre. Très souvent, dans une douzaine de mes observations, par exemple, l'accident survient à propos du mariage. Tout a été si bien préparé que le
L'ÉVOLUTION
sque fait tout seul, mais cependant il arrive un débile doit enfin faire quelque chose lui-même, mcer le « oui » sacramentel. Il faut se décider, n ou (c non » on consent à ce mariage : le sujet îeut-être pour la première fois de sa vie qu*il lure et que cela a quelque importance, il s'aperçoit de cette nécessité est plus ou moins e sont les plus sages, sentent la difficulté avant i autres, toujours heureux de retarder une dédisent « oui » aux fiançailles sans réfléchir et limplement, suivant leur habitude, pour ne pas pas engager de lutte : ils se réservent pour plus de la décision leur apparaît au moment du matendent plus tard encore, et se laissent marier ^ils font, puis se posent la question au moment ou même plus tard encore, après quelques mois Is se' demandent, si oui ou non, ils acceptent ce l'il en soit, de ces différentes époques, une fois la situation est toujours la même. Le malade par nent de sa tension psychologique est incapable Bcision. Ses efforts aboutissent seulement à des lérivation, ruminations interminables, folie du etc.. J'ai cité déjà trop d'exemples de ces se demandent si elles aiment ou si elles déîés, de ces hommes qui ne savent pas s'ils pourleurs femmes pour y revenir ici. M. Savage a ns de ces « troubles de l'esprit déterminés à cailles ». Il admet que « ce qui produit le trouitration des sentiments et des émotions vers les roduction, c'est l'accumulation des désirs et des t d'assouvissement* ». Si j'admets l'importance admettre l'explication : l'incapacité de prendre 3résence d'une situation nouvelle et grave me mportantc qu'un inassouvissement génital très illeurs le même trouble, comme je l'ai dit, surle mariage et d'ailleurs il existe dans des actes
oubles d'esprit développés à Toccasion des fiançailles. Journal irc 1888, trad. de V. Parant, Encéphale, 1888.
Beaucoup d*autres circonstances déterminent le début du mal par un mécanisme analogue à celui que nous venons de voir dans le mariage, par exemple, les changements de situation. Un professeur de renseignement secondaire se trouve sur le point d*étre chargé d'un cours dans l'enseignement supérieur, un instituteur primaire va être changé de classe et va enseigner dans des conditions légèrement différentes : cela suiBt par déterminer des crises terribles de doute et d^angoisse. On a l'habitude de désigner ces phénomènes comme des émotions et de dire que dans ces cas la maladie a une origine émotionnelle. L'émotion me paraît ici secondaire, la question essentielle est de savoir pourquoi un changement de classe est émotionnel : il ne Test que parce qu'il pose au sujet un problème, qu'il le force à prendre une décision, à faire effort pour une adaptation nouvelle. Des faits de ce genre se présentent assez souvent au début de la folie du doute.
Voici les changements qui, chez mes malades, ont joué le plus souvent un rôle. Le fait de se retirer des affaires détermine la maladie dans deux cas, la nécessité de choisir une carrière intervient dans quatre cas, le problème de la vocation religieuse, entrer ou non au couvent, dans huit cas, le changement de résidence dans trois cas, le changement de fortune dans deux, un héritage embarrassé et des procès dans trois, l'introduction de domestiques nouveaux dans la maison ou le départ de domestiques anciens dans cinq. Peut-être peut-on rattacher au même groupe les embarras moraux causés par un enseignement nouveau et les troubles apportés dans les anciennes croyances par des lectures nouvelles : c'est ainsi que dans deux cas la classe de philosophie a été pour des jeunes gens le point de départ des obsessions.
Un fait qui a une très grande importance au point de vue pathologique, c'est la première communion qui pourrait être rangée à la fois dans ce groupe et dans les suivants. Cet événement impose un effort d'attention qui rend l'acte diflicile, il pose des problèmes relatifs a la croyance, enfin il émotionne, c'est ainsi qu'il est si souvent le point de départ de la première crise d'angoisse on de scrupule.
Dans un groupe voisin nous placerons les circonstances qui imposent au psychasthénique un effort, une lutte qu'il a toujours évités. Une plaisanterie obscène dans un cas, un reproche sérieux dans trois cas, la nécessité de cacher l'inconduite du mari dans