‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 258 sur 288 · Les tics · texte numérisé non relu

Les tics

Une des formes de début les plus remarquables et les plus souvent méconnues, ce sont les tics. Je compte au moins i5 de mes malades qui ont débuté par une période de tics et qui ensuite ont suivi toute l'évolution de la psychasthénie avec les sentiments d'insuffisance, les obsessions et les phobies variées.

Je rappelle ici quelques exemples de cette évolution qui est importante et mal connue. Gisèle, à l'âge de lo ans, a eu des secousses de la tète « comme si elle disait oui » cela a duré plus de deux ans ; puis ce tic a diminué, quand elle a eu des périodes d'inertie semblables à des sommeils, mais remplies par des rêveries. A quinze ans les tics et les sommeils sont entièrement disparus, parce que la malade s'interroge pour savoir si elle n'a pas la vocation religieuse ; le délire du doute avec les grandes crises de rumination qui durent encore h 3o ans est constitué. Nu... a eu des tics, secousses de l'épaule droite et grimaces depuis l'âge de 9 ans, jusqu'à Tâge de 20 ans. En cherchant à guérir ce tic, elle se demande si elle ne fait pas des grimaces exprès, si elle n'est pas coupable à ce propos, etc. Le tic diminue puis disparait, quand les crises d'obsessions sont complètes. Les observations de Mau..., de Fok..., de Fie..., de VI..., de Bab...,

L'ÉVOLUTION

Vy... sont absolument semblables : les tics semblent avoir écédé les obsessions.

Cependant dans les cas les plus fréquents, Tobsession se déve- )pe en même temps que le tic. Ser..., âgée de i6 ans, a un

qui consiste à secouer un peu la tête et à frapper son oreille 5C sa main gauche, très rapidement, trois fois de suite; ce

est en rapport avec une manie de vérification. Elle est forcée

vérifier si sa boucle d'oreille ne tombe pas. On lui a retiré \ boucles d'oreilles, mais le besoin de vérifier et le tic persiste, lilleurs tout un délire de propreté se développe chez cette maie avec manie de brosser ses vêtements, de se laver les mains, ;. Il est intéressant de remarquer que la mère de cette malade, î est encore une scrupuleuse, a eu fort longtemps des tics dans jeunesse ; elle ne se souvient plus si les tics ont précédé ses sessions ou les ont accompagnées comme chez sa fille. Bé..., nme de 4^ ans, a le tic de se frotter sa robe à droite, si bien e toutes ses robes sont usées à cet endroit. C'est une obsédée i a des angoisses h la pensée qu'elle a dans le ventre un « ver lignée ». Rn..., fillette de i3 ans, a le tic de frapper du coude ^it sur la table, sur les meubles ou contre les murs elle a en ime temps la manie des présages et la manie des compensans « si je ne frappe pas du coude ou si je ne compte pas les Iles,.., je mourrai, cela portera malheur k mes parents ». ri..., garçon de i3 ans, a toutes sortes de tics, tous en rapport ic des idées obsédantes, il secoue la tète « c'était au début ur voir si elle lui faisait mal, s'il y avait encore un grelot deas». Il lève les épaules « pour voir si mon col me gêne.» Il vre les paupières démesurément « potfr voir s'il voit clair», !. En même temps ce pauvre garçon a la manie de répéter cerns mots trois fois et de douter de tous ses actes ; il a la phobie

diable, du salon rouge et de la lune. Quelles que soient les isions que l'on se fait aujourd'hui sur la guérison facile de la Rendue maladie des tics, je crains bien qu'il ne commence e triste carrière d'obsédé. On retrouve chez lui dès le début te « association des troubles musculaires et des troubles psyques » que signalait récemment M. Joffroy*. Déjà Tétude rchologique des tics nous avait amenés à les rattacher aux phé-

. A. Joffroy. Association des troubles musculaires et des troubles psycliiques, ue neurologique, i5 avril 1902, p. 389.

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