‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 257 sur 288 · I. — Sentiments pathologiques · texte numérisé non relu

I. — Sentiments pathologiques

Les symptômes moraux sont évidemment plus importants encore : les sentiments d'être « comme endormi » (Dd...) et tous les sentiments d'insuffisance psychologique se développent souvent des années avant l'éclosion apparente de la maladie.

qu^aucun homme ne voulût d'elle. La maladie commence aussî de très bonne heure par des inquiétudes sous forme de remords. A 12 ans Leg... s'inquiète beaucoup, par crainte d'avoir dit du mal des gens et Py... par crainte de n'avoir pas été assez respectueuse avec le curé.

A côté de l'inquiétude, il faut placer parmi les formes du début beaucoup d'autres sentiments, l'ennui perpétuel, symptôme de l'aboulie et prélude des névroses, qu'on observe à un si haut degré chez Dk..., Zo..., Ku..., Van..., etc. Un état de tristesse permanente avec manie de rechercher les pensées qui entretiennent cette tristesse se manifeste chez Vor..., chez Vk..., chez Nadia dès sa jeunesse, comme chez Mt... à 4o ans après l'opération qui a été le point de départ des troubles nerveux. On note chez d'autres également au début un état hypocondriaque avec douleurs vagues disséminées de tous côtés Cs..., Mor..., Her...,Ml..., Mae...

Une timidité bizarre, excessive, qui rend ces personnes tout à fuit paralysés, se développe de plus en plus au début de la maladie. Cette timidité, comme on l'a vu, s'accompagne d'idées d'humilité, a je ne suis pas comme les autres, je suis laide, j'ai une tête de chat, je suis un monstre, tout le monde se retourne quand je passe». (Byl...).

Ces mêmes personnes timides, honteuses d'elles-mêmes, ont très souvent des amours tout à fait excessifs qui ne sont nullement en rapport avec le développement des passions normales. Ce sont des attachements invraisemblables pour un maître, pour un camarade. Il faut avoir présents à l'esprit les caractères des besoins d'aimer et d'être aimé propres aux scrupuleux pour reconnaître ce signe en général assez précoce.

Par suite de cette tristesse, de cette timidité et de leur maladresse déjà signalée, ces malades ne peuvent plus frayer avec le monde, ils perdent ou quittent leurs amis et on les voit s'isoler de plus en plus. Ser..., jeune fille de i6 ans, enfant jusque-là intelligente, cesse de bien travailler et ne fait plus aucun progrès, elle cesse de jouer avec les autres enfants de l'école, elle déclare qu'elle les trouve sales et s'isole de plus en plus : peu de temps après, commencent des actions en rapport avec la folie du doute. En même temps que ces malades s'isolent, ils prennent ce caractère renfermé que nous avons déjà étudié chez les scrupuleux, ils ne veulent plus et bientôt ne peuvent plus exprimer ce qu'ils

L'entêtement sera d'autant plus caractéristique qu*il portera sur une action plus particulière, quand les malades, par exemple, refusent de manger (Nadia), de toucher un certain vêtement (Vy..., Ger...), de toucher à de l'argent (Lkb..., Rob..., etc.). Depuis deux ans malgré toutes les objurgations Xyb... refuse de rendre à sa bonne une petite somme de 2g francs qu'elle lui doit. Il sera également plus net si le malade avoue que Tentêtement est en rapport avec certaines idées, certains serments. Mais nous retombons alors dans la maladie tout à fait constituée.

L'agitation chez plusieurs malades remplace l'inertie : pas plus que les précédents, les malades agités n'arrivent à exécuter quelque chose, mais ils ont de longues périodes où ils remuent, où ils crient, pendant lesquelles ils ne peuvent dormir. Les uns s'agitent sans trop savoir pourquoi et on les croit atteints de chorée (Za...) on de crises d'hystérie (Bai..., Mb..., Vod...). Le plus souvent cette agitation accompagne une crise de doute une rumination interminable (To..., Cha...).

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