‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 262 sur 288 · I. — Les accidents physiques · texte numérisé non relu

I. — Les accidents physiques

J'insisterai peu sur les complications purement organiques, ce qui serait entrer incidemment dans l'étude de tous les ralentissements de nutrition. J'ai signalé chemin faisant, les troubles digestifs, les troubles circulatoires, les maladies cutanées comme l'eczéma, le rhumatisme chronique déformant qui coexistent souvent avec l'état psychasthénique et qui peuvent dans certains cas prendre un grave développement. Ces troubles de nutrition peuvent comme toujours favoriser toutes les infections et j'ai malheureusement constaté une dizaine de fois la tuberculose pulmonaire qui venait se greffer sur ces affaiblissements. Il faut insister un peu plus sur \x\i accident bizarre qui est plus directement en rapport avec l'engourdissement des fonctions.

La rétention des matières fécales, puis la stercorhémie et les accidents toxiques dus à cette rétention sont assez fréquents et il faut être prévenu de leur extrême gravité. A la suite d'une mauvaise nouvelle Nadia a présenté un engourdissement de ce genre, avec rétention prolongée des matières fécales. Les urines

cerveaux capables de présenter ce premier trouble n'en auraient-il pas d'autres plus considérables ? Pourquoi rabaissement de la tension qui fait perdre à nos malades les fonctions supérieures du réel ne pourrait-il pas s'aggraver et troubler des fonctions plus élémentaires. Je suis, au contraire, pour ma part assez surpris de ce petit nombre d'aliénés, il faut que le trouble psychasthénique soit en général bien léger pour qu'il n'aboutisse pas plus vite et plus souvent à des délires.

Les formes d'aliénation dans lesquelles versent les obsédés sont d'ordinaire rattachées à la mélancolie anxieuse^ vers laquelle se dirigent ceux qui ont des symptômes surtout émotionnels, des phobies et aux états paranoiaques, aux délires systématisés, particulièrement au délire de persécution vers lequel se dirigeraient, selon les auteurs précédents, ceux qui ont des obsessions intellectuelles.

J'ai observé 5 cas de mélancolie anxieuse survenant chez des obsédés, dont trois ont guéri, au moins approximativement, dans un cas, après 5 mois d'asile, dans l'autre après lo mois. Une des malades, Brk..., a eu trois rechutes de cette mélancolie. Inversement quand on étudie les mélancoliques délirants on constate très souvent qu'ils ont eu avant leur dernier accès un état prévésanique souvent très long dans lequel ils ont présenté des symptômes de la maladie des obsessions. Dans la thèse de M. Boissier sur la mélancolie et la neurasthénie, je remarque le malade de l'observation I qui a été longtemps aboulique, scrupuleux, méticuleux avant ses accès de mélancolie avec stupeur, le malade de l'observation VIII qui est analogue, le malade de l'observation XII, agoraphobe et claustrophobe avant ses accès de mélancolie*.

Les délires systématiques ont été plus fréquents dans mes observations, j'ai eu 12 malades qui sont devenus des persécutés. Mais je dois dire que le délire de persécution me semble devoir soulever bien des problèmes psychologiques et qu'il me paraît se rapprocher singulièrement des obsessions des scrupuleux. Il y a dans ce délire systématique un certain nombre de symptômes dont il serait nécessaire de faire l'analyse psychologique, pour voir leurs

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