‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 32 sur 288 · I. MoreL Délire émotif , p. 4oo · texte numérisé non relu

I. MoreL Délire émotif , p. 4oo

LES IDÉES OBSÉDANTES

ville, est invariablement accompagné d'un domestique ment chargé de rapporter à domicile les couverts d'are son maître ne manque jamais de dérober *. » Je suis disroire que si ce personnage prenait réellement les couverts rce qu'il comptait sur la présence de son domestique. i cas du même genre : Bs... (187), un homme de 4i ans, Tipulsion au suicide à la suite d'une obsession amoureuse, ce par se mettre au téléphone, appelle sa mère et son , vérifie s'ils Técoutent et leur annonce que maintenant [ et qu'il avale du chloroforme. Naturellement on court h lurs et on constate qu'il a réellement pris une certaine dose oforme ; il est d'ailleurs très heureux de se laisser soigner, îrniers cas nous permettent de comprendre comment de 1 temps, d'une manière exceptionnelle, il peut arriver des s. L'obsédé, qui ne voulait exécuter qu'un simulacre, a s ses précautions et, si l'acte s'exécute complètement, t à fait contre les intentions du malade. M. Séglas* fait es justement remarquer que l'obsédé peut se laisser les actes extrêmes sans céder pour cela à des impulis en arrivent quelquefois, assez rarement à mon avis, de, non parce qu'une obsession impulsive se réalise, rce qu'ils sont désespérés par leur maladie et qu'ils se ) sang-froid. M. Nicoulau ^, dans un article intéressant, une femme obsédée par l'idée et la terreur de la mort [irrive à des tentatives de suicide pour échapper à Tanausée par la crainte de la mort. En dehors de ces cas nnels, la réalisation de l'impulsion est chez les malades oupe tout à fait insignifiante.

semble nécessaire d'admettre un troisième groupe comn petit nombre de malades qui semblent exécuter comit ou du moins d'une manière assez grave des actes ort avec leurs obsessions. Ce seront, pour prendre i exemples, les honteux de leur corps qui refusent nt de manger, les dipsomanes, les morphinomanes et des du même genre qui s'intoxiquent réellement.

Revue scientifique, i883, I, p. 2.

s, Leçons sur les maladies mentales, i8{)5, p. 87.

ilau, Thanatophobic et suicide. Ann. mêil. psychoL, 1892, I, p. 189.

LA TENDANCE A L*AGTION. L^AftSENGE D*EXÉGUT10\ 81

On a déjà vu le cas typique de Nadia qui, de peur de grossir, de se développer, ne mangeait plus chaque jour qu*un peu de bouillon, un jaune d'œuf, du thé et du vinaigre. Voici un second cas du même genre : Red..., une jeune fille qui avait toujours été très impressionnable et très scrupuleuse, a, vers i8 ans, une première crise de refus d'aliments. Elle fut examinée h ce moment par MM. Brissaud et Souques * qui publièrent une observation dans la nouvelle Iconographie de la Salpôtrière sous ce titre Délire de maigreur. Elle était en effet d'une maigreur squelettique, elle guérit cependant en ce sens qu'elle consentit rapidement à s'alimenter et reprit ses forces et son embonpoint. Mais à 20 ans le même accident reparut, plutôt plus grave ; elle recommença à refuser de manger et en outre elle s'efforçait de provoquer les vomissements quand elle avait mangé et prit l'habitude de vomir très facilement. La maigreur et la faiblesse redevinrent de nouveau très inquiétantes et elle fut reconduite à la Salpêtrière où j'ai pu étudier cette seconde crise.

Elle était dans un état d'inanition très avancé, très maigre, la peau sèche, rugueuse, froide, la langue sèche et rouge, la respiration rapide, le pouls petit et précipité ; elle avait certainement poussé très loin le refus des aliments et les efforts de vomissement. J'hésite cependant, comme pour Nadia et pour les mêmes raisons à faire de cette malade une anorexique hystérique. Dans toute son histoire, avant et après cet accident, Red... n'a jamais présenté aucun phénomène hystérique; pendant longtemps, avant l'apparition des accidents graves, elle avait conservé le sentiment de la faim ; elle n'a jamais eu de besoin exagéré de mouvement. D'autre part, c'était tout à fait une scrupuleuse : elle avait commencé par se reprocher les oublis de confession, elle avait imaginé de s'astreindre à bien des pratiques superstitieuses et malgré ses efforts elle était sans cesse inquiète et tourmentée. Elle était obsédée par la vue des misères, des maladies, par l'état même de la température : « c'était sa faute s'il y avait tant de malades, c'était sa faute s'il faisait mauvais temps et si les pauvres gens en souffraient. » Dans ces conditions elle avait cru voir un cercle de feu et l'avait interprété en disant qu'elle était damnée. Elle restait obsédée par la pensée que sa damna-

I. Brissaud et Souques, Délire do maigreur. Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, 1896.

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lait indigne de manger. C'est ce qui avait détermière crise de refus d'aliments, à i8 ans. Ce refus

l'hôpital en vertu de ce raisonnement: « ici on me jer, je ne suis donc pas responsable si je le fais. » La e a l'âge de 20 ans se rattachait également au scrulaniëre très nette quoique diflerente : elle était devee d'elle-même, à la suite de toutes les réflexions

elle s'imagina que sa digestion était ridicule, qu'elle des rougeurs au visage et surtout des éructations Ile avait d'autant plus honte de ces choses qu'elle idre après son repas au cours d'un professeur dont ut à fait amoureuse. C'est à ce moment qu'elle se e a ne plus manger et à vomir pour débarrasser l'eslorapidement pour montrer la fréquence du fait le cas omme de 26 ans, As... (102), parvenu lui aussi comme photographie* à un état de maigreur invraisemblable, 'habitude des vomissements provoqués pour des rai- [le genre dépendant de la honte du corps et de Thyans ces cas, l'impulsion semble donc se réaliser d'une re par le refus d'aliments et l'inanition, srvations, je voudrais rattacher un cas plus curieux e amène aussi une malade à faire de grandes sottises, ^session amoureuse de Byl..., cette jeune fille qui la honte d'elle-même, à force de s'imaginer qu'elle ndigne de tenir son rang était devenue amoureuse jardinier de la maison. Ce qui est curieux c'est que le semble avoir suivi l'obsession : elle attend qu'elle our avoir sa liberté, la nuit à l'aide d'une échelle ans la chambre de ce garçon, lui fait sa déclaration, ït lui fait promettre de la demander à ses parents. 1 elle raconte son équipée à ses parents et avec un »rmidable s'obstine dans son projet de mariage. Ne considérer de nouveau ce cas comme une exécution d'une obsession scrupuleuse? Ces faits nous montrent se des précédents que dans certains cas qui ne sont ', ces impulsions présentent une certaine force suflîîterminer des actes réels, je ne crois pas que l'on puisse d'après ces seuls

me de cet ouvrage, observalion lou.

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