‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 33 sur 288 · LA TENDANCE A L'ACTION. L'ABSENCE D'EXÉCUTION · texte numérisé non relu

LA TENDANCE A L'ACTION. L'ABSENCE D'EXÉCUTION

exemples rapprocher ces obsessions des suggestions ou des impulsions hystériques qui s'exécutent automatiquement. L'exécution quoiqu'avancée n'est pas en réalité complète, ces malades ne refusent pas tout à fait de manger, elles réduisent seulement d'une manière énorme leur alimentation. Byl..., dans la chambre du cocher, se borne à se laisser embrasser, mais en somme ne lui cède pas. Une fois guérie, elle nous avoue qu'elle n'était pas bien certaine d'aller jusqu'au bout de ce mariage et qu'elle aurait été bien embarrassée si ses parents n'avaient pas résisté. Une deuxième remarque nous montre que ces malades qui refusent de manger vont en somme plus loin qu'elles ne croient aller. Ce sont des jeunes gens très ignorants des notions d'hygiène qui ne se rendent pas compte du danger de leur alimentation insuffisante. Nadia m'assure qu'elle n'avait jamais eu l'intention de mourir de faim et qu'elle aurait cessé si elle avait cru sa vie en danger. Ces malades qui, nous le verrons, ne peuvent arriver à croire ne sont pas convaincus par les affirmations de leur entourage, ils se comportent un peu comme les obsédés dont nous venons de parler qui se suicident réellement, quand ils croient ne faire qu'un simulacre. Ajoutons qu'une fois entrés dans cette voie ils présentent des troubles de l'estomac et peut-être des délires par inanition qui changent le caractère de la maladie. Je ne crois donc pas que ces cas évidemment plus embarrassants doivent changer notre conception primitive, sur le peu de puissance de ces impulsions.

Il reste encore des obscurités dans ce problème difficile : certaines obsessions impulsives semblent avoir le singulier privilège de passer à l'acte beaucoup plus régulièrement que les autres. Je citerai par exemple la morphinomanie et la dipsomanie. Je me demande si l'absorption du poison ne change pas les conditions dans lesquelles se développe l'obsession. Après les premiers verres l'état mental du scrupuleux d'ordinaire indécis, hésitant, incapable d'aller jusqu'au bout de rien est changé. Le fait est évident, et l'on connaît ces éreutophobes qui ont besoin de se griser pour pouvoir affronter les regards. On sait aussi que la morphine laisse dans l'organisme des substances capables de provoquer le besoin intense du poison primitif : il se peut que ces modifications de l'organisme entrent pour une certaine part dans la réalisation anormale de ces impulsions.

LES infiKS OHSF.DANTES

peut citer des cas dans lesquels des obsédés ont véritables crimes, je n'en ai pas observé pour ma [)ici une curieuse observation de M. Vallon: un indldepuis longtemps par Tidée de tuer une fille publi-

tirer sur une femme plusieurs coups de revolver '. 'empêcher de douter dans ces cas de l'exactitude du

me semble probable que d'autres facteurs: épilepsie, ifTaiblissèment intellectuel, imbécilité ont dû interdifier le pronostic habituel des obsessions. C'est )inion déjà défendue dans le rapport de MM. Pitres

dans la thèse de M. Le Groignac sur les im-

fois que j'aî eu l'occasion d'examiner un malade é à ce genre d'obsessions, j'ai dû constater que ce i obsédé typique se rattachant aux psychasthéniques dans cet ouvrage mais qu'il s'agissait d'une autre laie. Voici par exemple un personnage célèbre, le ., qui a été étudié par Chambard, par Luys, par bien li a échoué pendant quelque temps à la Salpêtrière. inombrables obsessions, il a maintenant celle des ux ». II lui faut couper les petits frisons des femmes ou les poils du pubis, et quand il les a dans sa arrive à l'éjaculation. Cette impulsion est vraiment il fait irrésistible, il devient,. comme il le dit, somempare réellement des « petits cheveux » malgré les langers.

i et d'autres du même genre l'impulsion se réalise t d'une manière irrésistible. C'est à mon avis que le ologique n'est plus du tout le même et que la marente. Mau... a une anesthésie tactile générale, un t du champ visuel à 3o°, il a des somnambulismes, ivies d'amnésie, etc. Kn un mot c'est un hystérique, ns dans le mécanisme de la suggestion et de l'idée le. Il faut savoir que ces. maladies mentales ne sont ées par le contenu de l'obsession mais par la forme 3 qu'elle prennent. Une hystérique peut être éroto-

été médico-psychologique, 28 avril iSgS.

gis, op. cit., 1897, p- ^i-

;, Des impulsions et en particulier des obsessions impulsives. Thhsc de

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