CHAPITRE I LES IDÉES OBSÉDANTES
Le premier phénomène qui se présente à l'examen chez les plus graves de ces malades semble être un phénomène intellectuel de Tordre le plus élevé, une idée et souvent une idée assez abstraite et assez compliquée. Ces idées se distinguent en effet des autres phénomènes psychologique par leur caractère abstrait et général: ce ne sont pas des sentiments ou des opérations uniquement en rapport avec un état présent et particulier du sujet, ce sont des conceptions qui s'appliquent d'une manière générale à toute une période de la vie ou à la vie tout entière. L'angoisse déterminée par la peur d'un couteau est un sentiment particulier. La pensée que Ton est un criminel capable de tuer à coup de couteau est une idée générale. Dans ce premier chapitre je n'examinerai que les idées de ce genre.
Ces idées se reproduisent dans l'esprit du malade, ainsi qu'il l'affirme tout d'abord, malgré lui, d'une manière continuelle et pénible. Cette permanence de l'idée n'est pas justifiée par son importance et son utilité pratique; aussi l'absence d'utilité. par rapport à la vie pratique distingue ces idées de celles du savant et de l'inventeur et lui donne déjà un caractère pathologique '. Des idées de ce genre sont désignées sous le nom d'idées obsédantes.
Dans nos précédentes études sur des malades atteints d'idées fixes, nous avions remarqué que l'objet de ces idées, leur contenu^ n'avait pas une extrême importance. Les phénomènes les plus importants pour déterminer la nature de l'idée et son mécanisme étaient constitués par ce que l'on peut appeler la forme de Vidée, c'est-à-dire les caractères psychologiques qu'elles présen-
I. Blocq el Onanof, Revue scientifique, 1890. — Këraval, L'Idée fixe. Archives de neurologie, 1899, II, p. 6.
LES IDÉES OBSÉDANTES
t dans leur évolution. L'idée était-elle consciente, clairement mue comme fausse par le malade, était-elle impulsive, systémaou non, etc. ? Telles étaient les questions les plus importantes, t au contenu de Tidée, que le malade rêvât à un incendie ou à etit chien écrasé par un tramway, cela n'avait qu'une imporsecondaire.
contraire, les obsessions exprimées par les malades scrupuque nous considérons maintenant, se présentent au premier l comme si étranges que leur contenu mérite tout d'abord rer notre attention, car il joue un rôle important dans Tévo- 1 de la maladie.
me propose donc, dans ce chapitre, d'étudier d'abord le riu des idées obsédantes y l'objet de la pensée qui remplit it du malade. Puis, dans la deuxième partie de ce chapitre, ninerai la forme psychologique que prend cette idée, c'est- 3 les caractères psychologiques qui la déterminent et qui lent la distinguer des autres idées normales.