INTRODUCTION XI
de ces malades ont été étudiés en dehors de Thôpital. Il est intéressant de remarquer déjà que cette catégorie de malades se rencontre un peu plus souvent dans la clientèle de la ville que dans celle de Tbôpital, car, ainsi qu'on le verra, un certain degré de culture intellectuelle joue un rôle dans son développement.
Je n'essaierai pas de résumer ici toutes ces observations ; il suffit d'indiquer sur leur ensemble quelques remarques générales. Sur ces 325 malades, je compte a3o femmes et 96 hommes, la plus grande fréquence de la maladie, dans le sexe féminin, est donc bien manifeste. La plupart de ces malades ont de 20 à 4o ans ; c'est à cette période de la vie que la maladie prend un plus grand développement ; 6 de ces sujets sont au-dessous de 16 ans et nous permettent d'assister aux premiers symptômes du trouble mental, tandis que 9 malades qui ont dépassé 60 ans nous en présentent les formes ultimes.
Ne pouvant décrire avec précision tous ces malades, j'en choisirai quelques-uns qui présentent les phénomènes de la façon la plus précise et la plus intéressante et qui, d'ailleurs, ont été étudiés avec plus de soin pendant de longues périodes et je grouperai les autres cas autour de ces observations prises comme types. Les malades sur lesquels j'insisterai le plus sont surtout les cinq suivants : Claire (Obs. 222)*, est une jeune fille actuellement âgée de 28 ans, que j'ai étudiée et traitée depuis 9 ans. Cela prouve que la maladie ne se guérit pas aisément, puisque cette jeune fille est encore au moins une anormale, décidée à ne pas se marier et dont on ne peut blâmer la résolution. Elle habite la province et vient de temps en temps passer plusieurs mois à Paris, c'est à ces moments que je la vois régulièrement. Ces alternatives entre les périodes de traitement et les périodes d'interruption déterminent des alternatives intéressantes dans l'évolution de la maladie qui nous fourniront quelques constata-
t. Il est impossible de donner ici d une façon complète toutes ces observations, je dois me borner à indiquer d'une façon sommaire les faits présentés par chaque malade et qui ont un intérêt pour la discussion générale. Cependant comme ces observations présentent un certain intérôt, comme elles contiennent certains renseignements utiles, les antécédents héréditaires ou personnels, la durée et révolution de la maladie, les résultats du traitement, etc., je compte les résumer dans le second volume de cet ouvrage que je publierai, je 1 espère, prochainement en collaboration avec M. le P' Rajmond. C'est pourquoi le nom conventionnel ou les lettres qui désignent un malade seront suivis dans cet ouvrage d'un numéro d'ordre qui permettra de retrouver son observation dans le second volume.
lions intéressantes. Lise (Obs. 228), pour lui conserver le nom s lequel je Tai déjà signalée dans diverses études, est une me deSo ans, que je suis régulièrement à peu près sans interlion depuis 5 ans. Sa maladie, très grave au début, a pu être ïndée peu à peu ; c'est une femme intelligente, instruite, able de bien observer. Jean (Obs. 167) est un homme de 3i ans, t la maladie mentale, mélange de scrupule et d'hypocondrie, des plus graves, et quoique je l'observe depuis un an, je espère de l'améliorer autant que les malades précédentes, lia (Obs. 166), ce pseudonyme a été choisi par la malade ellene, est une jeune fille de 28 ans, que j'observe également uis plus de 6 ans et qui est particulièrement bien connue, ^qu'elle a l'habitude, rare chez les scrupuleux, de m'écrire de ^ues lettres, où elle note, avec de grands détails, beaucoup icidentsde sa maladie. Gisèle (obs, 171) est une femme de 3o , remarquable par son aptitude à l'analyse psychologique et
ses descriptions imagées, qu'elle consent souvent à écrire une la précédente et qui m'ont souvent rendu service. Autant
possible, ces cinq malades seront cités de préférence, et les res, moins étudiés, leur seront comparés.