LA TENDANCE A LA CROYANCE ET LA CRITIQUE DE L'OBSESSION
lions : « Je trouve ces idées ridicules, je les méprise moi-même, je voudrais tellement être en dehors de ces petites misères qui me tourmentent tellement, je ne pourrais donc jamais renvoyer ces idées que je déteste, c'est mon destin qui le veut ainsi. Il est encore bien plus triste de savoir ce que valent toutes ces belles idées et de ne pouvoir m'en débarrasser, tout en reconnaissant combien elles sont sottes ». Jean lui-même ne peut pas s'empêcher de se trouver ridicule: « l'odieux, l'absurde, le ridicule d'une maladie comme celle-là, dit-il souvent, est inqualifiable ». « Le second homme qui est en moi, ditRk..., ^e moque terriblement de moi et de mes sottises. »
Après ces constatations, il faut cependant faire des réserves qui ne sont pas toujours suffisamment faites quand on parle de la conscience de ces obsessions. 11 ne faut pas aller jusqu'à dire que ces malades ne croient pas du tout à la réalité de leurs obsessions. S'il en était ainsi, ils n'auraient aucune souffrance, aucune maladie.
Quand sur un point particulier, on peut les amener à mieux comprendre l'absurdité de leur idée, ils en sont pour un temps plus ou moins long débarrassés. Par exemple, j'explique à Lise avec beaucoup de peine que les enfants ne sont pas responsables des fautes des parents, elle finit par reconnaître qu'elle a compris et que j'ai raison; k la suite de cette démonstration, pendant plusieurs mois, elle renonce à vouer ses enfants au diable. Cet heureux effet d'une explication montre bien que ces malades n'avaient pas sur ce point des idées bien claires et qu'ils accordaient une certaine croyance à leurs obsessions tout en ayant l'air de les tourner en ridicule.
D'ailleurs, avec un peu de patience, on finit par leur faire avouer ce sentiment. Lise reconnaît parfaitement qu'il y a dans ses idées religieuses sur le diable un fond mystérieux dont elle ne comprend pas bien l'absurdité ; elle comprend mal ce qu'on lui dit sur le démon, ou ne le comprend qu'un Instant. Jean ou Claire veulent bien déclarer eux-mêmes que leur maladie est ridicule, mais ils n'admettent pas qu'on le leur déclare. Si on insiste sur la négation de leurs idées, ils se tournent du côté de l'affirmative et recommencent à nous présenter ces débuts d^actes et d'images hallucinatoires qui ont été décrits. Il faudrait à ce propos revenir sur tous les caractères positifs de l'obsession, car ceux-ci nous
LES IDÉES OBSÉDANTES
ni bien que l'idée absurde a bien une certaine réalité, une e puissance dans Tesprit des malades et par conséquent as sans une certaine croyance.
ment se mêlent alors et se juxtaposent cette critique qui aller jusqu'au défaut de croyance, à la négation et cette 2e à Faction, à la représentation qui forme une croyance ? 1 on peut dire que les deux phénomènes n'existent pas nément. La croyance n'existerait que dans les périodes de la critique dans les périodes de lucidité. Cela est vrai en 5t il y a des moments de crise que nous étudierons plus îment ou la croyance est certainement plus grande. Mais ois pas que la différence entre la crise et l'état de lucidité lais tranchée comme elle l'est chez les hystériques. Ces 5 n'arrivent jamais ni a croire complètement, ni à nier tement, leur délire. Ils restent dans un état intermédiaire de contradictions ; ils reconnaissent que leur idée n'est forme à l'opinion générale et qu'il ne faut pas l'exprimer lie devant des gens « peu au courant de leur situation », ent bien être malades sur un point mais pas sur tous et le iivent ils oscillent suivant les différents moments du temps, îstent donc dans un état de doute extrêmement pénible )us trouvons un type dans le cas de Je... Cette femme de [i une attitude humble, inquiète et cependant agitée. «Je ne us rien faire depuis 3 mois, je n'ai plus de goût à rien, je pas, je ne peux plus m'habiller, c'est à cause de ce malic bonnet. J'ai volé le bonnet d'une de mes voisines... Mais que non, je sais bien que je ne l'ai pas volé, j'en suis de... Je crois l'avoir volé pas pour le garder, mais pour le ins le feu... Mais il y a une grille autour du poêle et je pas la clé pour l'ouvrir... etc.». Elle reste dans l'hésitation e. Cet état de doute se rattache d'ailleurs très bien aux écédemment étudiés : la croyance résulte de ce fait que titièrement développée a atteint l'action et la perception : croyance fait agir et fait voir. Ces deux grands caractères 'oyance étant absents il est tout naturel que le sujet n'y ne pas.
voulu faire une maladie spéciale de ce doute sous le nom e du doute (Legrand du Saulle), puis on en a fait une jn' spéciale (Arnaud). Je crois que le doute n'est pas une