LA TENDANCE A LA CROYANCE ET LA CRITIQUE DE L'OBSESSION
nalîté et devenir sujet anglais, h ce propos il çoil apparaître un lion qui lui met les pattes sur les épaules. [1 remarque lui-même qu'il n'a pas été effrayé comme il l'aurait été par un lion véritable, il comprenait bien que c'était un emblème national anglais. Nos malades comprennent de même que ces prétendues images ne sont que des emblèmes, des symboles pour résumer de longues méditations et rendre en quelque sorte l'idée plastique, ils ne" les prennent pas pour des réalités comme feraient les vrais hallucinés.
Nous pouvons donc répondre d'une manière plus complète au problème posé au début de ce paragraphe. Si nous laissons de côté les obsédés hystériques qui ont des hallucinations incontestables, les scrupuleux peuvent-ils présenter ce phénomène ? Ils présentent sans doute une certaine apparence d'hallucination, les pseudo-hallucinations ou les hallucinations symboliques, mais M. Falret avait raison de faire observer qu'ils ne présentent pas l'hallucination proprement dite.
Ici encore nous voyons une tendance vers la représentation hallucinatoire qui n'aboutit pas complètement. Le sujet semble pousser la représentation aussi loin que possible. Il s'entête avoir apparaître l'image extérieure et réelle, il la cherche, mais il ne la voit pas réellement, c'est encore une sorte de manie de l* hallucination plus que l'hallucination réelle.
4. — La tendance à la croyance et la critique de l'obsession.
Si Tobsession est loin de se réaliser complètement, si les hallucinations qui l'accompagnent quelquefois sont loin d'être complètes, le malade accepte-t-il au moins comme une croyance les idées qu'il vient d'exprimer? Il est facile de constater que ce nouveau caractère n'est pas plus complet que les précédents. On constate en eflet presque toujours très facilement que le malade est le premier à mettre en doute les sacrilèges, les accusations dont il semble si préoccupé.
Ce caractère se manifeste déjà par des traits de la conduite des malades. On les voit venir spontanément, seuls, chez le médecin
oc LÈS IDÉES OBSÉDANTES
et chez le médecin aliéniste ; ils demandent à être soignés à cause de certaines idées qu'ils désignent. Ils savent donc très bien qu'ils ont des idées fausses et ils savent quelles sont ces idées fausses ; car jamais ils ne parleront des autres au médecin. D'autre part, il est facile de remarquer qu'en présence des étrangers ils savent admirablement dissimuler ces mêmes idées, ce qu'ils ne feraient évidemment pas, s'ils les croyaient exactes. Claire qui s'accuse de tout avec un tel désespoir, qui se roule par terre en gémissant, se relève dès qu'elle entend sonner à la porte, rajuste bien vite sa toilette, se montre correcte et même gaie avec les personnes étrangères qui viennent d'entrer pendant une de ses crises : elle accepte même des compliments sur sa conduite. Lise, dans son salon, ne laisserait jamais soupçonner ce qu'elle pense : bien mieux, elle joue une sorte de comédie, car elle affecte de se moquer des gens superstitieux et il parait que bien des personnes trouvent qu'elle verse avec exagération dans le camp des libres penseurs. Rob... s'accuse de ne pas rendre exactement la monnaie aux clients qui se présentent à la caisse. On lui a proposé cent fois, quand elle est dans une grande crise, d'envoyer un employé à l'adresse du client pour vérifier le compte, et lui offrir une réparation ; elle n'a jamais voulu accepter. N'est-ce pas une preuve manifeste qu'elle sait bien au fond avoir fait un compte exact ?
Les déclarations des malades sont d'ailleurs en parfait accord avec ces observations relatives à leur conduite. Ces personnes n'hésiteront pas à vous dire : « Je sais très bien que je n'ai fait aucun mal, il est inutile d'interroger personne pour vérifier ». Lod... ou Claire qui se déclarent des misérables plus coupables que les plus grands criminels ne peuvent, si on insiste, découvrir une faute précise à avouer, et elles finissent par se fâcher 'si j'examine devant elles les fautes qu'une jeune fille peut commettre en leur demandant sérieusement si elles les ont commises. « Si une personne, disait Lise, me racontait la moitié des choses que je viens vous dire, je la croirais complètement folle. » Un détail fort curieux chez elle, c'est qu'elle a une sœur moins âgée qui commence exactement le même délire. Lise, le reconnaît parfaitement, elle suit avec chagrin la marche de la maladie mentale chez sa sœur : « Dieu que ma sœur est bête de penser les mêmes sottises que moi. »
Nadia répète sans cesse nu milieu de ses plus grandes agita-