DÉVELOPPEMENT INCOMPLET DE L*IDÉE OBSÉDANTE
J'ai essayé souvent de résumer ces caractères essentiels de la suggestion hystérique par la notion du développement des idées. Une idée, en effet, peut être considérée comme un ensemble, un système d'images empruntées à divers sens *, ayant chacune des propriétés spéciales et diversement coordonnées les unes avec les autres. La pensée d'un bouquet de roses ou la pensée d'un chat, de même que la pensée d'assassiner ou de donner ses enfants au diable est toujours au fond un système de ce genre plus ou moins compliqué. Ce qui donne aux idées des aspects très particuliers et distincts les uns des autres, c'est le degré de développement que peut présenter ce système. Le plus souvent ces systèmes se reproduisent dans notre esprit d'une façon tout h fait spéciale ou abrégée, par exemple l'image sonore ou kinesthésique du mot fleuron du mot chat 'se reproduira seule ou h peu près et suffira pour représenter tout le système complexe dont elle n'est qu'un petit élément. L'effort de la pensée consiste dans ce cas non à développer l'idée de fleur ou l'idée de chat mais à adapter, à coordonner cette image rapide avec les sensations nouvelles et actuelles de manière à constituer et à développer jusqu'au bout d'autres systèmes d'images dont les premiers ne sont que des éléments.
Au contraire, une idée peut se développer complètement lorsque tout le système d'images qu'elle contient en puissance se réalise complètement, que les diverses images apparaissent simultanément ou à la suite les unes des autres en conservant leur coordination. En effet, ces images sont rattachées les unes aux autres de telle sorte que la présence de l'une d'entre elles suffit pour évoquer les autres dans un ordre déterminé. Chaque image entraîne avec elle les conséquences physiologiques ou psychologiques qui en dépendent, les unes déterminant des mouvements des muscles, les autres des mouvements des organes sensoriels, les autres des modifications vasculaires et des états d'émotion. Il est facile de constater que toutes les idées qui parviennent à cette seconde forme de développement complet envahissent complètement l'esprit du sujet et sont accompagnées de conviction profonde. Au contraire les idées qui en restent a la première forme sont vagues, n'occupent
I. Aulomalisnie psychologique, 1889, p. 2*^- Accidents mentaux des hystériques, 1893, p. a3 ; Névroses et Idées fixes, 1898, I, 163.
LES IDÉES OBSÉDANTES
>etite partie de l'esprit et peuvent n'être accompagnées ; croyance.
it très bien par les expériences de suggestion le passage de la première forme à la seconde quand dans Tcsprit du lée se développe, c'est-à-dire déroule tous les cléments ontenait implicitement grâce à l'éducation antérieure et plus en plus à se compléter. Le sujet passe de l'idée ! à l'idée concrète qui lui paraît de plus en plus réelle et e il accorde le plus en plus de croyance, crivant la manière dont se présentait l'idée fixe du choléra tine j'ai pu montrer que c'était grâce au développement le tous les éléments contenus dans cette idée qu'elle prendre cette puissance énorme de conviction et setransen une réalité incontestable. En un mot toutes ces études s brièvement résumées nous amènent à penser que la m est en rapport avec le développement que les idées t actuellement et qu'au contraire le défaut de croyance apport avec un développement tout a fait incomplet de es idées.
discuter complètement la question de la nature de la ne pouvons nous pas appliquer à nos malades scru- ; résultat de ces anciennes études, ne pouvonis-nous pas lier que leurs obsessions n'entraînent pas la convic- :e que ce sont des idées à développement très incomplet, tte did'érence capitale justement remarquée depuis 3s qui a donné lieu à la distinction importante entre les es admises complètement par l'esprit du malade et les is qui restent toujours incomplètes et qui n'entraînent pas lion.
e que nous venons de faire ne nous montre-t-elle pas )oint de vue l'obsession des scrupuleux ne présente pas forme que celle des hystériques. L'apparitionde l'idée est ) moins nette : l'association des idées qui l'amène est beaus large et plus vague. Kllc n'est pas due au déclenchement que d'un ressort, mais à une recherche du sujet. L'exécurès loin d'être complète et les actes quand ils existent ne l'bauchés. L'hallucination n'est qu'apparente et la repréi ne se complète pas assez pour prendre le caractère de ictérieure. Nous pouvons résumer ces caractères en un