Les manies arithmétiques
des chiffres, V ariihmo manie ^ nous paraît mériter par ince clinique et par sa fréquence de former un groupe qu'elle soit en réalité une variété de la manie de préîdente : le besoin de précision fait que les malades se î passion pour les idées qui ont la réputation d*ètre ment précises, les idées mathématiques ou plutôt les s d'entre elles, les nombres.
d'abord chez eux une prédilection pour tout ce qui ) chiffres. Jean semble avoir une mémoire extraordinaire [es personnes, leur date de naissance, la date de tous mts de l'histoire contemporaine et de sa propre hisubliera jamais en vous racontant son histoire de vous de sa première masturbation et la date de la dernière, 3ur où pour la première fois je l'ai forcé a uriner cont. On cite souvent des cas de mémoire extraordinaire lividus qui récitent les actes de naissance et de mort de mmes de la commune ou qui récitent l'horaire du fer. On a tort, à mon avis, de ne considérer en eux noire et de les décrire uniquement comme des hyes. Si l'on remarquait que ce sont des scrupuleux, manie de diriger toute leur attention sur ce point et )rennent en réalité rien cPautre, on trouverait icette oins merveilleuse.
seconde forme les malades accordent une grande imîertains nombres déterminés : Lise donne sa préférence js 2, 3, 4> 376, qui représentent telle ou telle de ses antcs. Jean déteste les nombres 6, i4, 20, prononcés tle, 22, date du jour où la femme de chambre l'a l'Age de Charlotte, 53, date de sa naissance, etc. uis longtemps signalé le besoin de compter. M. Girésenlé à la société d'anatomie et de physiologie de în 1897, uiï jeune homme de 27 ans qui depuis l'Age )mpte toutes les lettres contenues dans les phrases qu'il dit, qu'il écrit ou qu'il entend, sans que ce tralénal soit cependant une gêne ou une fatigue pour lui * :
s, Revue scientifique, 1897, 1, 4/3.
le dernier point serait à vérifier. On connaît le malade célèbre de Legrand du SauUe qui en entrant chez le médecin lui demandait la permission de compter d'abord les boutons de son gilet. Jean n'a-t-il pas imaginé de compter le nombre de lettres qui dans Talphabet séparent les différentes lettres d'un mot : le mot « mère » est pour lui 7, 12, 12 ; car entre M et E il y a 7 lettres et 12 entre R et E. Zo... se croit obligée de compter toutes les épingles qui sont dans la maison afin de vérifier si elle» n'en met pas dans la soupe.
Enfin dans des cas plus complexes les malades ont besoin de compter jusqu'à des nombres déterminés : Ser... et F... exigent que chaque question leur soit répétée trois fois avant qu'elles daignent répondre. Mw..., jeune fille de 28 ans, compte malgré elle le nombre de doigts avec lequel elle touche un objet : pour rien au monde elle ne voudrait toucher un objet avec 7 doigts à la fois, aussi pour l'éviter prend-elle la résolution de ne rien toucher qu'avec une seule main. Rien n'y fait, elle a touché l'objet complètement avec trois doigts et légèrement avec le quatrième, cela fait 3 doigts 1/2 et elle pense forcément que si elle avait mis les deux mains cela ferait 81/2X2 c'est-à-dire 7. Jean compte ainsi une foule de choses, le nombre de fois qu'il avale sa salive, les battements de son cœur; il compte par 4 et par multiples de tu " un, deux, trois, quatre, il faut que je les compte sans quoi j'étoufferais et je ne pouvais pas m'arrêter avant quatre ; cinq, six, sept, vous savez qu'on ne peut pas s'arrêter à sept ; huit, j'ai été obligé d'aller jusqu'à huit. Si l'excitation était très forte, il faudrait encore une série de quatre. Quelquefois il faut aller jusqu'à 32, 64»* Je remarque en passant que ce compte des battements du cœur est tout à fait imaginaire : j'ai essayé une fois de compter moi-même son pouls pendant qu'il comptait à sa façon les battements du cœur, nos comptes étaient absolument discordants. Il compte ainsi toutes sortes d'actions bizarres que nohs retrouverons à propos de la lutte contre les obsessions et à propos de la manie de compensation. Un autre malade Vy... me disait naïvement qu'il avait besoin de compter pour se raccrocher à quelque chose. Je crois que ce malade a raison, l'arithmomanie n'est pas une obsession spéciale, une idée fixe isolée, c'est une manie mentale, une sorte de besoin pathologique de précision qui peut s'appliquer à toutes les obsessions, et même à des idées quelconques.
120 LES AGITATrONS FORCÉES