Raggi, Archivio italiano per la malaltie nervose
m jeune homme de 20 ans qui, par instants, ne pouvait ouvrir bouche sans être forcé de faire les raisonnements les plus abrdes et souvent même de dire tout le contraire de ce qu'il rait voulu. M. Séglas, qui cite ce cas, ajoute plusieurs obser- Lïons du môme genre ^ « Ce qui le peine le plus, dit son maie, c'est qu'il lui arrive par moments de se contredire lui-même au moment où il veut exprimer une idée de dire tout le conire de ce qu'il veut. » MM. Pitres et Régis ^ donnent plusieurs amples curieux de ce phénomène. « C'est, disent-ils, la manie isphématoire de Verga. » Dans la prière on voit « maudit » au u de « bénit », « enfer » au lieu de « ciel », «Wilde Sau (sanglier ivage) » au lieu de « Liebe Frau (notre Dame) » au lieu de «je js ai au cœur» elle pense «je vous ai au cul » au lieu de « mon eu je n'adore que vous » elle pense « j'adore ça » et elle croit r un derrière ». On observe facilement des faits semblables : nyan pense a adorer un balai, une ordure quand il veut prier 3u, Claire, Vy... et bien d'autres pensent h se masturber quand es veulent préparer une confession et Qi... (11 3) se sent forcée ppeler « cochon » les gens qu'elle respecte le plus. Les auteurs qui rappellent de tels faits les rattachent volontiers [uelque loi profonde de l'esprit. M. de Sanctis, dans un article éressant, parle de l'association par contraste qu'il explique ainsi : Jn certain exercice forcé de l'attention inhibe et éloigne l'image ^quelle il s'applique et favorise l'opposition et la victoire de l'as- ;iation par contraste '%). 11 y a beaucoup de vérité dans cette narque que je reprendrai plus tard, mais il ne faut pas oublier B les phénomènes de contraste présentés par les scrupuleux ne it pas toujours des phénomènes primitifs, spontanés, ce it des phénomènes voulus, cherchés par le malade, c'est bien ivent une manie de précision, de comparaison, d'opposition réme qui le pousse à chercher ce terme qui fait si bien itraste.
Z'est aussi de la même manière que je comprendrai les assolions d'idées extravagantes que présentent certains malades et semblent jouer un rôle énorme dans la reproduction des
, Sérias, Leçons cliniques sur les maladies nerveuses et menlaleSt 1895, p. 129. , Pitres et Régis, op. cit., p. 45.
S. de Sanclis, Venomeni <li conlraslo in psirolofjia. Rome, 1895.
obssesîons. J'en al déjà cité beaucoup à ce propos, en voici encore une. Jean trouve de l'obscénité dans la durée de trois quarts d'heure ; une visite de trois quarts d'heure serait obscène parce qu'il a appris qu'un personnage est resté trois quarts d'heure avec une femme avant de mourir. Ce sont là à mon avis des manies mentales d'association et non de véritables associations irréfléchies et ces manies d'association ne sont que des conséquences des manies de la précision.
La manie de propreté se présente fréquemment, nous la retrouverons dans bien des cas, en particulier à propos des phobies, mais elle se rattache aussi à ce besoin de faire les choses avec netteté, avec précision. Vk... se lave les mains indéfiniment, sans crainte précise de souillure, simplement parce que « les mains mal lavées, c'est du désordre ».
La micromanie mérite qu'on s'y arrête : il est évident que beaucoup de ces malades accordent plus d'importance à ce qui est petit qu'à ce qui est grand. Chu..., femme de 36 ans, recherche avec anxiété les « petites miettes de graisse, les miettes de saleté» mais ne s'occupe pas w des grandes saletés ». Bow... a peur « des petits bruits » non des grands. « Un coup de canon ne me fait rien, mais j'ai envie de tuer les gens qui mâchent, qui se curent les dents, qui toussent... » M. Stadelmann de Wurzbourg* rapporte une jolie observation d'un homme de 3o ans, préoccupé depuis la puberté par la préoccupation de ce que deviendront dans l'avenir divers objets insignifiants, une mouche qui vole, une allumette éteinte, la cendre d'un cigare, les taches de bougie tombées à terre, etc. M. Farez rapporte aussi des obsessions et des dégoûts pour des très petits objets, bouts d'allumettes, taches de bougie^. 11 est inutile d'insister sur l'importance que ces malades attachent aux « petits microbes ». Dans cette préoccupation de ce qui est petit entre évidemment la manie de l'attention et de la précision.
1. Stadelmann (Wurzbourg), Traitement psychique. Société d'hypnologie el de l^ychologie, 20 mars 1900.
2. P. Farcz, Cas de phobie consciente. Société d'hypnologie et de psychologie, 30 mars 1900.
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