‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 69 sur 288 · Névroses et Idées fixes, II, p · texte numérisé non relu

Névroses et Idées fixes, II, p

montrer indiscret et de laisser échapper le secret du confes- {\y en était venu h ne plus pouvoir desserrer les dents et se mettre un bouchon dans la bouche pour pouvoir faire un n. M. Meige étudie aussi à ce propos une observation de ir tout à fait remarquable qui pour arrêter un mouvement n épaule prend une attitude permanente et tient son bras au corps, appuyé sur Tépigastre.

second caractère du tic également bien mis en lumière par part de ces auteurs c'est que le tic est un acte inopporturiy }estif, « Le tic, disait Charcot, n'est que la caricature d'un l'un geste naturel... le mouvement complexe du tic n'est )surde en soi, il est absurde, illogique parce qu'il s'opère le propos sans motif apparent *. »« Le tic, disait M. Noir ion étude intéressante, est la reproduction habituelle mais lestii^e d'un geste... '» et M. Gui non disait aussi: « le tic est îuvement convulsif, habituel et conscient résultant de la iction involontaire d'un ou de plusieurs muscles du corps et luisant le plus souvent, mais d'une façon intempestive lie geste réflexe ou automatique de la vie habituelle. » outerai dans le même sens que, si le tic est un acte, il ne as cependant oublier que c'est un acte stérile qui ne produit [1 est évident qu'il ne produit rien d'utile, mais je crois que 3Ut même dire dans le plus grand nombre des cas qu'il même pas capable de faire du mal. Ce qui nuit au sujet e fait d'être un tiqueur, c'est l'ensemble des phénomènes, oubles qui accompagnent le tic. Mais l'acte lui-même qui tic, le mouvement de la tête, le torticolis, le clignement Hix, la grimace de la bouche ne font pas grand mal. J'ai une jeune fille qui avait le singulier tic de tomber brusivki à genoux tous les dix pas dans la rue aussi bien que la chambre^, et j'ai remarqué avec étonncment que dans ces uillements brusques elle ne se fait jamais de mal aux X. Cette inefficacité du tic est intéressante, elle est à râper de rinutilité complète des manies mentales et devra

fiarcot, Leçons du mardi, 1888-89, p. /|64. Noir, Etude sur les tirs chez les imbéciles et chez les dégénérés, 1893. évroses et Idées fixes, 11, 893.

être rappelée quand nous étudierons les troubles de la volonté qui déterminent ces agitations stériles.

Cette impuissance du tic se rattache à un autre caractère qu'il ne faut pas oublier quand on insiste sur le rapprochement du tic et de l'acte. Si on laisse de côté les hystériques qui ont des tics un peu particuliers et chez qui la reproduction de Tacte peut être plus complète, chez les psychasthéniques qui sont les vrais tiqueurs, le tic n'est pas un acte complet.

Quand As... a la singulière habitude de se faire vomir après chaque repas en s'introduisant deux doigts au fond de la bouche, tout en trouvant lui-même que l'acte est inopportun, absurde et dangereux, on ne peut pas dire qu'il a un tic. C'est une impulsion en rapport avec des obsessions de honte du corps et d'hypocondrie. Il n'y aura tic qu'au moment où l'acte se sera peu h peu simplifié et quand As... n'a plus que quelques spasmes, quelques régurgitations, quelques rots après chaque repas. Il faut conserver, je crois, dans la notion du tic l'idée ancienne de Trousseau que le tic est un petit mouvement incomplet, d'autant plus que ce caractère d'être incomplet n'est pas sans importance chez les scrupuleux. Leur micromanie, leur manie de la précision, du symbole, les prédispose à rechercher ces petits mouvements incomplets. Si le tic est ainsi un mouvement incomplet, il peut se réduire à très peu de chose, devenir un mouvement des plus simples dans lequel la systématisation toujours fondamentale au. début devient de moins en moins visible. Ser... lève continuellement la main droite afin de toucher sa boucle d'oreille et de vérifier si elle ne l'a pas perdue. Ici le mouvement est très bien systématisé, mais peu à peu il se réduit et elle n'a plus qu'une secousse de l'index qui se lève brusquement. Ce petit mouvement est encore bien un tic par ses origines et par l'état mental qui Taccompagne, mais si on le considérait isolément il serait difficile d'y voir une systématisation bien nette.

C'est en considérant des cas de ce genre que M. Bourdin* en -vient à contester la systématisation du tic et à nier qu'il reproduise des actes. Les mouvements du tic sont, à son avis, beaucoup trop simples et trop bizarres. Cet auteur en vient jusqu'à rattacher les tics, au moins les tics simples à une lésion fonctionnelle de

I. Bourdin, L'impulsion spécialement dans ses rapports avec le crime. Thèse de Paris, iSg^i p. 55.

LES OBSR88I02<8 . I. — II

LES AGITATIONS FORGÉES

elle qui se traduit par des décharges motrices. Une semblable r serait impossible si Ton remontait à l'origine du mouveet si Ton remarquait que ce qui caractérise surtout le est le trouble mental qui le détermine et qui, pendant très emps si ce n'est toujours, continue à Taccompagner.

Brissaud avait déjà remarqué que la systématisation du tic lisait à son étude psychologique. Dans bien des cas, dit-il,

serait impossible à diagnostiquer si Ton n'examinait que uvement lui-même, si Ton ne tenait pas compte des antécé-

et de l'état mental qui a préparé le tic et qui Taccom-

»si la plupart des travaux récents sur les tics sont-ils en e des études de psychologie plus ou moins avouées dans îlles on cherche surtout à déterminer l'aspect mental de ce mène. Parmi les contributions les plus intéressantes à cette

il faut citer le mémoire de Tokarski \ les articles de Jddo*, Dubois de Saujon^, Meige*, Feindel, Hartenberg''. ipart de ces travaux se placent surtout au point de vue »eutique et devront être étudiés à propos des divers traite-

de l'état psychasthénique. Nous remarquons seulement ici notent tous deux aspects dans le tic, le mouvement systéle et le phénomène mental concomitant.

effet le tic est accompagné par des phénomènes de cone, de volonté et de pensée. En premier lieu ce mouvement iscient; je parle toujours ici du psychasthénique et non de rique. Le sujet sait parfaitement qu'il ferme les yeux, qu'il I la tête, qu'il s'agenouille. Il le sent d'autant mieux qu'il a iment de faire lui-même le mouvement et de le faire volonent. Cette intervention de la volonté personnelle du sujet importante qu'il peut parfaitement faire son tic à tel mo- )lutôt qu'à tel autre, qu'il peut le supprimer momentané-

karsky, Rôle des idées, des moments psychiques dans la production des tics.

lédU'file des neurologistes et aliénisies de Moscou, déc. 189a. Arch. de Neuro-

IgS, I, 34i.

do, op. cil. Presse médicaie, 1899, II, 189.

bois de Saujon, Les tics. Sociêlé de thérapeutique, 27 mars 1901.

Mcige et E. Feindel, Étal mental des liqueurs. Progrès médical, 7 septembre

rtenbcrg, Traitement d'un cas de tic sans angoisse. Revue de psychologie cH- Ihérapeutique j jOiiiy \QT 1899, p. 17.

ment, le remettre à plus tard et le recommencer quand il le veut [Guinon, J. Noir, Brissaud).

Une preuve curieuse de cette intervention de la conscience et de la volonté ce sont les erreurs que le mals^de commet souvent dans l'exécution de son tic. Fous... (loi), quia un torticolis mental, tient toujours la tête inclinée à gauche; quand elle est distraite et préoccupée au cours d*un examen de son tic, elle se trompe et pendant une partie de la leçon lient la tète à droite.

D'autres preuves ont été empruntées surtout par M. Brissaud à Tétude des procédés qu'emploient les malades pour arrêter momentanément leurs tics. Dans la plupart de ces torticolis mentaux que décrivait M. Brissaud, le malade peut lui-même arrêter le tic par un truc quelconque, par un léger appui de ses doigts sur la tête ou de sa tête sur un mur. Or il est impossible d'établir ainsi une lutte entre notre main et notre tête, ou bien entre nos deux mains. L'attitude définitive qui résulte de celte prétendue lutte est une attitude acceptée, voulue par le sujet lui-même et si le malade peut arrêter son tic en appuyant la main sur le menton, c'est qu'en somme il veut bien arrêter son tic. Dans bien des cas, d'ailleurs, le sujet choisit pour arrêter le tic un mouvement qui serait absurde s'il s'agissait réellement de lutter contre lui. Une de nos malades a un tic qui rejette la tête en arrière, elle l'arrête en touchant le front avec l'index ', ce mouvement devrait en réalité repousser la tête en arrière : il est simplement pour la malade l'occasion de vouloir abaisser la tête en avant. ^ On peut aussi signaler tous les procédés qui guérissent plus ou moins longtemps les tics. Il suffît quelquefois d'expliquer au malade ce que c'est que son tic, comment il le fait lui-même, comment il peut l'arrêter s'il veut bien y consentir pour que le tic cesse pendant un temps plus ou moins long. Dans d'autres cas il suffit que le malade croie à l'efficacité d'un remède, d'une pommade quelconque appliquée sur le cou ou sur le bras pour qu'il cesse au moins pendant quelque temps son mouvement absurde. Tous ces faits montrent donc que le tic n'est pas un mouvement complètement automatique mais qu'il est en grande partie un acte conscient et volontaire.

Mais pourquoi le malade ce^/-il faire cet acte absurde? Le plus souvent on peut dire qu'il ne le sait pas du tout, il se sent forcé

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