‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 82 sur 288 · C. — Les phobies des idées · texte numérisé non relu

C. — Les phobies des idées

se développent souvent encore sans qu'il y ait à iépart, ni une sensation localisée, ni la perception nême la perception d'une situation; elles survient à la suite d'une idée qui se présente d'une ma-

.es timides et la timidité, 1901, p. 201 (Paris, F. Alcan). ées fixes, II, p. 87.

LES AGITATIONS ÉMOTIONNELLES SYSTÉMATISÉES. — LES ï>HOBlES 21 (

nlère abstraite dans Tesprit du malade. Il suffirait de répéter ici toutes les idées obsédantes qui ont été étudiées dans le premier chapitre. Presque toutes ces idées s'accompagnent de phobies. A propos des obsessions sacrilèges on remarquera la phobie du démon, de l'enfer, du blasphème, etc. Un malade comme Ki... (219) éprouve ces émotions angoissantes à propos de toutes pensées religieuses ou philosophiques. Il faut quHl évite de penser à Dieu ou à la religion et pendant une période il avait pris en horreur Tidée abstraite de la causalité qui le faisait penser à la création et à la divinité. L'idée d'infini qui déterminait chez Vil... des ruminations si remarquables s'accompagnait souvent de phénomènes d'angoisse bien caractéristiques.

Il en sera de même pour les idées criminelles. Leg... vit dans la crainte de désirer du mal au monde ; elle a peur de penser à faire venir des enfants difformes. On... (221) a des angoisses à propos de l'idée de mentir, de l'idée « de suivre des femmes au théâtre »'. Za... (216) a eu cette émotion à la pensée qu'il pourrait copier k un examen et il Ta maintenant à la seule pensée d'un examen. Ces malades redoutent toutes les circonstances comme les conversations ou les lectures qui pourraient faire naître ces mêmes idées. C'est ainsi que We. . . (i 70) a peur des journaux et même a peur de l'imprimerie parce que les journaux dans leurs faits divers éveillent la pensée des crimes. Ils finissent par avoir peur des imaginations les plus vagues, des pensées les plus abstraites. We... a peur de chercher a se représenter en imagination le membre viril et Za... a peur « de se représenter une idée quelconque parce que ce pourrait être une idée mauvaise ».

Mêmes observations encore pour les obsessions de honte. Ceux qui ont l'obsession de la folie, et ils sont nombreux, ont cette émotion à propos de la pensée de la folie. « Je souffre, dit Léo..., à la pensée que je deviens folle. Je me vois enfermée, je me sens l'air idiote et cela nie donne une angoisse horrible. » Byp... (180), femme de 28 ans, croit voir son frère qui est enfermé h Sainte-Anne, venir au-devant d'elle et elle l'entend qui lui dit : « tu seras folle comme moi. » A ces mots elle soufFre à en défaillir au milieu de la rue. De..., femme de 33 ans, a une idée fixe assez compliquée qui tient à la fois de la honte de soi et de la honte du corps. Elle ne peut concevoir sans horreur la pensée du mariage parce qu'elle s'en croit tout à fait indigne au point de vue moral et aussi au point de vue physique. Ce sont des senti-

LES AGITATIONS FORGÉES

pacité pour tenir sa maison, pour remplir ses devoirs, ies enfants et en même temps des idées de difformité génitaux, des pensée de n'être pas comme toutes les js connaissons tous ces faits et ce cas s'ajoute seulerécédents mais ce qu'il faut ajouter ici, c'est que la iançailles rend cette femme malade et que des amis n insistant pour la marier ont déterminé une crise t même des accidents délirants analogues à la confu- , sur lesquels il nous faudra revenir quand nous par- :omplications du délire du scrupule. Les regrets de ènent chez Gisèle... (171) et chez Ri...' de grandes s que l'une a l'idée de la vie religieuse et dès que B au métier d'institutrice. De même, Nadia a des land elle pense seulement à engraisser, quand elle lement qu'on pourrait lui trouver meilleure mine, obsessions de la honte du corps s'accompagnent en lobies.

iffit de signaler les innombrables phobies liées aux ndriaques. Morselli en signalait une curieuse, sous taphéphobie, c'est-k-dire la crainte d'être enterré ., femme de 87 ans, a des angoisses à la pensée des la fièvre typhoïde, du suicide, etc. Il est inutile de Jean a des phobies en pensant aux méningites et aux st que Pn... (iSg) est pris par des crises d'angoisse nsée qu'on pourra lui prouver l'air malade, ce qui ontraire de Nadia. Parmi les phobies plus banales il au premier rang la phobie de l'idée de la mort. ;mme de 4o ans, est d'abord obsédée par le visage li vient de mourir. Nous avons déjà discuté ce qu'il le ces hallucinations. A la suite d'une petite opéraabcès au cou, elle reporte ses idées de mort sur elle a des angoisses épouvantables dès qu'elle pense même à la vie.

le remarquer que ces phobies des idées se mêlent vec toutes les phobies précédentes : très souvent, narque Legrand du SauUe, il suffit du souvenir d'un ne situation pour reproduire la crise; la seule vue

Idées fixes. II, p. i48.

I Hiforma medica, i8gi, no i85.

d'un dessin qui représente Tintérieur de Saint-Pierre-de-Rome le faitchanceler sur ses jambes^ Chez beaucoup de nos malades il en est de même : la seule pensée de la femme produit chez Jean (c un état fastidieux» et la pensée d'aller seule à une leçon de ^dessin donne mal au cœur à Dob...

D'autre part dans les phobies d'objets ou de situation se mêlent souvent des idées compliquées. Un malade de Westphall a de la claustrophobie dans un théâtre ; mais c'est qu'il se répète des pensées de ce genre : « qu'est-ce que je deviendrai si le feu éclate dans la salle et si à ce moment-là j'ai un accès? je ne pourrai pas me sauver*. » Jean dans toutes ses phobies fait ou a fait des raisonnements semblables.

On voit qu'il y a un grand nombre d'opérations intellectuelles qui peuvent déterminer ces phobies comme précédemment les sensations, les perceptions, ou les sentiments.

Il suffit de répéter brièvement à propos des phobies ce que nous avons déjà étudié à propos des manies mentales : ni au point de vue clinique, ni au point de vue psychologique, ces diverses phobies ne forment des phénomènes véritablement distincts les uns des autres. M. J. Falret faisait déjà remarquer très justement que toutes ces peurs sont solidaires les unes des autres : « l'agoraphobie se rencontre souvent, disait-il, chez le même individu avec la peur d'une épée nue, la crainte de tomber d'une fenêtre, la frayeur en voiture ou le délire dn toucher ». Bail soutenait la même opinion quand il proposait d'englober tous les cas d^agoraphobie, de claustrophobie, de topophobie sous le titre commun de phénomènes vertigineux'. Celte conception me parait beaucoup plus juste que celle soutenue par Legrand du Saulle et par quelques autres auteurs qui voulaient faire de certaines de ces phobies et en particulier de l'agoraphobie des maladies distinctes.

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