‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 81 sur 288 · Névroses et Idées fixes. II, p · texte numérisé non relu

Névroses et Idées fixes. II, p

3. .Vzam, Entre la raisun cl la folie, les loques. lievue scienlifique, 1891, I, 6x5.

i murs des petites rues » mais cette angoisse disparait nne la main à un enfant, Oz..., femme de 3i ans, se oins de frais, il lui suffît de porter à son bras un pour elle un point d'appui habituel « mais il faut rd, je sens alors que je tiens quelque chose de

il est vide je ne peux pas avancer ». Bo... se borne avec elle un petit banc pour s'asseoir dessus s'il le

perspective la rassure. Une autre femme de 35 ans, n de s'appuyer sur son parapluie a avec mon paratmporte où, sans mon parapluie je n'ai plus d'équî-

que l'épicier du coin chez qui je peux aller sans

étails se trouvent bien précisés par l'observation de stamment besoin d'avoir un appui matériel du côté tient toujours la main gauche fortement accrochée à )le ou quelque objet. Si ce point d'appui lui manque s de cours par exemple il sent un creux, un vide a 3eut devenir effroyable. Il n'a pas précisément la ande place quelconque, mais il a des phobies terriest dans un quartier éloigné, loin de sa maison et e son médecin. C'est pour la même raison que le impagne lui fait horreur : « Les médecins de lacamnaissent pas ces affections-là, il faudrait des heures pour leur expliquer ma maladie et je ne pourrais pas t horrible d'avoir le fou rire labourant les nerfs, le I mort, le cœur excité loin de tout médecin compéis le parc Monceau a le privilège de déterminer la ision parce qu'il ressemble à la campagne. Jean a êmes phobies quand il se sent tourné vers telle ou n, quand il est dans un chemin de fer en marche, dans une chambre trop petite, dans une salle de etc. Dans les lieux découverts, il a besoin de sentir protection ; dans les lieux fermés, il faut qu'il voie sortie facile : il ne consent jamais h avancer dans conférences, car il faut qu'il se tienne toujours très rte.

rai plus que l'observation de Dob... (86) sur laquelle

nir à propos de l'angoisse. Cette jeune femme de

accès d'angoisse qui la prennent dès qu'elle est

rue ; ces accès ont commencé îi J'Age de 12 ans et

vont toujours en aggravant. Ce qu'elle redoute c' accès de folie « qui la ferait courir comme un causer du scandale en public ». Elle a moins pe qu'on ne la verrait pas si elle était folle, on vo de honte ; elle préfère les rues où il y a des b pouvoir s'y réfugier, c'est maintenant le sentim< protection.

A l'agoraphobie doit se rattacher une au/tre pi endroits clos, la claustrophobie^ signalée parBea par Raggi de Bologne et décrite par Bail en i\ Cullerre, une angoisse constriclive comparabi pourrait ressentir en rampant à travers un pas! plus étroit^. » On peut y rattacher bien des faits la phobie d'être dans un théâtre, la phobie chemin de fer que Ton ne peut pas faire arrête voiture, l'amaxophobie («ixoÇa, voiture) si on ve mot de Bail \

C'est ainsi que Ht... (gS) « a une peur terribh les voitures qui sont des petites boîtes fermées, i de chemin de fer qui passent dans des tunnels peur d'étouffer en chemin de fer mais il craint dans le wagon sans pouvoir sortir et il ne peut ] voyage sans de terribles angoisses. Nae... (g^) épouvantables quand il faut la mettre dans une un wagon : elle veut que la porte reste ouverte c chaque instant de s'élancer au dehors. Tantôt 1 pas assez vite, tantôt elle va trop vite, ou bien i s'approche trop près ; elle prie qu'on la retienne s'élance pas au dehors et quand on la retient elle lui faire respirer de l'élher. Les scènes les plu lieu quand elle est dans sa chambre et qu'il plei dehors, elle regarde la rue, s'effraye de l'eau c qu'elle ne pourra plus sortir parce qu'il y a trop va monter au premier étage puis au quatrième où sera noyée contre le plafond ; la respiration 1

I. Bail, Claustrophobie. Ann. mèd. psych., novembre 1879. a. Cullerre, Les frontières de la folie, 1888, p. 61. 3. E. Doyen, Quelques considérations sur les terreurs morbides général. Thèse de Paris, i885.

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et pâlit et finalement elle tombe évanouie. Nous reviensur ces évanouissements ; pour le moment nous notons lent les formes diverses que prennent ces phobies.

malades de ce premier groupe ont besoin, comme on l'a vu, ppui, du secours des autres hommes, ils redoutent d'être séparés des hommes, et par ce côté on peut dire qu'il y a ans ces phobies un sentiment social. Mais s'ils demandent

secourus par des hommes, c'est parce qu'ils redoutent is dangers physiques, c'est la situation physique qu'ils :ent, le vide, la hauteur, le resserrement, etc. Au contraire, ['autres cas, l'émotion angoissante est essentiellement déter-

par la perception d'une situation morale et surtout d'une on sociale. On peut considérer comme type de ce second e l'angoisse causée par la rougeur du visage, VéreiUophobie, localisation particulière de la phobie a été signalée en i846 n mémoire de Casper (Berlin). Nous devons remercier'AiM. et Régis d'avoir publié une traduction de celle observation [{uable et difficile à se procurer*. Le malade décrit très bien mbles de la volonté et de l'attention, le doute, la timidité, it préparé la phobie et qui, à mon avis, jouent un grand ans son explication.

. Piéron et Vaschide viennent obligeamment de me commu- • une observation également assez ancienne et peu connue me phénomène publiée par le D*" Duboux en 1874*. « Parmi ises de la rougeur, dit cet auteur, il me semble que le grand liste (Darwin) en a oublié une très intéressante : cette cause igeur est la crainte de rougir. Supposez qu'un individu se une première fois sous l'une des influences indiquées par n (telle que la honte ou la pudeur). Le sentiment qu'il •e en sentant sa face s'empourprer est pénible et humiliant ; 'che à refouler cette bouflTée sanguine ; ses efforts sont inut vont même directement contre leur but ; la rougeur n'en t que plus intense. Il redoute d'êlre exposé de nouveau à nfusion pareille : le fait de l'appréhension et de la résistance

une rougeur plus intense que celle de la honte. Il sait

spcr, Biographie d'une idée fixe, traduilc par le D»" Lalanne, publiée par très et Régis. Arch. de neurol.^ 1902, 1, p. 270.

iboux, à propos de la rougeur, Bull, de la Soc. mèd. de la Suisse Romande, rc 187/1, p. 817.

maintenant qu'il suffît de craindre de rougir pour rougii pourra s'empêcher de craindre et de rougir.

Lorsqu'il se sentira exposé aux regards, particulièrement de l'autre sexe, la crainte de rougir viendra l'assaillir et h anticipée empourprera son visage, toute lutte est inutile l'influence de la volonté, la face peut présenter d'abord une légère, remplacée bientôt par la rougeur redoutée. Il même arriver que seul, à l'abri de tout regard, l'individu ro s'il craint, pour son cerveau par exemple, l'influence de gestion. Cette crainte constante à chaque instant réalisée i pour l'individu un supplice de Tantale renversé ; du nature être le plus hardi et le plus sociable, il deviendra d'une t et d'une sauvagerie. ridicules ; il évitera toutes les occasion produire, il recherchera la solitude ; les devoirs de soc quelquefois les devoirs professionnels lui deviendront hc ment pénibles ; sa vie sera littéralement brisée par une nis

Cette sorte de néi^rose ou de psychose^ moins rare qu pourrait le croire, est surtout fréquente chez les femmes, les individus affectés, je connais un certain nombre de perso éminents dans les sciences ou la politique, et entre autres a siologiste célèbre que toute science ne préserve pas et ( timidité est proverbiale. » Cette observation intéressante î par sa date relève déjà le caractère pathologique du phén( le rattache aux névroses et aux psychoses sans bien indiqi pendant l'analogie avec les autres phobies.

Westphal, en 1877, dans un mémoire sur les obsession un cas semblable. M. Boucher (de Rouen) a publié en i{ cas intéressant* et tout h fait net de cette phobie. Les a qui ont le plus attiré l'attention sur le phénomène et c ont donné le nom sous lequel il est connu sont MM. Pil Régis*. Au mot érithrophobie qui désigne la peur d'une c rouge quelconque, ils ont substitué le mot ereuthophobie (s rougeur de la honte). Leur travail a été l'occasion d'un< d'études sur cette phobie particulière et sur son interpré On en trouvera la bibliographie dans le dernier trav

1. Boucher (Rouen), Sur une forme particulière d'obsessions chez une hér Congrès de méd. mentale de Rouen, 1890. Arch. de neurol.^ 1890, II, p. ai

2. Pitres et Régis, Obsession de la rougeur (éreulophobic). Arch. de neurol

des obsessions, bien des gens ont la rougeur émotive du visage sans être des éreutophobes et il y a des éreutophobes comme Nadia qui sont incapables de rougir réellement.

Il est facile de voir que le fait de la rougeur du visage a peu d importance dans cette phobie, qu'il joue simplement le rôle d'un prétexte pour justifier une angoisse dont Torigine est plus profonde. Pour le comprendre, il faut remarquer que l'obsession de la rougeur se transforme bien souvent et que d'autres prétextes empruntés presque toujours à l'apparence du visage succèdent à l'éreutophobie ou la précèdent ou alternent avec elle. Ainsi que je l'ai déjà montré dans une étude précédente*, Toq..., actuellement angoissé par la pensée qu'il a les joues rouges, a eu autrefois des angoisses à la pensée de ses moustaches qui avaient poussé trop tùt. Per... (162), femme de 38 ans, autrefois éreutophobe, a maintenant la phobie des poils sur son visage. Ul... (45) a eu autrefois de i5 à 20 ans de l'éreutophobie proprement dite, maintenant, a 33 ans, elle n'a plus peur de rougir devant le monde, mais elle a peur de pâlir, d'avoir des convulsions dans la figure et surtout dans les yeux qui la rendraient laide et ridicule au moment de demander quelque chose à une personne.

En outre, il est impossible de séparer l'éreutophobie des angoisses provoquées par d'autres modifications de l'attitude ou du visage dans lesquelles il n'est pas question de rougeur. Klu..., bien qu'il parle correctement, à la peur de bégayer quand il se trouve devant des étrangers, il ne peut se faire inscrire à une école, il ne peut demander son chemin à un agent, ni prendre un billet de chemin de fer^ tellement il est angoissé à la pensée qu'il pourra non pas rougir, mais bégayer devant ces personnes. D'autres, comme Pol..., ont des angoisses à la pensée d'une cicatrice qu'elles ont sur le nez, quand elles sentent que des étrangers peuvent la remarquer, c'est la maladie que Morselli a décrite sous le nom de dysmor phobie^. Tk... (i45), jeune homme de il\ ans, a la phobie de sa mâchoire qu'il croit trop grande. Bechterew a décrit le malade épouvanté par le sourire obsédant qu'il a constamment sur les lèvres et je pourrais placer en opposition le cas de Wgn..., jeune homme de 26 ans, angoissé

1. La maladie du scrupule et l'aboulie délirante, Revue philosophique, 1901, I» p. 337 et 507.

a. Morselli, La d>*ftmorphophobie et la lapliépliobîe. Uiforma medica, 1891, n** i85.

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paralysie de ses lèvres « incapables de jamais soalent ». On a déjà vu à propos des obsessions, le cas i) dont les angoisses sont provoquées a par la rai- ) et les mouvements mécaniques des membres, » on érer toutes sortes de variétés de ces phobies tout ;s, à mon avis, à Téreutophobie proprement dite, essentiel qui se retrouve en effet dans toutes ces le sentiment d'être devant des hommes, d'être en it à' avoir à agir en public, M. Hartenberg a raison îreutophobie aux maladies de la timidité *. Tousces aucune peur de rougir ou de pâlir, ou de grimacer, ou de ne pas sourire quand ils sont seuls, et la grimace, si elle survenait à ce moment, ne les lit aucunement. On pourrait donc appeler ces phéhobies sociales ou des phobies de la société, upe rentreront aussi les phobies du^ mariage qui ites (Hnu... (87), De...)*. On peut y rattacher aussi 1 rapport avec certaines situations sociales. Bal... vantée à la pensée de faire la classe devant des (/i2), femme de 87 ans, a de singulières terreurs avoir des domestiques : sa bonne Tintimide, elle commander ni lui reprocher. Elle a surtout la [îoncierge et elle a des angoisses à la pensée qu'elle nal avec ce fonctionnaire nécessaire, hobies, qu'elles se rattachent au type de l'agoralaustrophobie, des phobies sociales, me paraissent commun. Elles ne sont pas comme les précédentes rapport avec un objet éveillant l'idée d'un acte, déterminées par la perception d'une situation et nts auxquels cette perception donne naissance.

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