‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 92 sur 288 · I. Legrand du Saulle, Folie du doute · texte numérisé non relu

I. Legrand du Saulle, Folie du doute

LES AGITATIONS FORGÉES

t. « La joie OU la peine^ dit Mm... ^ me font perdre Téquilibre et

font retomber dans mes rêveries ». a Les situations lugubres, Jean, me donnent des agitations et des crises de fou-rire. » ja colère, chez Lise, est aussi le point de départ de ruminais et elle redoute même à ce propos le plaisir esthétique, [uand je jouais du piano, j'y prenais plaisir, je m'y donnais, je imballais, cela me faisait perdre Téquilibre, me faisait retom-

dans toutes mes pensées c'est pourquoi je me suis mise à er toujours froidement. » Il est singulier de constater que ce ail se retrouve mot à mot dans l'observation d'une autre malade 1..., c'est au moment où l'émotion artistique va parvenir à son nble, va déterminer une jouissance, que se déclanchent ses urdes raisonnements. De même une petite émotion qui comnce détermine chez Cr... les crises d'agitation et les besoins

marcher pendant plusieurs heures. Chez un bien grand nbre de malades comme chez Renée, Qi..., etc., on détermine î crise de tics en fermant brusquement une porte, en déterlant chez eux le début d'une surprise ou d'une peur, e crois que tout un groupe de phobies rentrent dans ce cas, les qui sont déterminées par la perception d'une situation, par sentiment et dont le type est l'agoraphobie. Les ponts, les ndes places, les grandes rues font naître chez bien des perines une petite émotion déterminée, en rapport avec le sentint de la grandeur, de l'espace, de l'isolement et c'est cette ite émotion qui dédanche les grands phénomènes de la rumiion et de l'angoisse. J'ai vu à ce propos un cas d'agoraphobie n curieux que l'on pourrait appeler l'agoraphobie admiive. Qs... ne peut se promener au Trocadéro, « la vue de t de maisons l'excite, il lui semble que c'est beau, grandiose, nnant. C'est au début un sentiment agréable d'admiration, s cela change. Je suis forcé de me demander comment pour- 3-je faire moi-même pour bâtir tant de maisons, comment les nmes ont-ils pu amener tant de pierres ? puis mes genoux mbient, ma poitrine se serre, mon cœur bat, j'étouffe et je me ve pour rentrer. » D'autres phobies débutent quand le malade

en public devant des hommes, parce que alors se développe notion de la timidité qui est suivie par l'angoisse, chez Ul..., b..., Meu..., par exemple. Enfin dans certains cas la situation t naturellement faire naître chez tout homme de la peur et 5t cette peur qui est suivie soit de rumination, soit d'angoisse.

Il y a là tout un rôle curieux de Témotlon qui ne nous parait guère connu et sur lequel il faudra revenir ; pour le moment nous signalons seulement ce fait que les crises d'agitation forcée débutent à propos des émotions, comme à propos des actes et des attentions.

4** Enfin je signale avec plus d'hésitation et h titre de curiosité une autre occasion de ces crises que j'ai observée plusieurs fois d'une manière incomplète et une seule fois d'une manière tout à fait nette. Du... (^g), femme de 3o ans, qui a toujours été une scrupuleuse, a eu des ci^ises d'agitation et d'angoisse à propos de plusieurs des causes précédentes, surtout a propos des actes. Voici maintenant à quel propos ces mêmes crises se développent. Elle se couche pour s'endormir et commence à s'assoupir : tant que l'assoupissement est léger, tout va bien, elle reste tranquille dans son lit. Mais le sommeil va devenir profond ; à ce moment elle se réveille subitement avec une énorme angoisse, elle se sent étouffer et ne peut s'empêcher de crier. La malade ne perd aucunement connaissance, elle voudrait ne pas crier pour oe pas réveiller ses compagnes, mais sa résistance est inutile et ne provoque qu'une lutte plus douloureuse.

Il faut qu'elle hurle et se contorsionne de mille manières, c'est à la fois une crise d'angoisse et une crise d'agitation motrice comme celles de Nadia. Au bout de cinq à dix minutes tout se calme et la malade essaye de se rendormir, car elle en éprouve un grand besoin ; de nouveau elle reste calme dans l'assoupissement léger puis dès que le sommeil devient un peu plus profond la crise recommence. 11 n'y a pas ici d'idée fixe relative au sommeil qui explique ce réveil par un rêve comme dans l'observation de Zy...* et il n'est pas question d'hystérie. C'est un phénomène analogue à toutes les crises précédentes, il se développe seulement dans des circonstances singulières à propos du début du sommeil profond. Ce fait se rapproche de certaines observations déjà signalées dans lesquelles l'agitation forcée commençait à propos d*un début d'une fonction physiologique, à propos de la déglutition ou de la digestion par exemple.

En résumé je constate que ces crises d'agitations forcées, qu'il s'agisse de tics, d'excitations, de ruminations ou d'angoisses,

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