‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 3)Chapitre 94 sur 288 · SUBSTITUTION DES PHÉNOMÈNES SECONDAIRES AUX PRIMAIRES · texte numérisé non relu

SUBSTITUTION DES PHÉNOMÈNES SECONDAIRES AUX PRIMAIRES

que ces phénomènes secondaires qui s*y ajoutent ne semblent pas du tout favorables au développement de l'excitation. Bien au contraire le plus souvent ils amènent Tarrét complet de toute Témotion. Quand Lise a d'épouvantables ruminations au moment des douleurs de Taccouchement, elle a sans doute des souffrances morales, mais elle n'a plus les souffrances physiques qu'elle devrait avoir. Elle ne gagne pas au change, car ses angoisses morales sont horribles ; mais je fais remarquer que des rêveries sur la damnation des enfants, sur l'éternité des peines de l'enfer, des interrogations sur le problème de savoir si elle est folle, si elle va quitter les siens pour aller demeurer toujours dans une maison de fous, que tout cela est très pénible sans doute, mais que ce n'est pas la douleur qu'une femme doit ressentir en accouchant.

Le plaisir de jouer du piano disparaît aussi comme l'admiration du paysage, quand des agitations surviennent a propos de ces émotions. Une question bien plus délicate se pose à propos du sentiment de la timidité et du sentiment de la peur. Ces sentiments sont très souvent le début des phénomènes forcés et plusieurs de ceux-ci, en particulier certaines angoisses, leur ressemblent beaucoup. C'est pourquoi on a appelé ces phénomènes des phobies et on les a souvent considérés comme le développement, l'exagération de la peur ou de l'intimidation. Je ne crois pas que ce soit tout à fait juste au moins dans tous les cas. Chez beaucoup de malades la peur précise, déterminée, qu'ils auraient dans cette circonstance s'ils se portaient bien, disparaît, elle est remplacée par de l'agitation motrice ou de la rumination qui n'est pas de la peur, et quand la phobie survient elle prend des caractères spéciaux qui la distinguent de la peur proprement dite, a Je vois des squelettes dans le musée, cela m'aurait donné autrefois une vraie peur, maintenant j'ai des angoisses vagues avec le sentiment de devenir folle, ce n'est pas du tout la même chose. » La peur semble avoir perdu sa précision, son rapport avec un objet déterminé: elle est devenue plus vague et plus élémentaire.

Dans les cas les plus nets l'on observe ainsi la suppression totale des phénomènes primaires, c'est-à-dire de l'acte, de l'attention, de l'émotion qui était le point de départ de la crise. Dans les cas moins nets ces phénomènes primaires ont simplement diminué et présentent des altérations que nous aurons à étudier dans le chapitre suivant.

e ces phénomènes primaires qui, comme nous s'accomplissent pas ou s'accomplissent d'une satisfait pas la conscience du malade et à la place nés se développent brusquement dans Tesprit iatégorie d'opérations que Ton peut considérer res. Tantôt ce sont des mouvements variés, des des crises d'agitation, tantôt ce sont des troubles ilpitations, des suffocations, des angoisses, tantôt ations mentales, des ruminations, s manies de perfectionnement on voit que le ajouter quelque chose au premier acte, dans les ation il veut effacer le premier acte par quelque ans les manies d'oscillation il ne peut pas rester )remier phénomène et il passe incessamment à ^n un mot le caractère essentiel de toutes ces maoccasion du premier phénomène insuffisant ou de ce premier phénomène l'esprit place autre is pas en rester là, disent-ils tous, il me semble ais h ce premier point il arriverait des choses et tous en somme obéissent à ce besoin en subid travail au premier.

:;ond travail qui constitue essentiellement la rumin ou l'angoisse. Au premier abord, ces phéno- 'es semblent de même nature que les primaires ; des actes à faire, des croyances à préciser, des intir. Cependant les phénomènes sont loin d'être

t sont pas des actes réels, c'est-à-dire des opérae qui apportent un changement plus ou moins ou moins durable dans le monde extérieur. Les e le malade exécute sont en général insigniies gesticulations, des secousses des bras, de la )les prononcées à mi-voix : « non, non, té, té, té, s mouvements semblent plus importants dans les eux de Claire ou dans les agitations motrices ) Nadia. Mais ces crises ont des caractères bien treignent leur importance. Les malades n'accomcte vraiment utile ou vraiment répréhensible : ils t, menacent quelquefois leurs proches, mais en les que nous étudions ici ne font jamais de mal à

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