‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 4)Chapitre 11 sur 178 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

symbole, des précautions, de la recherche, de la perfection, des expiations, des présages, des serments, sont représentées à peu près toutes par quelques exemples.

7° Nous arrivons, avec la deuxième partie de ce livre, aux idées obsédantes proprement dites, qui ne se développent pas nécessairement mais qui se produisent cependant fréquemment à la suite des troubles précédents. Au lieu d'exprimer simplement leurs troubles de l'activité mentale par un sentiment correspondant, les malades se laissent aller, davantage, à méditer sur ce qu'ils ressentent, à l'interpréter ; et, soit par suite de leurs propres réflexions dans les manies mentales, soit à l'occasion d'un événement extérieur qui s'accorde avec leurs préoccupations, ils construisent une idée plus abstraite et plus générale ou relative à quelque fait extérieur, idée qui devient dorénavant l'expression de tout ce qu'ils ressentent^.

L'obsession est si peu un phénomène surajouté à la maladie et venant en quelque sorte de l'extérieur que tous ses caractères peuvent s'expliquer si on l'envisage comme la conséquence toute naturelle de l'état d'esprit précédent. Sans reprendre complètement une discussion déjà faite ^, nous ne reviendrons que sur quelques détails qui mettent bien ce fait en évidence. On a souvent remarqué que les idées obsédantes, par opposition à d'autres états délirants, ne présentaient jamais une complète absurdité ; elles ne deviennent pathologiques que par leur exagération. Cela pourtant n'est pas absolument vrai, car il est bien difficile de mesurer le degré d'absurdité d'une conception, reconnue comme fausse : c'est là une simple question d'appréciation et de mesure. Quand un obsédé véritable vient nous dire qu'il voit l'âme de son oncle sortir du derrière d'un individu ou qu'il a peur d'avoir voué ses enfants au démon, nous nous demandons si nous ne pouvons pas considérer ces conceptions comme absurdes. Mais il est juste de reconnaître que de tels exemples ne sont pas fréquents et que le malade échappe en partie à l'absurdité en déclarant qu'il ne croit pas lui-même à ces idées et qu'il est furieux de les concevoir. En général, il est juste de dire que les conceptions des obsédés, relatives à des maladies, à des ridicules, à des crimes, ont rapport à des choses qui sont à la rigueur possibles et qui ne sont pas

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