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tout à fait absurdes. Cela résulte de plusieurs faits très simples qui caractérisent cette maladie. Les obsessions ont, à notre avis, un point de départ réel dans la diminution de la volonté, de la croyance, de l'émotion : c'est pourquoi comme elles portent toujours sur des idées de maladie, déboute et de crime, elles restent, par quelque côté, raisonnables. Quand une malade nous a décrit tous ses sentiments d'automatisme, en rapport avec des phénomènes d'aboulie que nous avons réellement observés et qu'elle ajoute avoir, malgré elle, l'idée de se jeter par la fenêtre, nous ne voyons pas de contradiction trop grande entre cette idée et son état mental et nous ne la trouvons pas complètement absurde. Le défaut d'absurdité tient encore à ce fait que le trouble mental du psychasthénique est un abaissement général des fonctions psychologiques, sans qu'il y ait beaucoup de ce rétrécissement du champ de la conscience que l'on rencontre chez d'autres malades. C'est pourquoi l'obsédé ne va jamais au terme de ses idées : bien qu'il ait la manie de rechercher toujours l'extrême, il n'ajoute jamais, à une conception, cette affirmation précise, cette exécution réelle, cette hallucination complète qui la mettraient franchement en contradiction avec la réalité et qui constitueraient l'absurdité. Pour être absurde, il faut aller jusqu'au bout d'une idée: les plus grosses sottises, exprimées avec doute, rencontrent toujours auprès de nous l'indulgence ; or le psychasthénique doute toujours. Enfin, nous trouvons, dans son état d'esprit, une troisième raison qui nous explique pourquoi les obsessions sont si rarement tout à fait absurdes : c'est que l'abaissement du niveau mental n'a enlevé que les opérations supérieures de l'esprit, celles qui demandaient une haute tension, l'action réelle ou la croyance, et qu'il laisse subsister intactes, souvent même très développées, les opérations inférieures, de basse tension, comme la mémoire ou le raisonnement. Le psychasthénique est loin d'être un imbécile ou un confus et, tant qu'il s'agit de pures idées exprimées par le langage, il se garde bien des contradictions flagrantes et des absurdités grossières. Il est évident que, si l'on constate une véritable absurdité dans les propos du malade, il est presque toujours prudent de se méfier et de se demander si une autre maladie mentale n'est pas sur le point de se développer.
On remarque encore, à ce propos, que les idées obsédantes sont tout à fait en opposition avec les tendances normales du sujet, l'on ajoute que c'est là ce qui empêche ces idées de se réaliser et ce