PREMIÈRE SECTION LES CONFUSIONS MENTALES
OiîSERVATioN 224. — Confusion mentale à forme de stupeur chez une obsédée scrupuleuse. — Immohllilé, mutisme, gâtisme, psychasthénie antérieure, émotion, obsession criminelle, guérison.
Nous désirons VOUS présenter rapidement cette malade, quoique
son observation soit encore très incomplète. Pour expliquer mieux son état, il faudrait attendre quelque temps, mais alors, il est probable que l'état actuel aurait complètement changé et que nous ne pourrions plus vous montrer cet aspect tout particulier. Le plus simple est donc de vous indiquer aujourd'hui le problème et, s'il y a lieu, de vous représenter le malade dans un mois, quand nous pourrons préciser davantage.
Vous voyez tout de suite de quoi il s'agit. Cette jeune fille de vingt-sept ans. Eu..., est assise devant vous, les yeux fixes, la figure inerte et elle reste sans bouger. Aucune interpellation n'obtient de réponse. Elle fait seulement une petite grimace de mécontentement si on la pince trop fort. Ajoutez peut-être, et depuis quelques jours seulement, quelques petits mouvements de la figure, des sour.ires ébauchés qui semblent indiquer qu'elle rêve et de temps en temps une expression interrogative et quelques mots murmurés : a Où suis-je ?... Qu'est-ce que c'est ? » Elle ne semble pas comprendre les réponses et reprend son aspect égaré. C'est tout ce que nous pouvons obtenir.
Comme symptômes, c'est donc ce que l'on appelle un état de stupeur. Ces états décrits autrefois sous le nom de démence précoce, de stupeur hallucinatoire de Baillarger sont aujourd'hui rattachés le plus souvent à la confusion mentale telle qu'elle est bien décrite, en particulier dans les travaux de M. Chaslin. Si l'on se tient à l'examen superficiel, c'est donc vraisemblablement une confusion mentale à forme de stupeur.
Mais il faudrait préciser la nature de cette confusion, son origine et c'est ici que nous devenons embarrassés. La vraie confusion mentale, celle qu'on appelle primitive, est déterminée le plus souvent par des états infectieux. C'est en somme une intoxication du cerveau : elle arrive ainsi le plus souvent chez des femmes en couches, après une infection utérine. C'est la forme la plus fréquente de l'ancien délire puerpéral et nous en avons publié une observation typique '. Ajoutez toutes les autres infections, fièvre typhoïde ou même simplement grippe qui sont fréquemment le point de départ de ces confusions.
Mais pour rattacher une confusion à ce groupe le plus simple et le plus important, il faut deux choses, d'abord qu'il y ait eu antérieurement une maladie infectieuse quelconque, ensuite que