I. Névroses et idées fixes, TI, p
n'était lui-même que la reproduction nocturne d'une ancienne idée fixe, et ce réveil, comme l'un de nous l'a montré, avait beaucoup d'analogie avec les phénomènes du somnambulisme.
En est-il ainsi dans le cas présent ? Probablement non. Autant que nous pouvons le dire, car la malade n'a pu être étudiée dans l'hypnotisme complet, il n'y a pas ici d'idée fixe. Il ne semble pas que ce soit un rêve qui détermine le réveil ; au contraire, et c'est une remarque sur laquelle la malade insiste elle-même, quand il y a un rêve ou un cauchemar qui précède le réveil, celui-ci se fait d'une manière beaucoup plus calme et il n'y a pas de crise. Ce qui semble bien déterminer le réveil et la crise, c'est le sommeil lui-même. Si la malade ne s'endort pas complètement, mais reste légèrement assoupie, il n'y a pas de cris, ni de convulsions; Dans des expériences très répétées pour amener le sommeil hypnotique, nous n'avons pu déterminer qu'une somnolence légère ; cette somnolence n'amène que de petits débuts de crise. Il faut le sommeil complet pour amener la crise complète.
Comment peut-on concevoir le trouble que détermine ici le sommeil ? On peut dire d'abord qu'il y a là un phénomène d'émotion et d'angoisse; cette malade a comme un sentiment de terreur au moment du début de l'inconscience. Ces terreurs nocturnes sont bien signalées, ces angoisses peuvent être rapprochées des chocs émotionnels nocturnes que décrivait Weir-Mitchel \ Il disait que pendant la nuit, les nerveux ont des troubles sensoriels, des chocs sensoriels qui peuvent affecter :
1° La sensibilité générale sous forme de douleurs contusives brusques, ou d'ébranlement céphalique se produisant au moment où la malade s'endort ;
2° L'audition sous forme de bruit sourd ou éclatant ;
3° La vision sous forme d'éclairs ;
4° L'olfaction et le goût sous forme d'odeurs ou de saveurs faisant une impression soudaine et en général désagréable. Ces chocs sensoriels qui présentent de grandes analogies avec les hallucinations hypnagogiques, peuvent jouer un rôle dans la genèse des délires. Eh ! bien, cet auteur rapproche des faits précédents les chocs émotionnels se présentant en général sous forme de peur subite, tantôt précédant, tantôt suivant un choc sensoriel mais plus souvent isolément. Nous aurions afifaire dans