‹ Les obsessions et la psychasthénie (volume 4)Chapitre 33 sur 178 · I. Weir-Mitchel, Some disorders ofsleep · texte numérisé non relu

I. Weir-Mitchel, Some disorders ofsleep

ce cas k une angoisse du début du sommeil, amenant une terreur suffisante pour provoquer une crise d'agitation motrice et d'angoisse.

Peut-être cependant pourrions-nous dans ce cas aller un peu plus loin. Nous n'aimons pas beaucoup à parler de chocs émotionnels, sans dire en quoi ils consistent, sans qu'il y ait une idée ou une sensation en relation avec cette émotion. Qu'est-ce qui détermine ici l'angoisse? Nous sommes disposés à supposer qu'il s'agit de troubles respiratoires. D'abord parce qu'au réveil elle étouffe, et il semble bien que ce soit même l'étouffement qui

FiG. 7. — Respiration de Dn... pendant un début de sommeil. — R, respiration thoracique qui devient de plus en plus périodique dans les deux graphiques qui se suivent; S, le temps en secondes ; A, début de l'attaque d'agitation anxieuse.

la réveille. Ensuite, l'un de nous a pu faire sur elle une petite expérience encore incomplète. En la laissant s'assoupir dans un fauteuil, en essayant de l'hypnotiser on détermine un petit sommeil très léger, insuffisant malheureusement pour l'étude de la crise nocturne, mais, si petit qu'il soit, il montre déjà quelque chose. Le graphique de la respiration (figure 7) qui était régulier pendant la veille devient plus petit et surtout il devient périodique. Il nous présente une série de respirations petites, suivies d'une série plus grande. Ce n'est pas encore tout à fait le Cheyne-Stokes que nous avons étudié dans une autre leçon sur une malade hystérique \ mais cela s'en rapproche. Mosso a signalé cette respiration dans le sommeil profond, ici, elle se

I. Comptes rendus du IV^ Congrès de Psychologie de Paris, 1901, p. ôa^.

manifeste dès le début du sommeil. Dès que ce signe apparaît sur le graphique, la malade se plaint déjà, essaye de se réveiller de peur d'avoir sa crise. Il est probable que si le sommeil était plus complet, la respiration serait plus troublée encore, si troublée même qu'elle amènerait l'angoisse et le réveil avec attaque. Quant à cette diminution respiratoire, elle est en rapport d'après les travaux de Mosso avec l'engourdissement cérébral, il est probable que l'engourdissement augmente ici grâce au sommeil et amène ces troubles à un plus haut degré.

Voici le peu que nous savons sur les crises de la nuit et le problème est déjà compliqué, mais il le devient bien plus quand nous étudions l'histoire antérieure de la malade et que nous voyons comment les crises ont commencé. Vous ne l'avez pas reconnue car son visage a bien changé, mais c'est une malade que nous vous avons déjà présentée il y a deux ans. Nous l'avions étudiée alors à propos d'un symptôme curieux, la peau dermographique qu'elle présente encore un peu, mais à un degré beaucoup plus faible : nous n'en parlerons pas aujourd'hui. A ce moment, nous avions déjà appris qu'elle avait des crises, mais un peu différentes de celles d'aujourd'hui. Ces crises étaient diurnes et survenaient dans une circonstance bien singulière, toutes les fois qu'elle interrompait une action longtemps prolongée. Les exemples seront plus clairs. Si elle restait assise sur une chaise pendant quelques heures, elle avait une crise au moment de se lever, si elle s'était promenée quelque temps, elle avait une crise au moment de s'asseoir. De même si elle parlait quelque temps la crise survenait quand elle se taisait. En un mot, les crises se produisaient au moment de changer d'action. Un caractère semblable n'est pas absolument nouveau pour nous ; c'est un des caractères de l'aboulie. Les faibles de volonté ont une peine énorme à commencer une action, et quand ils l'ont commencée, ils ont la même peine pour la cesser ; tout changement leur est pénible. Augmentez cette peine, transformez-la en angoisse véritable et vous aurez ces petites crises émotives qu'elle présentait alors. 11 y a un an, elle fut très troublée par une série de malheurs : son mari l'abandonna sans ressources, ses règles furent arrêtées et n'ont pas reparu depuis huit mois. C'est alors que les angoisses devinrent plus fréquentes et plus graves ; la nuit le sommeil suffit pour les amener. Depuis que ces crises se sont développées pendant la nuit, elles ont diminué pendant le jour ; les changements d'action

provoquent moins d'attaques : il est vrai que la pauvre femme ne fait plus grand'chose assidûment. Les attaques ne reviennent plus guère dans le jour, que lorsqu'elle essaye de dormir, et elles prennent alors, mais avec un degré beaucoup plus faible les mêmes caractères que la nuit; elles sont plus faibles parce que la malade s'endort à peine.

Le cas est donc curieux et pourrait se résumer ainsi : crises d'agitation motrice, se produisant d'abord à propos de tous les changements d'action, se produisant ensuite à propos d'angoisses nocturnes, angoisses qui sont déterminées par des troubles de respiration survenant dès le début du sommeil. L'ensemble de la maladie doit évidemment se rapporter à l'état psychasthénique. Il n'y a point de stigmates permanents, nous n'avons pu constater aucun trouble de la sensibilité. Il est même à remarquer que la malade n'a jamais eu de maux de tête, malgré ces troubles singuliers. Le stigmate principal serait l'aboulie.

Le meilleur traitement consisterait à donner à la malade un peu de force par l'alimentation, les toniques, le repos. Il est probable qu'elle aurait plus de force pour résister à ses angoisses nocturnes. Nous devons vous rappeler que le bromure et le chloral à hautes doses ont été essavés sans succès.

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