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LES ALGIES DU NEZ ET DE LA LANGUE

y a quatre ans, l'a mise à la porte et l'a forcée à se diriger seule dans la vie; il est vrai que depuis cette époque elle est rentrée à la maison paternelle, mais son père lui parle peu et ne s'occupe pas d'elle. Donc chez les deux malades le début n'est provoqué par aucun incident local sur le nez ou sur la langue, mais par des causes émotionnelles générales et surtout par des abandons.

Enfin les antécédents sont du même genre : peu d'hérédité nette au moins en apparence, les parents simplement nerveux, le même caractère antérieur, triste, inquiet. « Je cherche toutes les raisons pour me tourmenter, » des idées de suicide, des besoins d'affection, une certaine émotivité sans raison, peu de volonté ; c'est au fond toujours la même chose.

Que sont donc en définitive ces maladies du nez et de la langue ? Des obsessions à forme de douleur ou plutôt d'angoisse, c'est-à-dire des algies chez des psychosthéniques. Le trouble de la langue a été l'objet d'études intéressantes. En i883, Albert, cité par Bernhardt, parle d'une névrose particulière de la langue ; Verneuil, en 1887, insiste sur les malades qui ont ulcérations imaginaires de la langue, Fournier, Laborde, Hardy, Besnier, Pitres, Magitot ont insisté sur ce qu'ils appelaient la glossodynie dont ils donnaient diverses interprétations. Mais l'auteur qui a donné un tableau complet de l'affection est M. Galippe qui l'a étudiée sous ce titre : De l'obsession dentaire*. Il décrit les diverses obsessions et algies relatives à la bouche et surtout relatives aux dents. Il y a deux ans nous vous avons montré successivement deux malades qui se faisaient arracher toutes les dents quoiqu'elles fussent saines ^. Nous n'avions pas eu l'occasion de vous montrer l'algie localisée à la langue : ce cas est à ajouter à notre collection.

Quant aux algies du nez elles nous semblent avoir été moins étudiées. En effet, ces rougeurs du bout du nez et ces balafres de la racine donnent lieu d'ordinaire à une autre maladie mentale que cette fois vous connaissez bien : elles déterminent d'ordinaire l'éreutophobie et les malades n'osent pas se montrer en public en pensant à l'effet que la rougeur de leur nez produit sur les autres. Celle-ci pense à l'effet que la rougeur produit sur

1. Galippe, De l'obsession dentaire, Archives de Neurologie, janvier i8gi.

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