‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 112 sur 380 · Donath, Archio. J'iir Psvchialrie · texte numérisé non relu

Donath, Archio. J'iir Psvchialrie

pose à ce que Cha... cherche mou adresse en S'e promenant à grands pas, il interrompt réellement son travail, mais il a une crise de suffocation, ce qui n'est pas une recherche mentale. D'ailleurs des malades peuvent eux-rçêmes tout arrêter : M. Brissaud a beaucoup insisté pour montrer que les tics peuvent être momentanément supprimés par la volonté. Nous l'avons déjà vérifié bien souvent pour tous ces phénomènes, Qi. . . , qui a une coprolalie si remarquable à l'hôpital, cesse complètement dans les rues de peur de mauvaises aventures, Claire suspend ses contorsions dès que quelqu'un vient à entrer, \Vo..., plongée dans ses ruminations à propos d'un compte, remet la crise à plus tard parce qu' « on l'appelle pour dîner et qu'il y a du monde ». D'ailleurs c'est en se servant de cet arrêt volontaire, difficile peutêtre mais toujours possible que l'on arrive à restreindre ces troubles psychologiques. D'autre part, comme je l'ai remarqué dès le début, ces opérations forcées ne s'exécutent pas automatiquement à l'insu du sujet comme l'écriture subconsciente des hystériques. Nous avons vu que le malade y participe et qu'il doit même faire des efforts conscients pour les exécuter. Tout cela con^titue-t-il de l'irrésistibilité réelle ?

Je crois que ce qualificatif d'irrésistible a été appliquée à ces laits non par le médecin observant du dehors, mais par le malade lui-même et qu'il exprime simplement un sentiment que le sujet éprouve relativement à ces phénomènes secondaires. Les malades répètent tous qu'ils ont perdu leur liberté, leur volonté : « je n'ai plus un atome de volonté, je suis emportée par une force étrangère, je ne m'appartiens plus, etc. ». Ces phrases s(mt perpétuelles sous toutes les formes. Elles expriment un fait que je crois mportant dans la pathologie mentale et qui joue en particulier un rôle capital dans le délire de persécution : la perte du sentiment de la liberté. Ce sentiment de liberté vrai ou faux, peu importe, accompagne chacun de nos actes volontaires et il se perd dansdes circontances pathologiques qu'il serait très important de pouvoir bien déterminer.

Le sentiment de la perte de la liberté correspond ici à deux choses : d'abord à un sentiment d'incapacité et d'impuissance qui est dû à ce que le phénomène primaire, acte volontaire, attention, croyance, émotion supérieure que le sujet désirait, qu'il voulait, i[u'il avait même commencé ne se produit pas, n'arrive pas au terme prévu et qu'il y a une déception, puis à cet autre fait,

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c'est qu a la place du phénomène espéré s'en produit un autre qui est inutile, absurde et dans certains cas douloureux. L'irrésistibilité est donc un sentiment du malade qui rentre dans la catégorie de tous ces sentiments de mécontentement, qui, comme on l'a vu, accompagnent l'arrêt des actes volontaires. Pour l'étudier plus complètement nous arrivons à cet examen des altérations mentales^ chez le scrupuleux dont nous avons déjà vu lanécessité.

Enfin le troisième caractère que l'on attribue d'ordinaire à ces phénomènes, c'est la satisfaction qu'éprouve le malade quand il a obéi à l'impulsion qui le pousse. Cette formule que l'on répète toujours me semble comme les précédentes très vague et souvent discutable.

Le malade n'exécute presque jamais une action bien précise, ce n'est donc point dans l'exécution finale d'une impulsion, qu'il éprouve du contentement. Veut-on dire par là qu'il est heureux d'avoir accompli des tics, des ruminations*, d'avoir éprouvé des angoisses ? Il éprouve bien un certain soulagement très naturel quand cette crise pénible est finie, mais il n'est ni fier, ni heureux d'avoir de nouveau cédé à un besoin qu'il trouve ridicule. Je n'ai guère vu les malades satisfaits à la fin de leur crise, ils sont fatigués et honteux d'eux-mêmes. MM. Pitres et Régis' font la même remarque et disent qu'il s'agit plutôt d'un apaisement consécutif.

Veut-on dire qu'il y a un état de satisfaction pendant la durée même de l'opération forcée. M. Roubinovitch cite un cas où le malade est heureux de retourner à sa rumination^. Cela me paraît plus juste, mais à la condition de faire une distinction indispensable. De ces trois opérations forcées il y en a une qui est particulièrement douloureuse c'est l'angoisse, tandis que les deux autres sont moralement pénibles, mais ne sont pas physiquement douloureuse^. En outre cette opération pénible, l'angoisse, peut, au moins chez certains malades, remplacer les agitations motrices ou les ruminations, si celles-ci sont arrêtées par un effort de volonté. Si le malade supprime ses manies, cesse de tiquer, il aura de l'angoisse, s'il s'abandonne de nouveau à ses manies

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