I. Névroses et Idées fixes, II, p
a. Wigan, The diiality of Mind, iS'4'4, p. 8i.-
3. Aaïaufl, Le sentiment de « déjà vu », Ann. méd. psych., 1896, p. 8.
4. E. liernard Leroy, L'illusion de fausse reconnaissance, i8f)8.
296 LES STIGMATES PSYCHASTHÉNIQUES
tismc. TiC sujet qui sent son activité diminuée ne retrouve plus le sentiment du petit efFort de synthèse qui accompagne chaque perception normale, il croit réciter, c'est ce qui donne à la perception l'apparence d'un phénomène/>»«.s'.st'. La localisation à telle ou telle date devient une affaire d'interprétation, (|uand ce sentiment donne naissance à une obsession. Il me semble nécessaire maintenant de faire rentrer le phénomène « dH déjà-vu » dans un groupe plus considérable, celui des sentiments d'incomplétude.
Quand on dit que les événements de la perception présente prennent aux yeux du sujet l'apparence de souvenirs, il ne faut pas céder complètement à une illusion et croire que l'apparence est complètement celle d'un souvenir. Jamais le malade, saul quand il y a un délire surajouté comme dans le cas de M. Arnaud, ne cède complètementàl'illusion ; jamais il n'aflfirme que l'événement actuel soit réellement un souvenir du passé, jamais il ne se conduit comme si c'était un souvenir. Le sentiment du déjà-vu est plutôt une négation du caractère présent du phénomène qu'une affirmation de son caractère passé. Le sujet, à moins qu'il n'arrive luimême à des interprétations, sent tout simplement que les phénomènes n'excitent pas en lui le même sentiment que des choses présentes, qu'ils ressemblent sur ce point à des choses passées. Il y a presque toujours une difTérence importante entre « le déjàvu » et le vrai souvenir du passé. Le passé a le caractère d'être connu, d'être habituel,- il ne nous étonne pas ; au contraire, le « déjà-vu » conserve toujours un sentiment de vague, d'étrange ; il se rapproche toujours des sentiments précédents du voile, de l'étrajjigeté dont il n'est en réalité qu'une forme particulière'.
Aussi n'est-il pas surprenant que ce sentiment présente des variétés et qu'il ne soit pas toujours interprété comme un sentiment de souvenir. Dans quelques cas assez rares d'ailleurs, si je ne me trompe, le sujet sentant toujours que le fait n'est pas présent, car c'est là le fait fondamental, est disposé à le situer dans l'avenir. «Il me semblait que ce que j'entendais était ce c^ni allait être àii oxx fait". » Nadia se plaint bien souvent de ne pas être dans le présent, de ne pas se rendre compte de ce qui existe dans le
1. Voir à propos de celte intorprctation une étude plus complète de sentiment du » déjà-vu » que j'ai pu!)liée dans le Joarna/ de psychologie normale et palhologique, igoS, p. 289.