‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 133 sur 380 · Bernard Leroy, op. cil., p · texte numérisé non relu

Bernard Leroy, op. cil., p

LlNGOMl'LKTrDF. DANS LFS OPÉRATIONS INTELLECTUELLES 207

résent. « J'ai, dit-elle, de drôles d'impressions, il me semble que ^:>s choses n'existent pas réellement, mais que j'ai des préssentinents de leur existence. Tout à L'heure j'attendais votre visite et e me la représentais, et bien maintenant j'ai envie de dire que lî'est la même chose. Etes-volis vraiment là ? » C'est à propos de sentiments de ce genre que quelques auteurs ont parlé de sentiment de pressentiment ', de sentiment de « promnésie" ». Il est facile de voir que ce n'est qu'une variante du sentiment précédent.

Un autre sentiment bien plus naturel se développera fréquemment à la place des précédents, cesi le sentiment de l'inia:;inaiie, de l'irréel. « L'impression du déjà-vu, disait M. Paul Bourget ', s'accompagne d'une espèce de sentiment impossible à analvser que la réalité est un rêve: » On trouvera une foule d'exemples de ce sentiment de l'irréel dans les observations de Krishaber. « Quand je vois mes camarades d'hôpital, je me dis à moi-même : ce sont les figures d'un rêve... » « Même en touchant et en vovant, le monde m'apparait comme une gigantesque hallucination... » On r.'trouvera ces mêmes paroles chez le malade de Bail, dans les o'^servations de M. Dugas, de M. Bernard-Leroy, etc., c'est un d 'S sentiments les plus fréquemment observés. A mon avis, il est lieaucoup plus fréquent, plus caractéristique et plus intéressant pour la psychologie que le sentiment du « déjà-vu » qui a été trop souvent étudié d'une manière isolée.

Pour ma part, c'est le sentiment que j'ai le plus souvent observé chez les psychasthéniques. Je ne puis citer que quelques expressions de ce sentiment au milieu d'une foule d'autres. « Je ne vis plus sur terre, dit Pot... dans les périodes de grave maladie, puisque je ne vois plus rien qui existe réellement. Je ne puis pas me mettre dans l'idée que vous et les gens qui m'entourent vous vivez réellement, vous êtes de vraies personnes. '» Cette malade est intéressante pai'ce que dans tous les intervalles des crises, quand la maladie diminue, elle se félicite « de retrouver enfin des objets réels ». D'autres, comme To... ou Mb..., n'ont ce sentiment qu'à propos de perceptions visuelles ou auditives, « elles ont besoin de toucher, comme saint Thomas, pour se rendre un peu compte que l'objet existe... ». On se rappelle l'obsession «de la

T. Â. Lalande, Les paramnésics. Revue philosophique, i8g3. IF, p. 485.

2. Fr. AA . Mycrs, Piocci'dimjs nf the sociely for psychical Research, i8ç)5, p. 3'i'»-

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