‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 146 sur 380 · Pitres ot Régis, op. cil., p. l^o · texte numérisé non relu

Pitres ot Régis, op. cil., p. l^o

•2. RfriiMiil Lcriiv, CompUs rendus du cunjres de psydioloijic de igoo. p. ^S-].

318 LES STIGMATES PSYGHASTHÉNIQUES

la suite de l'observation de Bei, que je publiais en 1898. Après 18 mois de dcpersonnalisation pure pendant lesquels la malade ne se préoccupait que de la perte de son moi, Bei... est devenue un peu plus tranquille sur sa personne, elle a oublié en partie le sentiment qu'elle éprouvait ; mais elle s'est mise à présenter des crises d'interrogation à propos des souvenirs : il faut qu'elle recherche ce qu'elle a fait la veille, si elle a été au bal il y a huit jours ou si elle n'y a pas été, etc. Ce sont de véritables crises de rumination caractéristiques de la folie du doute, c'est-à-dire de l'une des formes de l'état psychasthénique. Mes nouvelles observations du sentiment de dépersonnalisation auxquelles je vais faire allusion tout à l'heure, observations qui sont nombreuses, portent toutes sur des obsédés. Enfin chez la plupart des obsédés, des maniaques, des phobiques que je viens d'étudier dans les chapitrés précédents on trouve au moins en germé ce sentiment de dépersonnalisation. Je suis donc disposé à croire que le sentiment de dépersonnalisation est un des symptômes de l'état psychasthénique et qu'il y a lieu de le rapprocher de tous les phénomènes précédemment étudiés.

Nous nous trouvons alors en présence d'un autre problème. De quel groupe de phénomènes s'agit-il dans ces cas de dépersonnalisation ? Je crois que bien souvent il s'agit de véritables idées obsédantes. Certains de ces malades ont fini par concevoir une idée plus ou moins générale à propos des troubles de leur personnalité. Ils sont obsédés par la pensée qu'ils ont perdu leur moi, comme d'autres par la pensée qu'ils ont perdu leur moralité ; c'est une obsession qui rentre dans la catégorie des obsessions de la honte de soi, et je l'ai déjà signalée à ce propos.

Dans d'autres cas se développent à ce sujet des manies mentales d'interrogation et de vérification comme on vient de le voir. Mais dans un Lrès grand nombre de cas, je pense que, surtout au début, quand la maladie est simple, il s'agit d'un sentiment que le malade éprouve à propos de tous ses phénomènes de conscience. Tous ces malades n'ont pas comme Claire la manie de se rabaisser, comment se seraient-ils rencontrés sur une idée vraiment aussi étrange et en dehors des pensées communes. Cette idée se présente brusquement chez Bei..., chez Ver..., chez PI... avant toute manie mentale qui chez Bei... ne commence que deux ans plus tard. Enfin dans une discussion très importante nous aurons à cu'uparer ce fait avec un sentiment qui est

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décidément très fréquent chez les épileptiques, et il est évident qu'il ne s'agit pas chez eux d'idées obsédantes. Je crois donc que ce trouble de la personnalité est souvent une altération psycholooique primitive chez le scrupuleux et qu'il révèle une insuffisance de la perception personnelle.

Ainsi entendus les sentiments de trouble de la personnalité sont très fréquents chez nos malades et présentent divers degrés.

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