‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 150 sur 380 · I. Bcrnard-Lcrov, Revae philosophique, 1898, II, p · texte numérisé non relu

I. Bcrnard-Lcrov, Revae philosophique, 1898, II, p

que c'est là une personne déjà artificielle et surajoutée, la vraie personne, celle d'autrefois, esl complètement partie, elle est en dehors, à côté, elle pleure. C'est un cas tout à fait identique à ceux dont parlait Taine : au début, la personne est morte, puis elle devient autre.

Dans des cas moins complexes on trouvera simplement la disparition, la mort de la personne normale. Aux deux cas que j'ai déjà étudiés, ceux de Ver... et de Bei... ^ j'ajoute en résumé quelques cas nouveaux. PI..., femme de 28 ans, commence la dépersonnalisation à la suite d'une grossesse, elle sent qu'elle n'est pas naturelle, qu'elle ne vit pas comme elle vivait autrefois, elle cherche à se retrouver en se regardant dans la glace et elle ne se reconnaît pas « il est bizarre qu'elle sente encore la souffrance puisqu'elle n'est plus rien ; ses bras et ses jambes marchent seuls, car elle n'existe plus... Je raisonne comme tout le monde et je vous assure que ce n'est plus moi, je sens bien que je mange et cependant ce n'est pas moi qui mange, c'est tellement drôle que je ne peux pas détourner mon esprit de cette maladie ». Cette femme en même temps ne peut plus agir car quelque chose la retient et la force à répéter indéfiniment le début d'un acte. Elle répète indéfiniment des efforts qui sont des tics et des petits mouvements convulsifs « car elle a peur de mourir tout à fait si elle ne les fait pas ». Elle a donc à côté du sentiment de la dépersonnalisation deux manies mentales caractéristiques, celle de la répétition et celle des efforts.

Ck..., femme de 4i ans (obsession amoureuse, besoin de direction, obsession de remords, manie de la recherche, manie de l'expiation), ne dernande qu'une seule chose « c'est de retrouver sa pauvre et chétive personnalité ; pourrai-je retrouver jamais ce pauvre moi qui depuis trois mois me semble disparu, tantôt il me semble que c'est moi qui souffre, tantôt j'ai besoin de me voir devant la glac'e pour savoir que je suis encore moi-même, je suis obligée de faire des efforts pour ne pas croire que je suis morte ».

Léo..., femme de 3G ans (phobie des orages, des épingles, de la mort, manie des expiations) : « je ne sais où je suis, je ne sais d'où je viens, je perds l'idée de moi-même, je me trouve si drôle que je me crois à moitié morte et à moitié vivante, je suis

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