Le retour à V enfance
Un degré de plus et ces sentiments s'exagèrent, jusqu'à donner au caractère un aspect bien singulier: ces personnes jouent une sorte de comédie, ils se font petits, naïfs, câlins, ils jouent l'ignorance complète et aiment à passer « pour un peu bébêtes ».
C'est qu'ils veulent être dirigés encore plus étroitement que les autres, c'est quils désirent aussi une direction douce qui les amène à tous les actes, à tous les plaisirs en aplanissant les voies. Ils veulent que non seulement on leur indique les actes à taire, mais qu'on les amuse, qu'on les distraie, qu'on les fasse jouer aussi bien que. travailler ; en un mot ils veulent qu'on les traite comme des petits enfants et ils essayent de mériter ce traitement.
Min..., à 20 ans, ne quitte pas les jupons de sa mère et « il veut qu'elle le gronde comme son bébé. » Ger..., à 35 ans, réclame « une pension d'enfants, c'est là qu'elle serait le mieux ». Gisèle, à 27 ans, aime « à faire l'enfant avec les gens, c'est un pli qu'elle prend bien facilement ». Gr..., femme de 4o ans, avoue elle-même qu'elle a besoin de se croire à l'âge de 16 ans, qu'il lui faut toujours ses parents auprès d'elle comme auprès d'une petite jeune fille. C..., femme de 25 ans, voudrait que l'on s'occupât d'elle constamment comme d'un petit enfant, il ne lui semble pas qu'elle ait grandi. On a déjà vu ce caractère chez Nadia à propos de la honte du corps : si elle a peur de se développer, de voir sa poitrine grossir, ce n'est pas, comme on le croirait, par pudeur, c'est qu'elle a peur de paraître plus âgée, de ne plus être traitée en toute petite fille, de ne plus être aimée comme une enfant ; quoiqu'elle ait trente ans, elle ne peut croire qu'elle ait plus de i5 ans et, on obtient tout d'elle en la traitant en petit enfant. Au fond c'est le même besoin qui existe chez Jean, il veut non seulement qu'on le dirige, mais il veut qu'on lui dicte tout : « il lui semble qu'il serait si heureux s'il était comme un petit enfant sur les genoux d'une grande personne ».
L'observation la plus remarquable est celle de Qi...(iS8), femme de 35 ans, qui est poursuivie par le désir de sauter à la corde, de couper ses cheveux courts, de les laisser flotter dans le dos et ciui rêve d'être appelée « Nénette ». Evidemment il y a là une obsession, mais elle s'est développée sur le caractère précédent: « On aime un enfant pour ses espiègleries, dit-elle sans cesse, pour son bon petit cœur, pour ses gentillesses, et que lui demandet-on en retour, de vous aimer, rien de plus. C'est là ce qui est bon, mais je ne puis pas dire cela à mon mari, il ne me comprendrait pas. Tenez, je voudrais tant être encore petite, avoir un père ou une mère qui me tiendrait sur ses genoux, me caresserait les cheveux... mais, non, je suis Mvd.vme, mère de famille,
LES OBSESSICXS. 1, — UÙ
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il liiiil lenîr son iiiléricur, être sérieuse, réfléchir loule seule, oh quelle vie ! »