Troubles intestinaux
Des modifications abdominales et intestinales accompagnent presque toujours ces troubles gastriques. On est le plus souvent frappé de la flaccidité de l'abdomen si bien décrite par M. Glénard*. On note chez Lise, chez Ger..., etc., la diminution de tension, la mollesse de la paroi qui n'offre aucune résistance, le ballottement viscéral, le ventre en gourde, en bissac.Quelquefois j'ai observé que les deux muscles droits relâchés s'écartent l'un de l'autre d'une manière tout à fait anormale, ce qui peut donner lieu acidentellement au pincement des viscères signalé par Gibert (Le Havre).
Puis on constate le prolapsus, l'abaissement de la masse intestinale, et dans quelques cas des prolapsus viscéraux tels que le rein flottant (néphrophtose), le foie mobile (hépatoptose), la rate mobile (spléroptose), etc. Les autres signes décrits par M. Glénard, l'étroitesse du côlon, le boudin caecal, le cordon sigmoïdal, la corde colique transverse, le battement épigastrique sont plus rares.
Des troubles de la digestion intestinale accompagnent toujours ces modifications de la statique abdominale. En dehors de ces diarrhées qui succèdent quelquefois à une indigestiou complète, on note, dans l'immense majorité des cas, une constipation opiniâtre avec selles glaireuses, de temps en temps accompagnées de mucosités desséchées et quelquefois d'un peu de sang. Ron..., Ab... (7), Ce... (i48), sont des types remarquables de cette coïncidence entre le délire du scrupule et la colite muco-membraneuse. Chez la dernière malade les fi.laments muco-membraneux ont joué un rôle dans la formation de l'obsession hypocondriaque du « ver araignée ».
Le plus remarquable exemple est celui de Nadia : on peut dire que pour soigner cette malade il faut être perpétuellement préoccupé de sa constipation. Il s'agit ici de choses sérieuses, comme nous le verrons en parlant des complications ; elle peut faire des
I. Cf. Giu'nipt, 1879. Cilénorrl, icSi^S-S^. Coutaret, 1890. Trastour, Lea désiquilibrés du ventre, enlcruplosiques et dilatés, 1H92. Glénard, Exploration du venirc. Revue de médecine, 1887.
i rétentions prolongées des matières fécales qui déterminent les états les plus dangereux et dans lesquels il faut pratiquer un véritable curettage de la fosse rectale. Ces rétentions produisent des phénomènes dauto-infection plus ou moins graves chez les divers malades ; chez Nadia ils ont été accompagnés par des états de confusion mentale pendant trois mois et même par de la névrite périphérique, mais chez tous les autres sujets ils amènent au moins une aggravation de l'état mental.
De tels troubles ne sont pas uniquement mécaniques, suivant la théorie de M. Glénard, ni uniquement chimiques, suivant la théorie de M. Bouchard, ils sont évidemment en rapport avec la dépression nerveuse qui se manifestait déjà par tant d'autres signes. M. Brocchi (de Plombières)' signalait deux observations d'enté ro-colite muco-membraneuse, survenues à la suite d'émotion. Nous aurons à discuter bien des faits semblables.