S8 THÉORIES PATHOGENIQUES
PREMIÈRE SECTION THÉORIES INTELLECTUELLES ET THÉORIES ÉMOTIO?J?IELLES ,
Les premiers observateurs semblent avoir été surtout frappés par le phénomène intellectuel assez bizarre de l'obsession et supposent tout naturellement que le trouble principal est dans l'intelliffence des malades'.
i. — Exposé des théories intellectuelles.
Déjà en i85/i pendant la discussion qui eut lieu à la société médico-psychologique sur les monomanies Delasiauve et Peisse furent disposés à penser que le trouble est primitivement dans l'intelligence et non dans le sentiment ^
Griesinger en 1868^, décrivant des faits relatifs à la manie du pourquoi et du comment en fait une obsession avec conscience sous forme de question et de doute. 11 décrit en somme certaines formes de rumination mentale et les obsessions qui s'y rattachent : il n'a pas remarqué les phénomènes d'angoisse et ne fait aucune allusion aux phobies qui sont pourtant fréquentes chez les mêmes malades et il soutient que le trouble est exclusivement dans les idées indépendamment de toute complication émotive ou passionnelle.
Un mémoire qui fit époque et qui contient une expression plus précise de la même théorie est celui de Westphal, 1877, Uel><?i'
I. Pour ions cps renseignements historiques, je dois beaucoup à l'étiKlr liislorii|ue pn'senté par M. Ladame au Congrès des aliriiistos allemands à Berlin, publii'e in extenso dans un article des Annules inécl. psycli., 1890, II, 872 et dans la Hrviif ih- l'IlYpniilisifif, 1891, p. iS'i, et au rap[)orL remarquable sur les obsessions j)rc'*enlé par MM. Pitres et Régis, au Gongrrs de médj'cine de Moscou en 1896.
■2. Delasiauve, Ami. inéd. psyrh . iS5/|, p. 118, 276. Peisse, Ami. inéd. psych., i85/i, p. 283.
3. ririesinger, Ucber eiiien wenig bekannten psycboj)nslichen Zustand. Archiv fur Psyrhialric. I, 1868, p. tJ:i(J.