‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 239 sur 380 · Stout, Mind, July-oct · texte numérisé non relu

Stout, Mind, July-oct

LA TENSION PSYCHOLOGIQUE 30o

deur, c'est 1 opposition entre la neurosthénie et la neurasthénie ou, si l'on veut, entre la cérébiostJtcnie et la ce rébras thé nie, quant aux effets produits par ces deux états sur l'intensité ou môme sur la forme du fonctionnement mental' ».

C'est la même notion de la richesse des processus mentaux que je retrouve comme élément essentiel des véritables hallucinations et qui me semble jouer un grand rôle dans toutes les opérations de la fonction du réel. Cette notion a l'avantage de contenir ce qui était intéressant dans les hypothèses précédentes relatives à l'importance des sensations et surtout des sensations de mouvement, celles-ci sont évidemment contenues dans ce que j'appelle la richesse du contenu de la pensée.

Pourrait-on aller plus loin et chercher si nous pouvons découvrir d'autres caractères psychologiques auxquelles soient liés cette concentration et cette richesse des phénomènes. Je suis disposé à imaginer que la rapidité des phénomènes psychologiques ou plutôt des éléments de ces phénomènes doit intervenir ici. Il est visible, je l'ai montré bien souvent, que les douteurs sont des lents et il n est pas impossible de supposer qu'il v a chez eux un ralentissement de ces oscillations, de ces vibrations qui constituent peut-être les éléments de la conscience. Les expériences que j'ai publiées à propos du ralentissement des sensations visuelles élémentaires chez les névropathes ' pourraient être rattachées à cette étude. Mais il est trop évident que ce sont là des hypothèses actuellement invérifiables que nous ne pouvons ajouter sans démonstration aux faits acquis.

En un mot, il me semble que deux phénomènes essentiels caractérisent les premiers degrés de cette hiérarchie : i" l'unification, la concentration, surtout importante lorsqu'elle est nouvelle et qu'elle constitue la synthèse mentale ; 2° le nombre, la niasse des phénomènes psychologiques qui doivent faire partie de cette synthèse. La réunion de ces deux phénomènes, une svnthèse nouvelle, une forte concentration et des faits de conscience très nombreux constitue, un caractère qui doit être essentiel en psychologie et que l'on peut appeler par convention la tension psychologique.

1. Manoiivrier, La volonté. Revue de l'hypnntisme, i8((i, p. 329, 282.

2. La durée des sensations visuelles élémentaires, communication à la Société de pjschologie. Bulletin de l'Institut général psycholoi/ifjue, 1904, n" 6, p. 54o.

r>n6 THEORIES PATHOGENIQUES

Maiidsley a déjà parlé des divers degrés de tension que pouvait prendre l'énergie cérébrale *. Spencer a exprimé des idées du même genre « sur les diverses tensions ou pressions du système nerveux, et sur le rôle qu'elles doivent jouer dans la conscience'' ». Ilciflding a déjà insisté sur cette tension, cette concentration (lu'il considère comme essentielle dans la volition : « A l'expansion de la recherche des motifs doit succéder une concentration. Il s'agit de clore tout le débat conscient, de concentrer l'énergie sur un seul point qui puisse servir de point de départ pour la réalisation du but qu'on s'est proposé \ » M. Bergson a indiqué beaucoup d'idées philosophiques analogues quand il a dit que « l'action doit concentrer de plus en plus un grand nombre d'images dans un moment du temps de plus en plus court* ». « Les divers souvenirs évoqués, dit-il encore, répondent à divers deo-rés de tension de la mémoire ici plus rapprochée de l'image pure (du rêve), là plus disposée à la réplique immédiate, c'est-àdire à l'action ■\ »

Voici donc un ensemble de recherches qui convergent vers cette idée qu'il y a des degrés de tension psychologique et qu'à ces divers degrés correspondent non seulement des modifications d'intensité mais des modifications très intéressantes de qualité ou de nature dans ces phénomènes. J'ai essayé de les préciser en rapprochant ces notions relatives à la tension psychologique de tous les faits mis en évidence dans le tableau de la hiérarchie. Le degré de la tension psychologique, ou V élévation du niveau mental se manifeste par le degré qu'occupent dans la liiérarchie les phénomènes les plus élevés auxquels le sujet peut parvenir. La fonction du réel avec l'action, la perception de la réalité, la certitude exigeant le plus haut degré de tension, ce sont des phénomènes de haute tension; la rêverie, l'agitation motrice, l'émotion exigeant des tensions bien inférieures, on peut les considérer comme des phénomènes de basse tension correspondants à un niveau mental inférieur.

Bien entendu il est facile de traduire ces hypothèses psychologiques en hypothèses physiologiques : comme je Vw'i dit souvent, en dehors des expériences de physiologie et des recherches his-

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