‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 251 sur 380 · ïissié, Revue scientijiqiic, i8qo, II, p · texte numérisé non relu

ïissié, Revue scientijiqiic, i8qo, II, p

526 THÉORIES PATHOGÉNIQUES

Cette influence de la i'atigue physique et morale est très intéressante, il V a des malades chez qui on peut déterminer par la l'alioue des rechutes nettes d'une manière presque expérimentale. Les obsessions de Za... deviennent plus. violentes à la moindre fatigue. Claire revient d'une ville d'eaux où elle a passé l'été avec une grave rechute dé son délire de scrupule parce que le traitement hydrothérapique excessif l'a fatiguée. Nadia a toujours une rechute après Noël parce qu'elle s'est fatiguée à la recherche de cadeaux. Gisèle fit une grave rechute après un grand dîner qu'elle avait organisé. Dob..., Len..., etc., sont obligées de renoncer à leur métier d'institutrice parce que les longues classes déterminent des accidents mentaux.

Chez Wo... et chez Xyb... on peut vérifier l'effet d'une petite fatio-ue mentale. La première addition, le premier compte de ménaoe se fait assez bien, mais elles sont fatiguées d'avoir fait un efïbrt d'attention : si sans intervalle de repos on leur fait recommencer un nouveau compte, il y aura hésitation, doute et crise de scrupule, « le premier travail m'a comme ébranlée, déséquilibrée et je ne puis faire le second de manière à le terminer...». « Il en est de même pour tout, il faut me laisser reposer après une décision, après un effort d'attention, sinon tout s'embrouille.

Les situations pénibles, mal définies, les périodes d'attente, avant un concours, avant la mort d'une personne, avant le mariage, avant une élection, sont très difficiles à supporter et sont sio-nalées par une recrudescence des idées fixes. Un romancier russe Dostoiewski l'avait très bien observé : « si je fais arrêter ce monsieur avant le temps voulu, je me retire à moi-même les moyens ultérieurs d'établir sa culpabilité. Et comment cela ? IVtais parce que je lui donne une ■'situation définie; en le mettant en prison, je le calme, je le fais entrer dans son assiette psychologique, désormais il m'échappe, il se replie sur lui-même, il comprend enfin qu'il est détenu \ »

Ces circonstances : l'affaiblissement physique, l'engourdissement, la fatigue physique et morale ont les mêmes caractères. On a souvent constaté leurs effets psychologiques, qui ont toujours été la diminution des perceptions, la réduction des synthèses mentales, l'abaissement de la volonté, en un mot la diminution de toutes les fonctions du réel. On peut les considérer comme

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