I. Névroses et Idées fixes, i8y8, II, p. 6a
o32 THÉORIES PATIlOGÈiNlQUES
rait facilement accumuler des exemples de tous les sentiments d'insullisance psychologique ayant une semblable origine. Ces faits se rattachent encore moins que les précédents à l'explication simple de l'émotion donnée dans les théories que nous avons discutées.
Toutes ces difficultés proviennent, à mon avis, de ce que l'on a beaucoup trop simplifié le concept de l'émotion. L'émotion s'accompagne sans doute dans bien des cas de moditications viscérales et la conscience en retour de ces modifications doit jouer un certain rôle dans la conscience de l'émotion elle-même. C'est peut-être ainsi que se caractérisent certaines variétés d'émotions qui se distinguent les unes des autres par la conscience de ces différentes harmoniques viscérales. Mais il n'est pas possible de soutenir que les phénomènes si complexes désignés sous le noln d'émotions ne contiennent pas autre chose que ces concomitantes organiques. Je crois que l'on trouvera dans l'analyse de l'émotion un très grand nombre de phénomènes proprement cérébraux et psychologiques qu'il faudra successivement ajouter à ce concept trop étroit de l'émotion organique.
Pour le moment je ne voudrais ajouter à la notion de l'émotion qu'un seul détail c'est qu'elle est très souvent l'occasion et le sentiment des grandes oscillations du niveau mental. Dans mes précédents travaux, j'ai déjà insisté à plusieurs reprises sur ce point: » L'émotion, disais-je autrefois, a une action dissolvante sur l'esprit, diminue sa synthèse et le rend pour un moment misérable ^ » « Les émotions surtout les érïiotions déprimantes comme la peur, désorganisent les synthèses mentales; si on peut ainsi dire, leur action est analytique par opposition à celle de la volonté, de l'attention, de la perception qui sont synthétiques. Une résolution qui était prise est perdue à la suite de l'émotion Chez les
hystériques, vous pouvez en excitant son attention forcer un malade anesthésique à reprendre sa sensibilité, un paralytique à reprendre la possession des images kinesthésiques et le mouvement volontaire, vous les amenez ainsi à rattacher à leur personnalité certaines sensations et certaines images, ce sont des synthèses mentales. La moindre émotion va détruire tout ce travail et dissocier de nouveau de la personnalité ces sensations et ces images... Mais jamais ce pouvoir de dissociation qui appartient à l'émotion ne se mani-