INFLUENCES QUI DÉTERMINENT L'ABAISSEMENT DU NIVEAU MENTAL
(este plus nettement que clans son action surla mémoire... Cette dissociation peut s'exercer sur les souvenirs au fur et à mesure de leur production et constituer l'amnésie continue, elle peut aussi s'exercer tout d'un coup sur un groupe de souvenirs déjà constitué, déjà rattaché à la personnalité. Le plus souvent ces souvenirs dissociés par l'émotion seront simplement les plus récents et l'amnésie déterminée par l'émotion prendra la forme bien connue (le l'amnésie rétrogarde * ». « On constate des faits semblables à propos des traitements par suggestion et par direction morale, une émotion supprime tout le .travail de restauration qui a été accompli pendant la séance, fait réapparaître les anesthésies, les paralysies, les idées fixes. Le travail du directeur pendant les séances précédentes a été à un travail de synthèse : il a organisé des résolutions, des croyances, des émotions, il a aidé le sujet à rattacher à sa personnalité des- sensations et des images. Bien plus, il a échafaudé tout ce système de pensées autour d'un centre spécial qui est le plus souvent son nom et l'image de sa personne. Le sujet a emporté dans son esprit et dans son cerveau une synthèse nouvelle, passablementartificielleettrès fragile, sur laquelle l'émotion a facilement exercé sa puissance désorganisatrice -. »
Cette description convenait surtout aux hystériques, elle doit être élargie pour pouvoir s'appliquer à nos malades psychasthéniques. Un des phénomènes de l'émotion, dirons-nous maintenant, c'est de s'accompagner d'un abaissement marqué du niveau mental, en entendant le niveau et la hiérarchie mentale dans le sens que nous l'avons précédemment défini. Elle ne produit pas seulement la perte de la synthèse et la réduction à l'automatisme qui est si visible chez l'hystérique, elle supprime graduellement suivant sa force les phénomènes supérieurs et abaisse la tension au seul niveau des phénomènes dits inférieurs.
C'est pourquoi, dans cette hypothèse, tous les faits précédents me paraissent s'expliquer facilement. Dans l'émotion nous voyons disparaître la synthèse mentale, l'attention, la volonté, l'acquisition des souvenirs nouveaux ; en même temps nous voyons diminuer ou disparaître toutes les fonctions du réel, le sentiment et le plaisir du réel, la confiance, la certitude. A la place nousvoyonssubsisterlesmouvementsautomatiques, les rumi-