INFLUENCES QUI DÉTERMINENT L'ÉLÉVATION DU NIVEAU MENTAL
restauration des phénomènes psychologiques supérieurs, de la volonté, de l'attention, des fonctions du réel. La transformation atteint même les fonctions physiologiques, les digestions sont meilleures : « quand j'ai de l'excitation cérébrale, dit Gisèle, quand je sens du plaisir et de l'unité dans mon esprit, je digère bien, il me faut une petite fièvre d'enthousiasme pour m'aider à digérer. » Bien mieux, des malades qui ont d'ordinaire beaucoup de pertes blanches, voient se tarir ces sécrétions vaginales pendant les périodes d'ascension morale. En un mot, la plupart des symptômes neurasthéniques qui ont été énumérés se modifient favorablement en même temps que l'esprit lui-même.
îl en résulte que ces ascensions noiis posent un problème comme les abaissements. De ces différents phénomènes qui se modifient ensemble, lequel faut-il considérer comme primitif? Quel est le phénomène qui se restaure le premier et qui par sa restauration amène la modification constatée dans tous les autres? Pour le savoir il faut chercher quelles sont les conditions qui déterminent ces améliorations même passagères et sur quel phénomène elles ont agi primitivement.
Je ne crois guère que cette modification commence par les obsessions proprement dites. Il semble bien difficile d'agir directement sur ces idées qui obsèdent les malades. Une des choses qui surprend le plus, quand on examine des obsédés, c'est l'impuissance du raisonnement. On veut tout d'abord démontrer au malade l'absurdité de l'idée qui le tourmente et on essaye de le convaincre qu'il est inutile de s'en préoccuper. Claire prétend en gémissant qu'elle serait guérie si elle croyait à l'existence de Dieu et Lise promet de retrouver la tranquillité si elle sait que le diable n'existe pas : on se laisse entraîner à éprouver la force des arguments philosophiques. Hélas, leur résultat est bien médiocre ; les malades font semblant d'écouter, ils discutent quelquefois et avec finesse, mais on peut continuer la conversation pendant des heures sans modifier en rien leur état d'esprit. Quand on les voit s'améliorer, la logique n'y a été pour rien ; Claire retrouve la foi en Dieu, sans avoir trouvé aucun argument nouveau et Lise renonce à se préoccuper du démon sans avoir mieux compris les arguments contre le dualisme. Leur amélioration a son origine dans un phénomène plus profond que les idées de la raison.
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Quelquefois, surtout au début, ces améliorations surviennent sans raison bien apparente. Claire, au début de sa maladie, vers l'àce de i8 ans, avait des oscillations de ce genre. « La lumière cessait tout d'un coup-de s'éloigner, elle se rapprochait, je ne sais pas pourquoi, alors je me trouvais ridicule, je savais bien que je n'avais pas mal fait, je cessais de me tourmenter. Il me semblait que je remontais, c'était un sentiment de confiance en Dieu, d'espdir qui me revenait. Cependant je ne suis jamais revenue que deux fois à la lumière complète, ce souvenir-là m'a soutenue longtemps, il me montrait le chemin à suivre. Plus tard je ne suis jamais revenue aussi complètement. » Chez Bei... aussi, les doutes sur sa personnalité dispaiaissaient par moments d'une manière complète, sans qu'elle put savoir pourquoi ; il est probable que dans ces cas une des causes que nous allons voir à l'œuvre acissait à l'insu des sujets et qu'au début du mal il suflfisait d'une action minime.