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LIS OBSESSlU.\S. I, — 35
i>t6 THÉORIES PATHOGÉMQUES
tantes, /■lisffae, sont des émotions qui font entrer dans la conscience un quantum de représentation réelle plus grand qu'elle n'en peut ordinairement contenir* ». Il suffit quelquefois à . Qsa... d'entendre de la musique et surtout de la musique militaire pour qu'il ressente un frisson dans tout son corps et puisse digérer sans phobie. Le plaisir d'avoir acheté un cheval le fait digérer parfaitement et sans la moindre émotion un fort déjeuner. Jean a été invité à un dîner où il devait se rendre en habit. Inutile de dire avec quelles protestations il a accueilli cette proposition, quelles terreurs l'ont envahi et en p'résence de quelles indécisions, de quelles aboulies je me suis trouvé. Mais, un peu par curiosité, je me suis entêté plus que lui et par tout 1 ascendant possible j'ai exigé qu'il allât à ce dîner. Une fois le premier pas franchi, tout se passa très bien : les dames que .Jean redoutait tellement furent très aimables avec lui et il fut bien obligé de constater qu'il obtenait autant de succès qu'un autre. Le résultat de cette émotion et de cette satisfaction fut incrovable : Jean fut transformé et pendant plus de quinze jours il oublia Charlotte, la femme de chambra, les timbres-poste, les fluides, etc. Il en fut ainsi dans la suite à plusieurs reprises, chaque fois que l'on parvenait à lui faire obtenir quelque petit succès.
Lo... a présenté "une résurrection de ce genre sous l'influence d'une émotion heureuse qui a eu malheureusement des suites lamentables. Cette jeune fille, grande scrupuleuse depuis des années, aboulique et étrangère à la vie au plus haut degré, fut vivement recherchée par un jeune homme. La vanité de se sentir recherchée, la joie des fiançailles produisirent une métamorphose extraordinaire. Le caractère devint pendant deux mois méconnaissable : gaie, active, pratique, cette jeune fille comprit la vie pour la première fois et descendit des nuages. Sa famille fut stupéfaite de son enthousiasme et du courage avec lequel elle entreprenait une vie nouvelle. La. chute ne fut que plus triste : après quelques jours de mariage, fatigue et abaissement de tension, dégoût de la vie, incertitude de la perception et de la per- S(*nnalité, aboulie et rumination, puis obsessions scrupuleuses et quelques semaines après une séparation inévitable.
Une émotion en particulier semble jouer ce rôle excitant d'une
l. Ribot, La Psychologie allemande contemporaine, p. 28 (F. Alcan).