‹ Les obsessions et la psychasthénieChapitre 277 sur 380 · I . — Les caractères des agitallons forcées · texte numérisé non relu

I . — Les caractères des agitallons forcées

En étudiant les crises d'agitation plus ou moins irrésistible nous sommes parvenus aux conclusions suivantes que je me borne à rappeler, la démonstration en ayant été donnée dans le troisième chapitre.

Dans un grand nombre de cas, les crises commencent toujours à l'occasion d'une action volontaire. C'est le début d'un acte ou le désir d'accomplir un acte qui amène des agitations et des angoisses. Tout un groupe de phobies, celles qui ont été désignées d'une façon assez défectueuse sous le nom de phobies du contact ne sont en somme que des phobies d'actes ; beaucoup de dysesthesies également ne sont que des phobies déterminées par les fonctions, les actes du corps. Nous avions également remarqué que ces accidents ont seulement pour point de départ des actions volontaires que le sujet voulait accomplir avec attention.

Les agitations, les angoisses, les ruminations comme nous l'avons vu, commencent aussi dans d'autres circonstances, à propos des idées, quand le sujet essayait de les examiner avec attention et d'arriver à leur égard à une solution nette, allirmative ou négative : en un mot quand il se proposait un problème de croyance ou de certitude.

Enfin nous avions remarqué avec intérêt comme un phénomène fort curieux que la recherche ou le désir d'une émotion nette, en rapport avec la situation présente, était bien souvent le début d'une crise.

Une deuxième remarque nous avait montré que ces phénomènes initiaux commencés par le sujet : action volontaire, attention, croyance, émotion réelle, n'aboutissaient pas. Dans les cas les plus simples, ces phénomènes n'existaient en aucune manière. L'acte ne se faisait pas, le sujet ne parvenait ni à la croyance, ni à la négation, l'émotion restait indistincte et ne parvenait ni à cette acuité de douleur, ni à cette fleur de plaisir qui achève l'acte.

INTERPRÉTATION DES AGITATIONS FORCÉES o03

Dans d'autres cas moins nets, les phénomènes semblaient se produire au moins pour un témoin extérieur, mais ils ne satisfaisaient pas l'esprit du sujet, ils lui semblaient insuffisants, imparfaits, incomplets de toute manière.

Ces sentiments d'incomplétude nous sont maintenant connus, nous savons qu'ils correspondent à quelque chose de vrai. Le phénomène n'a pas été terminé, iln'anila complexité, ni l'unité, ni 1 adaptation au réel qu'il devrait avoir. Nous voyons maintenant au début des crises une manifestation remarquable de cette disparition des fonctions' psvchologiques supérieures qui, à notre avis, caractérise la maladie tout entière.

Troisième remarque : à l'occasion de ces phénomènes supérieurs qui ne s'accomplissent pas ou qui s'accomplissent d'une manière insuffisante se développe brusquement dans l'esprit une toutautre catégorie d'opérations : tantôt ce sont des mouvements variés, des tics, des efforts, des crises d'agitation; tantôt ce sont des troubles viscéraux, des palpitations, des suffocations, des angoisses ; tantôt il s'agit d'opérations intellectuelles interminables et extrêmement variées que nous avons résumées sous le nom de rumination mentale. Toutes ces opérations qui se substituaient ainsi aux premières nous ont paru des opérations sans portée, incoordonnées, vagues et puériles, dignes d'un âge antérieur et quelquefois même d'une époque historique antérieure, en un mot, des phénomènes d'un ordre plus élémentaire.

En ajoutant à cette observation sur le peu de valeur des opérations secondaires les études que nous venons de faire sur la hiérarchie des phénomènes psychologiques, nous remarquons facilement que toutes ces opérations occupent un des rangs inférieurs du tableau : les ruminations mentales rentrent toutes dans le groupe des opérations qui portent sur des images ou sur des abstractions, or ce groupe n'occupe que le troisième rang bien audessous de la fonction du réel ou même des opérations désintéressées. Les angoisses et les tics rentrent dans les quatrièmes et cinquièmes groupes, ceux des émotions et des mouvements inadaptés au présent.

En appliquant les notions auxquelles nous sommes parvenus par l'étude des hypothèses précédentes, on peut donc dire en résumé que dans ces crises le sujet a baissé de plusieurs degrés, et qu'un groupe de phénomènes inférieurs s'est substitué aux phénomènes supérieurs qui ne pouvaient plus s'accomplir.

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